vendredi 4 janvier 2019

L'alliance du pêcheur et du ménager (2)

Préambule : J'avais commencé il y a un peu d'un an à publier cet essai que j'avais fait dans un cadre universitaire. Il porte sur les alliances dans la France moderne et notamment sur les alliances exogames (mariages entre personnes de milieux sociaux différents, par exemple) avec également des interactions "exogames" ou plutôt de mixité (exogame ne concernant que le mariage alors que j'évoque aussi les relations de parrainage).
Bref, il s'agit de la suite et fin du premier chapitre. Pour lire depuis le début :

Un PDF comprenant l'intégralité de ce travail avec les annexes, sources et bibliographie sera mis en ligne quand tout sera publié sur ce blog. Après cet article, il reste deux chapitres (publié chacun en une fois) et la conclusion générale avec le fameux pdf !
Bonne lecture.


II. Une nécessaire redéfinition du concept de strate sociale dans les sociétés urbaines ?

a. Les dots

Pour savoir si une appartenance à une même strate de la société est possible concernant les pêcheurs et les ménagers, nous avons songé à comparer les dots et donations lors des contrats de mariage.
Malheureusement, cette étude ne permet pas de trancher. En effet, les dots varient extrêmement au sein même des professions.
En 1642[1], lors du contrat de mariage de Pierre Boit (Bouis), ménager, et Catherine Guichard, fille d'un ménager, l'épouse reçoit de la part de son père la somme de 90 livres. En 1646[2], au mariage de Dominique Berengier, fils d'un ménager et d'Anne Touache, également fille d'un ménager, l'épouse reçoit de son père 700 livres ainsi que 100 livres en augment de dot par sa mère.
En 1647[3], au contrat de mariage d'Hugon Berengier, ménager et de Delphine Camoin, fille d'un ménager, l'épouse ne reçoit pas de dot mais l'époux reçoit une donation de la part de son père de 600 livres.

Concernant les pêcheurs, en 1678[4], lors du mariage de Louis Ripert, fils d'un marinier, et de Thérèse Fabron, fille d'un marinier, l'épouse reçoit 100 livres de sa mère et 350 livres du patron pêcheur Louis Lombardon « en consideration de l'amitié » qu'il a pour elle, notamment aussi parce qu'elle est la nièce de Catherine Barnel, son épouse. Lors du mariage en 1697[5] de Pierre Étienne et d'Anne Ripert, lui patron pêcheur, elle fille d'un timonier, l'épouse reçoit de sa mère 300 livres. En 1658[6], lors du mariage de Luc Fabron et d'Anne Barnel, l'épouse reçoit 600 livres.

La seule constante, qui pose d'ailleurs problème, est le fait que les épouses s'assignent en dot tous leurs biens. Mais quels sont ces biens ? Quelle est leur valeur ? Nous ne pouvons malheureusement pas répondre à cette question.

Ce que nous constatons dans les diverses dots est l'immense disparité des sommes. Cependant, Luc Fabron reçoit 600 livres de la dot de son épouse, exacte somme reçue par le ménager Hugon Berengier.
Une approche quantitative pourrait permettre d'obtenir une moyenne ou une dot médiane. À défaut d'une étude quantitative, inenvisageable pour le moment sur Marseille à cause de la masse de documents notariés, notons que la dot n'est pas, en l'état actuel, un critère pertinent pour répondre à notre problématique.

Il nous faut alors nous pencher sur le travail de Charles Loyseau pour savoir comment étaient perçues les différentes corporations à l'époque moderne.



b. Du mélange des corps

Dans sa hiérarchie du Tiers-État, le jurisconsulte Charles Loyseau (1566-1627) distingue, dans un premier temps, les marchands des laboureurs[7]. Les marchands sont les dernières personnes du Tiers à être honorables, toutes les autres sont de « viles persones[8]. » Ceci dit, Charles Loyseau, fidèle à cet esprit de la Renaissance qui voit dans les Anciens des modèles à imiter se trouve confronté à la préférence, sur tout autre corps, qu’ont les philosophes (Cicéron, Aristote) pour les laboureurs. Loyseau distingue le brassier de celui qui tient à ferme une propriété et celui qui laboure de celui qui vend, en plus, les fruits de la terre et qui donc exerce le métier du négoce.
Suivent les maîtres artisans, avec une mention spéciale pour ceux qui pratiquent la vente de leurs produits, avec notamment les « apoticaires, orfevres, joualliers, merciers, grossiers, drappiers chaussetiers, & autres semblables[9]. »
Viennent ensuite « les crocheteurs, aydes à masson, chartiers & autres gens de journee[10] » pour s'achever avec les mendiants.

Nous pouvons alors distinguer des marchands vivant exclusivement du commerce, suivis des laboureurs/marchands puis des artisans/marchands, enfin, des gens de bras et des mendiants.
Nous pouvons même distinguer ceux qui peuvent prétendre à la bourgeoisie (marchands, laboureurs, artisans) et ceux qui ne peuvent pas y prétendre (gens de bras et mendiants) même si la bourgeoisie était, en théorie, ouverte à tous les habitants.

Ce qui est intéressant dans cette catégorisation de la population, c'est le mélange des corps, le mercier aux côtés de l'apothicaire, par exemple. Il y avait donc, au XVIe-XVIIe siècles, une perception différente de celle que peuvent avoir les historiens contemporains qui se risquent à classer, suivant les catégories de l'INSEE, les différentes professions, ou les historiens marxistes qui classent d'un côté les propriétaires des moyens de production et de l'autre les exploités auxquels ils les opposent (théorie de la lutte des classes du XIXe siècle).
Charles Loyseau distingue celui qui vend son produit et qui donc participe du commerce de celui qui ne vit que de la force de ses bras.
Le pêcheur, a fortiori le patron pêcheur, est au même rang qu'un laboureur car, comme l'agriculteur, il est là « pour nous nourrir[11]. » Les patrons vendent une partie du produit de leur pêche : ils sont donc également marchands, au même titre qu'un boulanger ou qu'un ménager. Ce qui les distingue entre eux est leur revenu. Malheureusement notre corpus, peut-être trop étroit, ne comprend pas les rôles de tailles pour distinguer à l'intérieur de ces corps les plus fortunés des autres.
En effet, nous avons vu plus haut Dominique Berengier et Anne Touache se marier avec 800 livres de dot, une somme élevée. Cette somme est énorme en comparaison des 90 livres reçues par Pierre Boit de la part de son beau-père. Mais nous trouvons, en 1581[12], au mariage du marinier Jean Delafont et de la fille du procureur aux armées Jeanne Albaye, une somme de 280 écus d'or en dot avec un augment de dot de 40 écus d'or de la part de sa marraine, soit un total de 960 livres.
Si les dots permettent toutefois, malgré les limites d'une méthode qualitative sur une méthode quantitative, de percevoir à la fois une grande disparité à l'intérieur des corps et une similarité entre ces dits corps, le travail de Charles Loyseau nous renseigne sur le point commun entre laboureurs et pêcheurs[13], à savoir le commerce de denrées alimentaires.

Laboureurs et pêcheurs nourrissent et commercent. Les artisans commercent également. Autrement dit, concernant le prestige des métiers du Tiers, d'après Charles Loyseau, ils sont sur le même plan. Le plus discriminant est donc le niveau de richesse qui varie à l'intérieur même de ces corps qui se mélangent volontiers.

c. Vers une redéfinition des strates sociales dans l'Ancienne France ?

Il est particulièrement malaisé d'essayer de classer les individus, surtout sous l'Ancien Régime, sans tomber dans l'anachronisme ou l'arbitraire. Mais comme pour la définition de l'exogamie, il faut des normes pour pouvoir étudier les strates de la société, notamment si l'on souhaite procéder à une étude quantitative. Si ce travail n'a pas pour objectif de redéfinir le milieu social de manière définitive, nous avons pour ambition d'essayer d'apporter une pierre à l'édifice.
Il a été montré que les pêcheurs se sentent à part dans leurs discours ; cependant, les discours sur soi sont formatés et le mécanisme de distinction fonctionne totalement quand, par exemple, les prud'hommes défendent leur corporation après la suppression de ces dernières, dans un discours en provençal. Le marqueur d'une identité à part (« "Nous formons une classe d'hommes pour ainsi dire séparée des autres citoyens[14]" ») est toujours lié à un discours revendicatif, ici dans les cahiers de doléances. Marquer son identité en se démarquant d'autrui ne veut pas dire que l'on pratique au quotidien cette distinction. Ainsi, pour Charles Loyseau, celui qui nourrit, le laboureur, a fortiori, le laboureur-marchand est-il respectable ; le pêcheur nourrit et commerce aussi et il a été montré dans ce chapitre que le ménager ne répugnait pas à s'allier au pêcheur, que le marchand engendrait le pêcheur qui lui-même pouvait engendrer l'artisan.
Ainsi pouvons-nous proposer une classification sociale se basant sur le commerce : celui qui commerce / celui qui ne commerce pas. Le patron pêcheur, le ménager et le maître artisan seraient dans cette première catégorie tandis que les matelots, les brassiers et les travailleurs seraient dans la seconde. À l'intérieur de ces catégories, il est envisageable de créer des sous-catégories liées au revenu, en utilisant la capitation… et l'on remarquera, à l'instar d'Alain Cabantous que « à Dunkerque, plus de 90% des pêcheurs capités, en payant 2 ou 3 livres tournois, se trouvent dans les classes 20 et 21 en compagnie d'artisans, d'une partie des domestiques ou des jardiniers[15]. »
L'identité du monde de la pêche n'est pas niée, mais elle est mise en parallèle d'une identité paysanne, d'une identité des artisans, ayant ses habitudes, sa corporation, son jargon. Ces identités professionnelles ne sont pas des identités individuelles car il semble important de distinguer la profession de l'individu ; si la profession façonne le mode de vie de l'individu, le milieu professionnel ne conduit pas nécessairement à une endogamie professionnelle. Plus encore, et nous tenterons de le montrer dans le deuxième chapitre[16], l'exogamie professionnelle peut être profitable au réseau. En se mariant avec un maître tonnelier, une fille de pêcheur peut obtenir des avantages sur ce bien important tandis que le maître tonnelier se voit ouvrir les portes d'un marché.
Il ne faut donc pas voir la société de l'Ancienne France comme une société de castes en lutte, le marinier aspirant à devenir patron pêcheur, le compagnon artisan à devenir maître, le travailleur agricole à devenir un plus grand propriétaire terrien.

Conclusion

Nous pouvons conclure ce premier chapitre en insistant, de nouveau, sur l’extrême disparité des comportements individuels. C’est en plaçant la focale sur l’individu, sur son agissement personnel et en le remettant dans son contexte familial sur le temps long que l’on peut observer chez les pêcheurs, les artisans et les ménagers une stratégie : l’alliance comme signifiant d’une identité commune. Les uns comme les autres persistent et signent, nous l’avons vu, à se marier dans ce milieu de « ceux qui commercent » le surplus de leur travail. Les inégalités existent, mais il y a toujours une inégalité dès lors que l’on compare deux individus. Ainsi nous avons dû, depuis la définition de l’objet de cette étude, procéder à des normalisations nécessaires sans pour autant oublier l’unique qui caractérise l’individu. En changeant d’angle, de point de vue, en zoomant, en regardant l’ensemble, en analysant un contrat ou une « destinée familiale » sur plusieurs siècles, nous avons voulu percevoir au plus juste la réalité de ces catégories sociales. Et le ménager, comme le pêcheur, ne sont pas dissemblables, contrairement à l’imaginaire populaire voire aux clichés. Toutes et tous sont anthropologiquement concernés par l’exogamie et la pratiquent volontiers dans le but soit de mieux s’intégrer dans un quartier, dans une ville, par un nouvel arrivant, soit dans le but de se hisser socialement au sein de la corporation voire en-dehors d’elle, pour accéder idéalement à la rente. Ainsi l’exogamie peut-elle être vue comme un mécanisme d’intégration, comme un mécanisme de diversification (comme l’on diversifie des placements financiers) mais aussi comme un mécanisme ascensionnel. C’est ce dernier point que nous nous proposons d’étudier dans le deuxième chapitre.


[1] AD13, CM de Pierre Boit et de Catherine Guichard, 25/03/1642, 354 E 111.
[2] AD13, CM de Dominique Berengier et d'Anne Touache, 30/04/1646, 364 E 223 f°493.
[3] AD13, CM de Hugon Berengier et de Delphine Camoin, 25/04/1647, 363 E 112 f°933.
[4] AD13, CM de Louis Ripert et de Thérèse Fabron, 03/12/1678, 366 E 212 f°1070.
[5] AD13, CM de Pierre Étienne et d'Anne Ripert, 27/01/1697, 373 E 323 f°33.
[6] AD13, CM de Luc Fabron et d'Anne Barnel, 30/11/1658, 355 E 434 f°973.
[7] Nous omettons ici tous les métiers de robes mentionnés dans les paragraphes précédents par Charles Loyseau puisqu'ils ne concernent pas les personnes étudiées ici.
[8] Charles Loyseau, op.cit., p.101.
[9] Charles Loyseau, ibid., p.103.
[10] Charles Loyseau, ibid., p.103.
[11] Charles Loyseau, ibid., p.102.
[12] AD13, CM de Jean Delafont et de Jeanne Albaye, 16/01/1581, 393 E 7 f°71.
[13] Sans même citer ces derniers, il faut le concéder.
[14] Cette citation est issue des cahiers de doléances de sénéchaussées de Quimper et de Concarneau, citée par Alain Cabantous, Les citoyens du large, op. cit., p.75.
[15] Alain Cabantous, Les citoyens du large, ibid., p.41.
[16] Chapitre deuxième, troisième partie.

jeudi 3 janvier 2019

Projet Provence : les nouveautés de novembre et décembre 2018

Novembre a été pour votre dévoué serviteur le mois de la reprise un peu plus assidue des relevés généalogiques. Et les bénévoles, notamment pour les tables de mariages, continuent à fournir des relevés inédits à un rythme impressionnant !

Voici donc les relevés publiés ces deux derniers mois concernant la Provence (vous pouvez cliquer sur le nom de la commune pour avoir accès au relevé) ; il s'agit pour tous de relevés des tables de mariages :

Hautes-Alpes (05) :
-          Arvieux (1793-1932) : 743 mariages par Robert Savouillan
-          Briançon (1792-1802) : 329 mariages par Robert Savouillan
-          Briançon (1802-1932) : 3'674 mariages par Thomas Spinosa
-          Châteauroux-les-Alpes (1793-1932) : 1'806 mariages par Robert Savouillan
-          Embrun (1793-1932) : 2'943 mariages par Robert Savouillan
-          Eygliers (1793-1932) : 760 mariages par Robert Savouillan
-          Gap (1803-1882) : 4'192 mariages par Cyrille Courtois
-          Les Orres (1793-1932) : 936 mariages par Robert Savouillan
-          La Roche-de-Rame (1793-1932) : 654 mariages par Robert Savouillan
-          La Rochette (1792-1932) : 314 mariages par Robert Savouillan
-          Romette (1793-1932) : 464 mariages par Robert Savouillan
-          Saint-Chaffrey (1793-1932) : 1'354 mariages par Robert Savouillan
-          Saint-Martin-de-Queyrières (1793-1932) : 1'504 mariages par Robert Savouillan
-          Sigottier (1793-1932) : 297 mariages par Robert Savouillan
-          Ventavon (1793-1801) : 57 mariages par Guy Trupheme

Alpes-Maritimes (06) :
-          Cannes (1933-1938) : 1'842 mariages par Thomas Spinosa
-          Cannes– La Bocca (1933-1938) : 196 mariages par Thomas Spinosa
-          Coaraze (1905-1928) : 79 mariages par Bernard Gourbin
-          Colomars (1901-1929) : 95 mariages par Bernard Gourbin
-          Cuébris (1890-1929) : 58 mariages par Bernard Gourbin
-          Drap (1937-1940) : 24 mariages par Bernard Gourbin
-          Duranus (1903-1929) : 27 mariages par Bernard Gourbin
-          Entraunes (1903-1929) : 47 mariages par Bernard Gourbin
-          Falicon (1905-1929) : 76 mariages par Bernard Gourbin
-          Gilette (1891-1927) : 161 mariages par Bernard Gourbin
-          Ilonse (1901-1929) : 54 mariages par Bernard Gourbin
-          La Bollène-Vésubie (1901-1940) : 144 mariages par Bernard Gourbin
-          La Croix-sur-Roudoule (1900-1929) : 56 mariages par Bernard Gourbin
-          La Penne (1904-1929) : 46 mariages par Bernard Gourbin
-          La Roquette-sur-Var (1904-1929) : 49 mariages par Bernard Gourbin
-          La Turbie (1915-1940) : 241 mariages par Bernard Gourbin
-          Lantosque (1931-1940) : 114 mariages par Bernard Gourbin
-          Malaussène (1912-1929) : 36 mariages par Bernard Gourbin
-          Nice (1893-1902) : 6'946 mariages par Thomas Spinosa
-          Pierrefeu (1904-1929) : 25 mariages par Bernard Gourbin
-          Saint-Laurent-du-Var (1903-1917) : 182 mariages par Thomas Spinosa
-          Saint-Laurent-du-Var (1922-1941) : 528 mariages par Thomas Spinosa

Var (83) :
-          Ginasservis (1802-1922) : 698 mariages par « Ozonne »

Vaucluse (84) :
-          Ansouis (1893-1932) : 200 mariages par Thomas Spinosa
-          Aurel (1793-1912) : 609 mariages par Thomas Spinosa
-          Lagarde-Paréol (1793-1912) : 201 mariages par Philippe Roux
-          Orange (1883-1917) : 2'586 mariages par Philippe Roux
-          Rasteau (1793-1912) : 751 mariages par Bernard Gourbin
-          Richerenches (1792-1912) : 599 mariages par Bernard Gourbin

Ce qui nous fait un total 36'697 mariages ajoutés au Projet Provence.

Que va-t-il se passer en janvier ???
Je ne peux pas parler pour les autres, bien sûr. Chacun va à son rythme. De mon côté, concernant les tables de mariages, il y aura un travail sur deux départements :
- les Alpes-Maritimes : je vais effectuer les relevés complémentaires de Contes et d'Eze. Pour Contes (période 1890-1940) comme pour Eze (deux périodes : 1908-1929 et 1932-1940), ce sera des relevés incluant les mairies annexes. Contes a trois lieux avec des mariages (Contes même, Le Sclos et La Vernea) et Eze deux lieux (Village et Eze-sur-Mer). L'ensemble des "lieux" d'une même commune sera dans le même relevé avec une colonne pour les distinguer et faciliter vos recherches.
Ensuite, je travaillerai sur Nice pour la période 1903-1912. Ce dernier relevé me prendra beaucoup de temps, donc il n'est pas sûr que je travaille sur d'autres communes de ce département en janvier. A part... en parallèle à tout ça, les mariages à Roure. J'avais déjà dépouillé Roure, mais dans un autre format, que je mets sur Excel. A priori, toute la période 1800-1929 sera dépouillée avec les filiations des mariés, incluant le hameau de Valabres pour la période 1814-1860. Peu probable que ce soit pour janvier, mais c'est en cours.
- le Vaucluse : comme le département a mis en ligne de nouvelles tables décennales, j'ai des relevés complémentaires à faire pour les communes que j'avais dépouillées. Je ne sais pas combien je pourrai en faire en janvier. Disons que j'ai déjà entamé Apt (1893-1932) et que devrait suivre La Bastide-des-Jourdans (1792-1802 et 1893-1932).

Je reconstitue aussi, petit à petit, les familles de La Tour-d'Aigues (Vaucluse) pour le XIXe siècle que je mets en ligne sur l'arbre. Je fais la période 1793-an XIV pour l'instant. Les mariages seront traités d'ici la fin du mois et au moins une partie des naissances.

Enfin, j'irai peut-être faire un tour aux archives départementales pour numériser des registres pour le projet Familles Marseillaises : extraits mortuaires de soldats morts durant la République et l'Empire ainsi que quelques minutes notariales.

Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas.
Les pages pour le projet Tables de mariages :


On se retrouve très bientôt sur le blog pour de nouveaux articles !

mercredi 2 janvier 2019

Des projets généalogiques pour 2019

Y en a marre des bilans ! D'ailleurs, je vais en faire un...

C'est pas que je sois obligé, mais c'est amusant de voir ce que l'on n'a pas fait sur l'année et que l'on dit que l'on fera l'an prochain. Je sais pas si c'est votre cas, chers lecteurs, mais c'est le mien !

Chaque année, vers minuit cinq, sous la table, je promets que je vais faire mieux, plus et plus haut. Ca mange pas de pain et comme avec l'âge et l'expérience, on sait qu'on tient jamais les bonnes résolutions, j'ai décidé de mettre dans ce paquet-là tout ce que je ne comptais pas faire (arrêter de boire, de fumer, de... bref). Du coup, le reste, ce sont des "projets".

Regardons d'abord 2018. Ca a pas été une bonne année pour moi, gros problèmes de santé, beaucoup de boulot à côté... c'est pas le genre d'année que j'aime. Mais, y a eu deux-trois trucs généalogiques.

Le 30 décembre, Brigitte de Chroniques d'Antan a publié un bilan avec des statistiques. J'ai voulu faire pareil, puis après un Lexomil pour me remettre de mes émotions, je les partage avec vous (en fait, ce sont pas des stats, juste quelques chiffres, mais faisons comme si je faisais des calculs).
Sur mon arbre généalogique, j'ai ajouté au cours de l'année 203 individus dont seulement 18 ancêtres. C'est pas forcément peu.
Sauf que mon arbre contient 3'166 ancêtres connus et que mon arbre sur Roglo contient 7'376 ancêtres connus. Autrement dit, Roglo en sait plus que moi sur moi.

Tout cela est de la faute de votre serviteur. Je repousse sans cesse la mise dans mon arbre de certaines branches parce que j'ai la flemme de prendre les actes et de saisir des informations que, pour la plupart, je connais déjà. Comme cette branche de Thonnance-lès-Joinville, le village aux 1000 vignerons avec dispense de consanguinité au 3e degré. Ainsi que les ancêtres de La Tour-d'Aigues, puisque j'ai reconstitué ailleurs toutes les familles de ce bourg. Faut que je m'active.

L'année 2018, bien que chaotique, fut aussi celle de projets généalogiques. J'ai dû freiner brutalement, malheureusement, mais, j'en parlerai plus bas, y a de l'espoir.
Bref, en 2018, j'ai déposé 41 relevés sur Geneanet (du calme, adorables lecteurs, beaucoup sont de petits relevés complémentaires) pour un total de 42'512 actes dépouillés. J'ai également déposé sur Geneanet 14 registres numérisés par mes soins. C'est mon plus grand regret de l'année : n'avoir pas pu en faire plus avec les registres.

Quoi qu'il en soit, pour les projet Tables de mariages, les Hautes-Alpes (05) sont quasiment terminées grâce au travail sans faille d'un bénévole. Les Alpes-Maritimes (06) avancent à un rythme appréciable, mais il reste encore quelques gros morceaux à faire (traduction : "j'ai la flemme de dépouiller les mariages à Nice de 1903 à 1942, mais faudra que je le fasse"). Le Vaucluse (84) avancent tranquillement... pour l'instant ! car ce sera un des gros travaux de 2019, j'y reviens.

Du côté du projet Familles marseillaises, c'est difficile. Peu de monde peut numériser des documents nécessaires (manque de temps, impossibilité de se rendre sur place, manque de matériel). Les 14 registres ont été déposés en début d'année 2018 et concernent tous ce projet. Depuis, il se passe pas grand-chose. J'y reviens (décidément...).

Quant au blog, ça va, ça vient, comme d'habitude. Je tire pas spécialement de bilan sur l'année. J'ai aimé vous lire quand je le pouvais, sur vos blogs, sur les réseaux sociaux, ça a été un vrai plaisir. Autre plaisir, et pas des moindres : revoir Briqueloup. On a pu bien papoter et c'était très agréable.
Je ne suis pas du genre à aller sur des salons... je sais jamais quoi y faire, en fait. Je vais pas aller sur un stand demander une info. Si ? Ou alors, je vous stalkerai sur vos stands et dans les couloirs avec un trombinoscope sur mon téléphone.

Pour 2019, j'ai quelques idées, quelques envies et objectifs flous.

Déjà, je vais un peu faire ma propre généalogie. J'ai pu enfin trouver, après plusieurs années de recherches, un bouquin sur la famille Daulmery, publié en 1900 par un comte avec un patronyme plus long qu'un acte d'état-civil. Et ce livre contient notamment une belle ascendance jusqu'au temps jadis que je me dois d'étudier. Hormis cela, bosser un peu sur les branches évoquées plus haut serait pas mal aussi !

Concernant les projets, beaucoup de choses de prévues.
Reprendre les numérisations dans le cadre de Familles Marseillaises. Pour l'instant, je ne me fais pas trop ambitieux. Il me reste quatre volumes d'extraits mortuaires à numériser, ce qui sera ma priorité. Ce sont les extraits mortuaires des soldats originaires des Bouches-du-Rhône (13) décédés tant en France qu'à l'étranger de la Révolution à la fin du premier Empire. La première moitié est déjà en ligne.
Puis je numériserai trois registres d'actes notariés pour François Barby, afin qu'il puisse continuer à reconstituer les familles marseillaises.
Après, je ne sais pas encore ce que je ferai. J'ai numérisé des insinuations, mais leur succès sur Geneanet est pour l'instant assez limité ; du coup, je me concentrerai peut-être davantage sur les inventaires après-décès de la sénéchaussée de Marseille... et y a de quoi faire avec 114 registres... donc on verra !

Finir les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes pour le projet des Tables de mariages. Pour les Hautes-Alpes, j'y serai pas pour grand-chose. Je suis certes coordinateur pour la région, mais le dépouillement est quasi-totalement celui de Robert Savouillan, bénévole en or qui fait un travail fabuleux. Pour les Alpes-Maritimes, il y a pas mal de relevés complémentaires à faire, notamment pour le XXe siècle ; mais ça avance petit à petit. Comme annoncé plus haut, je travaille sur Nice. J'ai déjà relevé tous les mariages de 1865 à 1902 (la période précédente a été faite par les bénévoles de l'AGAM). Il reste 40 ans à dépouiller, soit au minimum 30'000 mariages. Sans parler de tous les autres relevés restants, certes beaucoup plus "petits" mais tout de même à faire. Mais j'ai bon espoir pour les Alpes-Maritimes !
Avancer le Vaucluse, toujours pour le projet des Tables de mariages. Le département a ajouté les tables de 1893 jusqu'à, suivant les communes, 1932. Donc je me concentrerai sur les communes que j'avais dépouillées en les complétant ! Ca représente une trentaine de communes, environ.

Reconstituer les familles de La Tour-d'Aigues (Vaucluse) pour tout le XIXe siècle. C'est déjà fait pour la période 1668-1790, manque "plus que" 1793-1912... Dépouiller et reconstituer, petit à petit ! Ce sera peut-être pas fini en 2019, mais je compte avancer.

Ca me paraît déjà beaucoup, donc je vais m'arrêter là dans les projets en cours pour l'année 2019. Je vous en parlerai de temps en temps, notamment lors des bilans du Projet Provence. D'ailleurs, demain, sur le blog, la liste des relevés effectués en novembre et décembre 2018 par les bénévoles !

Bonne année 2019 à toutes et à tous !

jeudi 13 décembre 2018

Généalogie 2.0 : Roglo

Dans cette nouvelle rubrique "Généalogie 2.0", je vais vous parler de sites internet qui peuvent intéresser le généalogiste, soit pour remonter dans le temps, soit pour en apprendre plus sur ses ancêtres.

Commençons cette rubrique avec la base Roglo.

Les généalogistes les plus affirmés connaissent cette base, au moins de nom. Mais qu'est-ce que c'est ?
Roglo a été fondé par Daniel de Rauglaudre, créateur du logiciel Geneweb (utilisé notamment par Geneanet, mais modifié depuis). Au départ, il s'agissait de son arbre généalogique et de celui de ses cousins. Au fur et à mesure, l'arbre s'est agrandi, le nombre de "magiciens" (ceux qui peuvent modifier la base) et d' "amis" (ceux qui peuvent voir les contemporains) a explosé. C'est ainsi devenu le plus grand arbre généalogique francophone avec plus de 7.5 millions d'individus.

La force de cet arbre/base est que tous les individus sont reliés entre eux. Autrement dit, impossible de créer une famille, il faut rattacher les individus à ceux déjà présents dans la base.
A l'heure actuelle, 259 magiciens oeuvrent à agrandir la base et à la consolider.

Roglo reste considéré à tort par beaucoup comme la "base du bottin mondain". La base a commencé avec l'aristocratie et les familles souveraines européennes mais s'agrandit sans cesse et n'a jamais été fermée à un "statut social" particulier.

Je ne peux pas vous dire quand j'ai découvert Roglo, ça devait être entre 2005 et 2008. J'y avais fait quelques tours puis j'ai commencé à envoyer des informations à un magicien (aujourd'hui décédé) en 2009, puis à d'autres. Etant sur la base, j'ai pu demander un code ami.

Pour être "ami" sur Roglo, il faut simplement y être et demander un code. Vous pouvez y être a priori ou vous rattacher. Il vous est demandé de remplir un formulaire et aussi de ne pas divulguer les informations contemporaines sur Internet.

Après être resté ami plusieurs années, je suis devenu "magicien" il y a deux ans. Mon "travail" sur la base, quoi que fortement ralenti en 2018 (comme toutes mes activités, malheureusement), est de reconstituer des villages. C'est du moins ce que je préfère faire, car je reste libre de faire d'autres choses sur Roglo.
Vous me connaissez, je ne suis pas un aristofan. J'ai des ancêtres nobles, je n'ai rien contre personne, mais c'est pas mon centre d'intérêts en généalogie. Je m'intéresse surtout aux strates intermédiaires (classes moyennes pour simplifier) : petits propriétaires terriens, artisans, bourgeois de petites communes.
Tout cela pour dire que Roglo aborde toutes les strates de la société, française, européenne et mondiale.

Il y a des erreurs sur la base, oui. Il y en a partout, certainement dans mes recherches aussi. Des magiciens travaillent à corriger les erreurs, soit via leurs propres recherches, soit via celles qui leur sont envoyées par des amis ou visiteurs. Et la base s'améliore de jour en jour tout en s'agrandissant.

Je ne ferai jamais ma généalogie seulement sur Roglo, je la fais sur mon logiciel en priorité (quand j'ai le temps, c'est-à-dire rarement). Ce qui m'intéresse dans Roglo c'est, outre d'y entrer des reconstitutions de communes (dans les limites de la règle de la parenté nécessaire pour y figurer), de relier les branches entre elles. Deux branches au même patronyme et je vais avoir envie de trouver le lien.

C'est une base qui me tient à coeur et que je vous conseille de visiter. Si vous ne trouvez rien pour l'instant, gardez en tête qu'elle existe si vous êtes un jour bloqué sur une branche. On sait jamais !