lundi 17 juillet 2017

Objectif : 10 générations !

Comme annoncé hier, je compte bien me consacrer de temps à autre à MA généalogie et c'est en voyant la possibilité sur Geneanet de faire un arbre ascendant de 10 générations sous forme de roue que j'ai eu une idée saugrenue...

Et si j'essayais de compléter les 10 générations d'aïeux de mon grand-père maternel ? Dans un second temps je ferai ma grand-mère maternel. Alors, j'en vois certains, au fond de classe, près du radiateur, me dire "et ton père ?". Bah mon père est d'origine italienne donc à moins de partir voguer vers Borgo di Gaeta, ça va être compliqué...


On se rend compte qu'il y a des trous et j'ai décidé d'en combler un maximum en vous livrant un petit article pour chaque recherche et en essayant de développer un peu la vie de ces aïeux...

Commençons tout de suite par les ancêtres de Françoise Maurin

(cliquez sur l'image pour l'agrandir)


Comme vous le voyez la mission se déroule directement à la 10e génération comme c'est le cas pour la plupart des branches où il me manque des ancêtres de mon grand-père Jean Lombard.

Françoise Maurin et son mari Jean Ginies sont les parents d'Anne qui épousa mon aïeul Antoine Lombard. Au mariage de ces derniers, qui fut célébré le 28/01/1704 à La Bastidonne (Vaucluse), le frère d'Anne s'opposa aux noces ! L'acte, particulièrement mal écrit et à moitié effacé donne ceci :
"L'an que dessus et le vingt huit du courant apres trois publiquation faicte pandant trois dimanches consulis sans qu'il nous et apert aucun empechement canonisque et legitime non plus que du coste du jeune homme ainsin qu'il nous apert par sa ... de son curé Riere nous et conjoint en fasse de nostre sainte mere l'Eglise et nobnostant la position frivolle du Claude Genies frere d'Anne Genies [biffé : son f] une des parties que la partie a faict son par et devant nous ... ... paranté d'aliance attandu que son pere dise il ne luy a pas faict toute l'honneur qu'il demane mé come le doute de cette paranté a esté desidée par mon seigneur monsieur de Julias grans vicaire et mesire Leget preste superier du seminaire d'Aix nous avons passé outre et cella par ordre de monsieur le gran vicaire nostre superier et la desision dudit messire LEget et d'autres savans personnages come il pert avons par ledit ordre dudit le gran vicaire Riere nous Antoien Lombard [biffé : fils] aget environ vingt deux ans travailleur fils legitime naturel de Solamon travailleur et de Louise Martin du lieu de La Tour d'Aigues d'une part et honeste fille Anne Genies legitime naturelle d'Antoine aussi travaille et a fue Françoise Morine de ce lieu de La Bastidonne de Savery d'autre le tout  au consantement des parties de leurs parens presant et de temoins soubsigné. "

Ainsi pour le frère de l'épouse, il y avait un lien d'affinité entre les mariés... Ce qui est vrai puisque le père d'Antoine, Salomon Lombard avait épousé une certaine Jeanne Ginies. Mais l'acte, rédigé dans un registre de baptêmes, était mal placé. Même si je doute que le curé ait oublié ce mariage ou n'en ait pas entendu parler, il affirme que l'opposition est "frivole" et que ce frère, Claude Ginies, s'estime juste délaissé par son père !

J'essayais donc de remonter un peu pour voir la situation familiale de cette famille. Dans un acte, le père de l'épouse est considéré comme simple "travailleur", appellation dont j'ai appris à me méfier puisqu'un jeune d'une famille de ménagers peut commencer sa vie comme travailleur avant d'évoluer. et en effet, le grand-père de ce travailleur était baile de la Bastidonne.

Et Françoise Maurin, la mère de l'épouse, d'où vient-elle ? Le nom Maurin n'est pas un nom de La Bastidonne, ni du bourg de La Tour-d'Aigues. Le mystère reste entier, surtout que je ne trouvais rien dans les registres de mariages de La Bastidonne.

MAIS c'était sans compter sur les registres de baptême dont l'un, mal classé sur le site des AD de Vaucluse en ligne, est en fait un registre BMS ! Et là, paf ! on retrouve le mariage Ginies-Maurin !

Elle est native de Pertuis, fille de Pierre et d'Elizabeth Gras !

(cliquez pour agrandir)


Mission accomplie !!

Vous pouvez bien sûr reprendre l'idée et regarder sur votre arbre en ligne qu'elles sont les ancêtres qu'il vous manque à la 10e génération !




dimanche 16 juillet 2017

Les tribulations d'un généalogiste débordé

Il est 7h quand le réveil sonne. Je jette les draps de satin en l'air et me prépare pour une nouvelle journée bien chargée. Chargée en quoi ? En généalogie, pardi !!

En effet, Sacrés Ancêtres! se lève tôt, souvent vers 11h, mais parfois à 7h (en plein milieu de la nuit, vous vous rendez compte) ; il prend son whisky matinal alors qu'il est assis sur son fauteuil Louis XVI en contemplant la dernière croûte envoyée par sa cousine Florimonde représentant un paysage marocain (ou polonais, je sais pas). Puis, une fois l'alcool siroté, il se met devant son ordi et là commence la journée d'un généalogiste débordé.

Première étape : Check tes mails.
Et là, surprise, 10 mails à traiter. Bonjour, j'ai vu votre relevé de Trifouillis-les-Oies et je descends d'un couple sur les 10 000 que vous avez dépouillé. J'ai l'honneur de vous annoncer que nous sommes donc cousins. NEXT.
Salut, j'ai vu que tu avais pleins de projets et je te déteste, tu es un gros caca pas beau (trad. : Je suis envieux ; NB aux lecteurs : je reçois effectivement des mails dans ce genre).
NEXT.

Après avoir lu tous les mails, y compris les pubs, avoir acheté du Viagra au Canada et trouvé une femme coquine à côté de chez moi, je quitte Outlook et me dirige vers le dernier dépouillement que j'ai commencé.

Et là, ceux qui font des dépouillements comprendront. Sacrés Ancêtres! est incapable de faire UN SEUL dépouillement à la fois. Il en commence trois ou quatre, puis se plaint d'avoir trop de trucs à faire. Et puis il y a le fameux tableur Excel commencé hier soir entre la Vodka et le Martini que tu sais pas trop à quoi il correspond. Peut-être un dépouillement de Nice ou alors de Valenciennes. Dieu seul sait !

En parlant de Dieu, Sacrés Ancêtres! est généreux donc, une fois qu'il est sorti du coma post-réveil (vers 13h), il checke de nouveau ses mails.
Salut, j'ai vu que tu as cité mon arrière-grand-mère dans tes dépouillements. Je te demande de la supprimer !!
Oui, le type a mis un copyright sur granny Godensie . NEXT.
Je ne te salue pas, gros caca boudin.
Encore lui ?

Bon, j'abandonne. Je commande tout de même une assurance au Congo et reçois l'héritage d'un avocat ivoirien puis je retourne à la généalogie.

Comme si ça ne suffisait pas, entre mes 300 projets en cours, j'ai une idée... Un nouveau projet franchement génial qui ne devrait me prendre que 10 à 12h de plus par jour, mais bon, depuis que Jupiter s'est réincarné en Emmanuel M., la journée de travail est rallongée. Je numérise des documents, je dépouille des documents. Généalogiste, généaphile, parfois généaphage (c'est mon côté vegan). Bref, je reçois un ou deux appels pour le projet, j'envoie un ou deux mails, je bloque caca boudin sur la messagerie, je dépouille une table de mariages, une année d'une commune au XVIe siècle, je me fais un café (qui est infâme, j'ai oublié le Irish dans mon Coffee).

Il est 22h, déjà, quand je commence à bâiller et que je me dis que j'ai passé ma journée à faire de la généalogie pour les autres. Des dépouillements notamment, des mails en pagaille, des indexations de registres et parfois des séjours aux AD pour faire des numérisations pour les autres.

Je ne me plains pas, j'aime ça. Mieux, j'adore ça. Pour votre serviteur, la généalogie, c'est avant tout un partage. On fait la sienne et on dépouille pour sauvegarder les documents, pour mieux connaître la grande histoire. Mais voilà, à un moment, t'as envie de dire STOP et de faire un peu TA généalogie. Alors c'est ce que je vais faire, probablement entre 24h et 25h certes, mais j'ai envie de m'intéresser un peu à mes ancêtres dont certaines branches sont soit au point mort, soit ont bien avancé mais j'ai eu la flemme de tout entrer dans mon logiciel.

Donc, dès demain, Sacrés Ancêtres! se lance un petit défi pour le forcer à s'intéresser à sa propre généalogie. Peut-être qu'il vous donnera envie de faire de même de votre côté...

En attendant je checke Twitter, c'est plus reposant que les mails, je vérifie qu'il y a bien 200 articles à lire aujourd'hui, pas grave, je suis LARGE. Je checke aussi les notifications, je note que ceux qui m'ignorent m'ignorent toujours, et je regarde Wimbledon Channel en même temps que mon smartphone vibre pour m'annoncer que j'ai gagné une Green Card et que je dois contacter M. MacDonald's au Botswana, ce qui m'ouvre l'appétit.
Je mange donc un morceau, vérifie FB, Geneanet, je reçois une alerte "On vous a trouvé de nouveaux ancêtres", mais franchement Jean Martin époux de Marie Martin, tu peux m'envoyer l'alerte tous les jours, t'as plus de chance de gagner à l'Euromillions que de me trouver le bon couple.

Il est minuit quand je finis la table de mariages, j'ai la tête qui tourne un peu, je ne sais plus si j'ai déjà checké mes mails aujourd'hui. Peu importe. Je bois un Whisky en écoutant du Berlioz (t'as vu comme je me la pète !), je vérifie le forum Roglo, j'oublie d'appeler ma mère, elle n'oublie pas de m'appeler : "Ca va, mon fils ? — Oui — Tu fais quoi ? — Des trucs. — Mais encore ? — Bah de la généalogie — Tu sais que la généalogie, c'est s'intéresser à la famille..." Touché-coulé.

Je passe aux toilettes où trône un énième tableau de la cousine Florimonde que j'ai mis là pour qu'il nous inspire quand l'intestin est bloqué, puis je vais dans la chambre, contemple la vue sur l'immeuble d'en face, me jette dans le lit, allume une clope et me dis, à moitié culpabilisant : "J'ai rien foutu aujourd'hui, demain, je m'y mets vraiment !"


samedi 15 juillet 2017

Une lettre de Vincent Monchicourt

Préambule : Ce billet fait partie du RDV Ancestral qui a lieu tous les mois, mêlant littérature et généalogie. Cette lettre est donc inventée (oui, je le précise, on sait jamais) dans le cadre de ce challenge.

"Cher descendant, cher Thomas,

Je t'écris cette lettre sur le coin d'une table, mais je dois repartir incessamment, ma famille m'attend pour les finitions du grand tableau qui doit trôner dans notre salon. J'ai bien reçu ta missive et je vais essayer de te conter cette partie de ma vie qui te paraît mystérieuse.

A même pas 20 ans, je fuyais la France et passais en Autriche. Tu te demandes pourquoi ? Pourquoi fuir ? Les français ont commis des crimes, de nombreux crimes. Qu'ils aient fait la révolution est une chose, mais qu'ils s'en soient pris à des innocents en est une autre.

A Valenciennes, je vendais des toilettes pour dames et mon succès faisait la fierté de la famille. En tant que cadet, je n'avais pas hérité de la cense familiale, mais mes parents m'ont aidé à fonder mon commerce. Je quittai donc Marly pour Valenciennes. Là, mes affaires florissantes m'ont fait rencontrer des familles que tu dois connaître : les Patte, les Flory, les Daulmery, les Rhoné, et tant d'autres. Ils m'acceptèrent rapidement. Il faut dire que mon oncle maternel, Albert, avait épousé une Patte et que tous les négociants de la place connaissent les Monchicourt pour deux raisons. La première, c'est que nous possédons des censes et que tous les négociants ont des censiers dans leur famille. La seconde, c'est notre nom qui nous associe à la famille de Manchicourt, l'une des plus vieilles de la région. Je ne vais pas te mentir, je ne sais pas si nous descendons directement de ce seigneur qui se maria au XIIe siècle à une demoiselle de Béthune. A vrai dire, je m'en moque car je défends un honneur bourgeois. Alors, pourquoi suis-je parti pendant la Révolution ?

Il n'a pas été facile de voir ses amis soupçonnés, de voir Valenciennes envahie par l'Autriche. Alors je suis parti, j'ai quitté cette terre, celle de mes ancêtres, pour partir à Vienne et y enseigner le français. Pendant ce temps-là, alors que mon nom figurait parmi la liste des émigrés, l'on s'en prit à ce qui deviendra ma belle-famille, les Flory. Ma chère Antoinette n'aime pas parler de cette période où son cousin, le greffier d'Arras, fut guillotiné après un procès où le jury était (et je cite une lettre d'un des protagonistes) "convaincu" avant le commencement du procès "de sa scélératesse". Pauvre Balthazar ! La famille Picavez perdait deux soeurs, religieuses, condamnées à mort pour avoir persisté dans leur "fanatisme" et refusé de quitter l'habit d'ursulines. Un autre Picavez, m'avait-on écrit, a été obligé d'enterrer Louis XVI sous de la chaux puis a été dénoncé comme contre-révolutionnaire avant d'être obligé de s'exiler près de Dijon.

Bref, tu comprendras, cher Thomas, qu'entre ça et le procès qui secoua Valenciennes lorsque les Français reprirent la ville, j'avais bien fait de fuir. Les risques étaient gigantesques. Je craignis pour ma vie à chaque instant. Mais ça en valait la peine.

Lorsque je revins, après la mort de Robespierre, après le procès des notables de Valenciennes, je fus acclamé ! Je pensais que l'on me verrait comme un lâche d'avoir fui, mais je fus considéré comme un résistant et l'on m'assimila presque à ces ducs émigrés. La famille Flory, même si Antoinette n'a jamais voulu me le confirmer, avait certainement fui aussi. C'est pourquoi Jean Baptiste, son père, accepta que je me marie avec sa fille et il me transmit son négoce en vins et spiritueux que je transmis moi-même à mon gendre Auguste Patte.

Tu te demandes pourquoi Antoinette ne m'a rien dit ? Tu sais, fuir son foyer est un traumatisme pour tout le monde. Vois-tu, mes opinions politiques n'importaient pas, ni celles d'Antoinette. Nous étions pourchassés parce que nous étions au mauvais endroit au mauvais moment. On nous pourchassait non pas parce que nous étions contre-révolutionnaires, mais parce que nous représentions, de par notre rang social et de par notre naissance (bien que bourgeoise) l'Ancien Régime. Nous étions persécutés, volés, assassinés. Je n'avais que 20 ans et ma femme aussi, elle qui dut être terrifiée chaque jour qu'on l'arrête, qu'on l'enferme dans ces cachots humides avant de la guillotiner sous les hourras d'une foule en délire.

C'est le principe de la révolution, quelle qu'elle soit : remplacez l'ordre ancien par un ordre nouveau. Je n'en veux à personne, cher Thomas, sache-le ! C'est juste ainsi. D'ailleurs, imaginerais-tu un seul instant que je me suis enrichi grâce à la Révolution ? Le commerce a été libéré et la Restauration des Bourbons n'a rien changé, au contraire, elle a commencé à accentuer cette libéralisation !

Bref, je bavarde, je bavarde, et j'entends au loin ma femme qui crie. Elle m'appelle pour le tableau avec nos enfants. Ca me rappelle une histoire de mon beau-père Flory qui me disait qu'il n'avait pas eu le courage de faire un tableau de famille parce que sa femme lui avait donné trop d'enfants : 14 !! Tu te rends comptes ! Je te laisse imaginer la taille du tableau...

Bon, je file, ma femme commence à s'énerver, elle va faire exploser son corset !

Avec toute mon affection,


Vincent Monchicourt"

En lisant cette lettre, je ne peux qu'imaginer la malice de Vincent, cet aïeul que j'affectionne parce que j'en connais le visage. Je sais qu'il était malicieux car chacun des frères et soeurs de son épouse avait un surnom, visiblement donné par lui. Il y avait le chanoine, le greffier, Théro, etc. mais surtout, il y avait une belle-soeur de Vincent qu'il ne devait pas trop apprécier, car il l'avait surnommée Ni belle, ni bonne...

Oh ! j'oubliais ! Vincent nous a effectivement laissé le fameux tableau. Sans plus attendre, le voici :


samedi 8 juillet 2017

Projet Provence : Les nouveautés de juin 2017

Voilà un petit moment que le blog n'a pas été mis à jour et je vous dirai pourquoi très bientôt ; comme vous le savez, votre humble serviteur travaille d'arrache-pied à divers projets et vous aurez des news très très vite. Mais passons.

Le Projet Provence continue de bien avancer et je vous propose sans plus attendre les nouveautés de juin 2017 !

Tout d'abord, la plus grande part du projet consiste en un dépouillement de toutes les tables de mariages de Provence. Voici les dernières publiées :

Tables décennales de mariage :

04 :
- Le Lauzet (1793-1902) 733 mariages par Robert Savouillan
- Moustiers-Sainte-Marie (1793-1902) 1291 mariages par Robert Savouillan
- Puimoisson (1793-1902) 945 mariages par Robert Savouillan
- Quinson (1793-1902) 752 mariages par Robert Savouillan
- La Rochette (1793-1902) 278 mariages par Robert Savouillan
- Ubaye (1793-1902) 235 mariages par Robert Savouillan
- Villeneuve (1792-1902) 643 mariages par Robert Savouillan

05 :
- Aspres-sur-Buech (comprenant Agnielles et Aspres, 1793-1921) 697 mariages par Cyrille Courtois
- Châteauneuf-de-Chabre (1812-1915) 156 mariages par Guy Trupheme
- Lazer (1802-1899) 233 actes par Guy Trupheme
- Upaix (1813-1899) 427 mariages par Guy Trupheme

84 :
- Althen-des-Paluds (1846-1912) 574 mariages par Bernard Gourbin
- Ansouis (1793-1892) 764 mariages par Thomas Spinosa
- Cabrières-d'Aigues (1793-1892) 391 mariages par Thomas Spinosa
- Entrechaux (1793-1904) 890 mariages par Bernard Gourbin
- Sannes (1793-1892) 118 mariages par Thomas Spinosa


Mais le Projet Provence c'est aussi d'autres sources, dont les fameux BMS. Le but est d'en déposer un maximum sur Internet, en accès libre afin de faciliter le travail des généalogistes. Ce mois-ci, voici quelques relevés :

Baptêmes :

13 :
- Marseille (St Laurent) (1700-1704) 1598 baptêmes par Thomas Spinosa

84 :
- Pertuis (1700-1709) 1508 baptêmes par Thomas Spinosa

Mariages :

13 :
- Marseille (St Laurent) (1700-1704) 336 mariages par Thomas Spinosa

84 :
- Ansouis (1656-1668) 107 mariages par Thomas Spinosa
- Pertuis (1700-1709) 285 mariages par Thomas Spinosa

Sépultures :

13 :
- Marseille (St Laurent) (1700-1704) 1265 sépultures par Thomas Spinosa

84 :

- Pertuis (1700-1709) 903 sépultures par Thomas Spinosa

Le Projet Provence consiste aussi en des dépouillements d'actes notariaux et de sources diverses. Par exemple, actuellement sous la coordination de Danielle Stanislas, vous pouvez indexer les relevés de Chantal Berthelot : C'est par ici ! Si vous avez des ancêtres en Pays d'Aigues, alors ce projet est fait pour vous. Surtout que si je vois que ça bouge un peu, ça pourrait me réveiller et me décider à enfin transmettre tous les CM et testaments de La Tour-d'Aigues que j'ai numérisés aux AD84 ! Alors, sans plus attendre, indexons !

Enfin, je viens de découvrir un truc de fou ! Sacrés Ancêtres a été mentionné dans la Revue Française de Généalogie (numéro de février-mars). Merci beaucoup à Pierre-Valéry Archassal pour avoir parlé du Projet Provence !

En effet, ce projet, en partenariat avec Geneanet qui héberge les relevés et les diffuse au plus grand nombre, a besoin de vous ! C'est grâce à vous tous, bénévoles, généalogistes débutants ou confirmés, que la généalogie libre avance.

J'en profite pour remercier tous les bénévoles du projet qui font un travail fabuleux.

Sur ce, je vous souhaite une excellente fin de semaine et à très bientôt pour des infos importantes !

jeudi 16 mars 2017

Familles marseillaises : un nouveau projet ?

C'est une idée qui me trotte dans la tête depuis plusieurs mois... et je vais vous en parler.

Comme vous le savez, votre serviteur s'engage depuis des années pour la généalogie libre d'abord à travers le site personnel Prat Généalogie créé en 2008, puis en se chargeant de la coordination du projet Mariages du XIXe sur Geneanet pour la Provence. Mais voilà, alors que ce dernier projet avance assez bien, je me suis dit qu'il serait temps de voir plus grand et plus en accord avec mes travaux. Sans pour autant laisser tomber ou même consacrer moins de temps au projet "Mariages du XIXe" ou à mes relevés personnels, j'aimerais consacrer un peu de temps à un nouveau projet.

C'est le projet "Familles parisiennes" qui m'a donné envie de faire la même chose, mais avec la cité phocéenne. Comme vous le savez peut-être Marseille possède les plus vieux registres de notaires de France, et des travaux colossaux ont été effectués par les bénévoles de l'AG13 dans le dépouillement des tables de notaires pour les contrats de mariage. Citons encore François Barby et Didier Verlaque qui ont poursuivi des travaux d'une immense utilité pour les Marseillais et leurs descendants.

Simplement, la plupart des généalogistes restent sur un arbre un peu... décharné. En effet, en se basant sur les relevés effectués jusqu'à présent, on a l'ossature de l'arbre jusqu'à une période très reculée, certes, mais on est loin d'avoir une appréhension fine de la vie des Marseillais.

D'ailleurs, rares sont les historiens de la cité phocéenne à l'époque moderne. En effet, on se noie facilement dans tous ces registres.

C'est pourquoi j'aimerais, sur le modèle de "Familles parisiennes", lancer ce projet "Familles marseillaises".

Mais il me faut de l'aide, d'autres bénévoles, pour m'aider à numériser des registres, d'autres pour participer à une indexation, etc. Pour le moment, le projet en est à ses balbutiements, c'est-à-dire que je n'en suis qu'à délimiter le cadre.

Alors, en quoi ça consisterait ?

D'abord, choisir sur quoi travailler. Chaque bénévole étant... bénévole, il travaille sur ce qu'il veut. Registres paroissiaux, registres notariés, archives judiciaires, etc. Tout ce qu'il faut, c'est qu'il numérise en premier lieu un registre ou une liasse de manière exhaustive. Exit donc les "registres" déposés sur Geneanet avec seulement les contrats de mariages et les testaments. Ensuite, le bénévole peut soit indexer lui-même le registre sur Geneanet, soit le laisser au soin d'indexeurs qui ne peuvent pas être présents aux AD de Marseille pour numériser.

Je propose cinq axes de numérisation et indexation pour l'instant :
1. Les registres paroissiaux. Déjà numérisés, il s'agirait de faire des relevés exhaustifs à partir des archives en ligne.
2. Les tables de mariages du XIXe siècle. Dans le cadre du projet déjà cité, quelques dépouillements sont en cours. Là aussi, les tables sont disponibles sur Internet.
3. Les archives notariales. Voilà le gros morceau. Il faudrait numériser intégralement des registres, suivant les choix des bénévoles qui numérisent, et les déposer sur Geneanet pour indexation. D'abord sommaires, ces indexations devraient dans l'idéal inclure tous les actes. On aurait donc une indexation sommaire avec le type d'acte, les parties impliquées et cela permettant ensuite de tomber sur l'acte directement à partir d'une recherche Geneanet. Les plus courageux pourront faire des "analyses" plus ou moins sommaires des actes ; et là, en toute franchise, je pense que ce ne sera possible, dans un premier temps, que pour les contrats de mariages, les testaments et les actes sortant de l'ordinaire. Mais il faut que les autres actes soient présents pour plus tard d'où cette condition absolue d'une numérisation intégrale.
4. Les archives privées. Papiers de familles, livres de raison, peuvent être un bon angle pour faire de l'histoire de la famille. La numérisation, assez rapide, de ces liasses ou petits livres, s'avérera particulièrement utile pour l'historien.
5. Les archives professionnelles. Les corporations ont laissé parfois des archives. Elles nous permettent de mieux comprendre la vie de nos aïeux en les replaçant dans un contexte professionnel (le métier), géographique (Marseille) et temporel (l'Ancien Régime). On est au plus près de la réalité du métier de tonnelier ou autre de notre ancêtre marseillais si on a comme lecture les statuts de la corporation, sa correspondance, ses jugements, les élections, etc..

Vous l'aurez noté, la focale se trouve surtout sur l'Ancien Régime, mais d'autres sources peuvent être incluses par la suite, comme les archives des tribunaux, les archives ecclésiastiques, etc. Au gré des bénévoles et surtout de l'avancée de certains projets.
En effet, la priorité, à mon sens, est de favoriser la numérisation d'archives notariales très souvent consultées et qui risquent de s'abîmer avec le temps. De plus, le généalogiste et l'historien seront (en général) davantage intéressés par cela que par certains autres documents.

C'est un projet que je voudrais pluridisciplinaire. Je souhaiterais qu'il intéresse tant le généalogiste que l'historien, tant l'archiviste que le curieux. Qu'il puisse être utile à ceux qui font de l'histoire économique, sociale, familiale ou autre. C'est un projet qui a pour but de mieux connaître les Marseillais d'antan.

Je ne sais pas encore quelle forme doit prendre l'ensemble. Fonder une association ? Ou simplement avec le patronage d'un site, travailler librement ? Je ne sais pas. C'est aussi pour cela que j'écris cet article, pour un peu prendre la température, savoir qui serait partant pour indexer/numériser voire coordonner certaines parties du projet, et en gros, ce que vous en pensez. Ce serait sympa, à mon avis, de se lancer là-dedans, avec en tête le fait que cela peut donner l'inspiration à d'autres communes et pourquoi pas, un jour, lancer un projet "familles provençales".
Mais bon... d'abord "Familles marseillaises" ! Un pas à la fois.


Si vous souhaitez participer au projet, vous pouvez aussi m'écrire directement sur mon adresse mail : thomasspinosa [at] hotmail.com

mercredi 1 mars 2017

Tables de mariages : les nouveautés de février 2017



Le projet de dépouillement des tables de mariages de Provence continue son chemin et les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence, 04) avancent toujours à pas de géant. On se dirige vers un accomplissement de l'objectif 100% des tables dépouillées pour ce département dans le courant de l'année 2017. Mais tout dépend de vous, chers lecteurs, pour atteindre cet objectif pour tous les départements ! En effet, les autres départements de Provence sont un peu à la traîne, mais gageons qu'ils sauront trouver des bénévoles pour les aider.

Alors, quels sont les nouveaux dépouillements effectués en février et mis en ligne sur Geneanet ?

Dans les Basses-Alpes (04) :
- Bellaffaire (1793-1902) par Robert Savouillan - 275 mariages
- Le Chaffaut (1793-1902) par Robert Savouillan - 200 mariages
- Demandolx (1800-1902) par Sylvette Beaussart - 249 mariages
- Digne-les-Bains (1792-1902) par Thomas Spinosa - 3 389 mariages
- Lambruisse (1793-1902) par Robert Savouillan - 236 mariages
- Malijai (1793-1902) par Jean-Pierre Causse - 425 mariages
- Mallefougasse (1793-1902) part Robert Savouillan - 181 mariages
- Melve (1793-1902) par Robert Savouillan - 278 mariages
- Montfort (1793-1902) par Robert Savouillan - 191 mariages
- La Mure (1793-1902) par Robert Savouillan - 255 mariages
- Oraison (1851-1902) par Robert Savouillan - 767 mariages
- Pontis (1793-1902) par Robert Savouillan - 272 mariages
- Sausses (1793-1902) par Robert Savouillan - 273 mariages
- Thèze (1793-1902) par Robert Savouillan - 304 mariages

Dans le Vaucluse (84)
- Cabrières-d'Avignon (1802-1892) par Véronique Dufour - 613 mariages
- Lauris (1802-1842) par Bernard Colletin - 573 mariages

Soit un total de 8 481 mariages ajoutés au mois de février pour la Provence.

Et après ? Que fait-on ?
Je vous conseille de consulter les pages Geneawiki du projet :

Vous saurez ce qui est en cours. Mobilisez-vous pour ce beau projet, faites des dépouillements ! Les archives sont toutes en ligne et c'est assez facile à faire. Une fois fait, votre relevé sera très utile à ceux faisant de la généalogie ascendante (notamment les débutants ou ceux avec une épine généalogique) mais aussi de la généalogie descendante.


Bref, à vous de jouer maintenant !

dimanche 26 février 2017

L'incorporation des ancêtres



Isabelle Luciani et Valérie Piétri (dir.), L'incorporation des ancêtres. Généalogie, construction du présent, Aix-en-Provence, PUP, 2016.

Pour un peu changer, Sacrés Ancêtres! vous parle d'un livre. Et comme d'habitude, je vous préviens, il ne s'agit pas d'un compte-rendu de lecture, mais d'un simple avis.

Cet ouvrage est composé de plusieurs communications diverses autour du thème de la généalogie et de "l'incorporation des ancêtres". La première phrase de l'excellente introduction d'Isabelle Luciani et Valérie Piétri est éclairante à plus d'un titre : "La question des origines travaille en profondeur le processus de construction identitaire que ce soit à l'échelle collective, des groupes sociaux aux peuples et aux nations, ou à l'échelle des individus". C'est donc un livre résolument tourné vers la compréhension du présent à travers le passé généalogique ; une compréhension de soi à partir de ses aïeux.
Ainsi, le thème, qui permet d'élargir la question aux groupes et nations, est assez large pour que les communications soient intéressantes pour tous types d'historiens et de généalogistes. Après plusieurs communications autour des nations, l'on s'intéresse aux récits de chevalerie, aux imprimés généalogiques, etc.

Mais procédons dans l'ordre ! Les premiers articles portent sur la construction des nations par une généalogie. Et en effet, les mérovingiens, les capétiens, tenaient leur légitimité de leur généalogie. Ainsi les capétiens ont un peu effacé "l'usurpateur" Hugues Capet pour se concentrer sur les autres et asseoir ainsi leur légitimité sur le trône de France. Ils se revendiquaient originaires des troyens et donc d'une ascendance mythologique, d'un premier roi Francs (Francus) légendaire, etc. Cette généalogie permet de mieux saisir l'état d'esprit général de la France à l'époque moderne... du moins pour la noblesse et la royauté toutes deux férues de généalogie. Ainsi les Polignac, branche noble d'Auvergne, par un jeu d'homonymie se prétendaient descendre de Sidoine Apollinaire (Apollinaire - Polignac) lui-même descendant d'Apollon. Cette famille essayait en fait de montrer que sa noblesse, de toute façon immémoriale, remontait à l'Antiquité romaine et qu'ils étaient bien "les rois" en leur région. Cela, afin de contrer la monarchie absolue qui voulait mettre au pas les nobles.

Donc vous voyez, chers lecteurs, c'est un livre d'histoire avant tout. Mais un livre qui nous instruit, qui nous permet de mieux comprendre le rapport aux aïeux d'autrefois. Et ce, jusqu'à aujourd'hui. Au XIXe siècle, un article absolument passionnant d'Agnès Graceffia, nous renseigne sur la mythologie de la construction de la France, résolument "multi-ethnique" (Gaulois, Francs, Romains) pour montrer que notre pays s'est construit sur l'apport de plusieurs populations sur un territoire. C'est le territoire qui prime. En Allemagne, c'est la "race", les Germains. D'où le racialisme allemand qui continua au XXe siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale.

Chaque communication nous apprend de nombreuses choses. Et on passe de cette macro-histoire, sur les nations, à la micro-histoire, sur des individus. Ainsi ce Valenzuela, favori de la reine-mère espagnole, qui, parti de rien, obtint d'êtres parmi les Grands de la noblesse et devint Premier Ministre. Les Grands, jaloux de leurs privilèges de race, firent une campagne de calomnie via des libelles pour faire disgracier le favori... ce qui réussit.

Vous trouverez un article sur les descendants d'esclaves absolument magistral avec la quête toute récente de l'origine de ces esclaves via la généalogie génétique. Un article se concentre sur ce dernier point et montre bien les dérives de cette pratique, avec ce que l'auteur appelle une racialisation 2.0 où des personnes prétendent avoir un sang pur et former des communautés racialement discriminantes grâce à ces tests. Plus encore, les limites de ces tests sont bien montrées par l'auteur (Claude-Olivier Doron), notamment leur fiabilité très contestable. En effet, les échantillons de population sont peu nombreux, ils ne tiennent pas compte des migrations anciennes, ils ne révèlent finalement qu'un cousinage lointain avec des individus qui vivent actuellement à tel ou tel endroit sans vous révéler d'où vous venez concrètement. Il ne s'agit pas de généalogie, mais de statistique dépendant de nombreuses variables dont... la spécialité de l'entreprise. En bref, ces tests sont vendus comme vous dévoilant vos origines, comme des tests historiques, ce qui est faux. Ce sont des données bruts contemporaines. Rien à voir avec de la généalogie. Sans parler du fait (et je trouve dommage que l'article n'en parle pas) que la généalogie est une construction sociale, que l'on accepte implicitement que les traces, les documents, nous disent la vérité. La généalogie n'est pas génétique.

Bref, c'est un livre absolument passionnant par ses nombreux articles, relativement brefs, ce qui est toujours agréable si l'on a peu de temps. En plus de cela, c'est un livre d'une grande rigueur historique, mais pas seulement : pluridisciplinaire par essence, il se conclut sur un article assez ardu sur Michel Foucault et la généalogie, donc un article philosophico-historique. Vous trouverez de l'analyse littéraire, de la sociologie, de la génétique, bref, un livre vraiment complet qui traite de la généalogie dans le cadre rigoureux des Presses Universitaires de Provence.
Si je devais faire un reproche, j'aurais un peu de mal et le seul qui me viendrait en tête serait lié à mes centres d'intérêt. Trop peu de classes intermédiaires (voire aucune) figurent dans cet ouvrage. L'on s'intéresse aux rois, aux nations en général, aux romans, aux nobles, mais quid des paysans, des artisans et autres. N'avaient-ils pas aussi des ancêtres dont ils pouvaient se revendiquer ? Les écrits du for privé (livres de raison, de famille, correspondance) peuvent peut-être répondre à cette question et l'une des directrices de cet ouvrage, Mme Isabelle Luciani, est justement très impliquée dans ce domaine. En tout cas, gageons que ce livre fera des émules, en histoire comme en généalogie, sur la construction du présent par l'incorporation des ancêtres (et quel beau titre d'ailleurs !).


A lire !