vendredi 8 février 2019

Le mariage comme ascenseur social

Préambule : L'article qui suit est la suite d'un travail universitaire dont j'avais publié le début sur le blog. Malgré tout l'article peut se lire indépendamment du reste. Il correspond au chapitre 2 (sur 3) de cette étude. Pour accélérer un peu la publication, demain (samedi) je publierai le chapitre 3 et dimanche la conclusion générale avec le lien vers l'intégralité du travail en PDF.
Les liens vers les précédentes parties :


Chapitre deuxième. L'exogamie comme mécanisme ascensionnel



« Ah ! Qu'une femme demoiselle est une étrange affaire,
et que mon mariage est une leçon bien parlante à
tous les paysans qui veulent s'élever au-dessus de leur
condition, et s'allier, comme j'ai fait,
à la maison d'un gentilhomme ! »
Georges Dandin, Molière




Tableau représentant la famille Monchicourt-Flory


Introduction

Comment se perpétuer ? Comment devenir une lignée ? Georges Augustins se posait cette question en titre de son ouvrage le plus célèbre. Ce chapitre se veut l’exploration d’une partie de ce questionnement : comment perpétuer une lignée et accéder à l’ascension sociale en même temps ? Une stratégie classique dans les familles du Nord, et nous verrons cela dans le détail, consistait à limiter les naissances par des mariages tardifs (ce qui est fréquent au XVIIIe et au XIXe siècles), mais aussi par une pratique large du célibat. Célibat des hommes, célibat des femmes, tout cela conduit généralement à un appauvrissement de la parentèle et à l’esseulement de ses membres jusqu’à une éventuelle extinction. Le phénomène d’extinction de certaines familles est connu de ces généalogistes qui ont nommé « familles-souches » ces ancêtres communs à des populations nombreuses. À Marseille, ce sont les Ricard et les Camoin. Mais quid des autres ? Ils ont échoué dans l’œuvre de perpétuation de la lignée.
Ce qui nous intéresse dans ce deuxième chapitre, c’est davantage la nécessaire exogamie et la mixité en général. Nous émettons, comme hypothèse de travail, que la mixité et l’exogamie sont les moyens de s’intégrer, de se perpétuer et de pratiquer l’ascension sociale. Pour cela, le rôle des femmes, particulièrement important, ne doit pas être négligé, comme l’ont montré des historiens parmi lesquels figurent Scarlett Beauvalet et Claire Chatelain. En effet, la femme apporte avec elle plus qu’une dot, elle vient avec sa parentèle, elle ajoute plusieurs maillons à un réseau. Parfois même, elle joue un rôle majeur et domine « généalogiquement » les alliances : ainsi les femmes Flory sont-elles le pivot de leur descendance. Et les mariages hypergames, c’est-à-dire lorsque la femme est plus riche que l’époux, sont encore monnaie courante au XIXe siècle comme nous le montrerons avec des études de cas. Cependant, parfois, l’épouse ne semble rien apporter. S’agirait-t-il d’un mariage d’amour ou d’une stratégie qui nous échappe ? Nous tenterons de répondre à toutes ces questions via trois axes. Tout d’abord, à travers la recherche du prestige d’une bonne alliance. Comment le déceler ? Puis nous nous intéresserons à l’hypergamie masculine. Quelles sont ses formes ? Plus encore, pour quelles raisons apparaît-elle ? Enfin, le cas du réseau sera abordé. En quoi une alliance exogame est-elle plus profitable au réseau qu’une alliance endogame ? Tous ces points, introduits ici, seront traités, nous l’espérons, de la manière la plus correcte possible. 

I. Le prestige d'une bonne alliance

Pour l'historien, il n'est pas évident de trouver, dans les archives, au cœur de documents formatés comme les minutes notariales ou les peu loquaces registres paroissiaux, des informations concernant le prestige d'une alliance. S'il est relativement aisé de percevoir l'exogamie par la reconstitution généalogique, comment entr'apercevoir le prestige ? Il faudrait être « au plus près du secret des cœurs » pour reprendre l'expression de Jean-Pierre Bardet et de François-Joseph Ruggiu[1]. Si nous avons exclu presque tout document du for privé de notre corpus, c'est aussi parce que, concernant ces familles, nous ne pûmes en trouver. Est-il possible de trouver trace du prestige ressenti sans ces écrits ? Nous pensons que c'est en effet possible, mais difficile et que cela dépend nettement de la chance de trouver un notaire ou un curé bavard, voire d'avoir accès à d'autres documents comme les annuaires du commerce dans notre cas.

              a. La prépondérance de la lignée cognatique dans la descendance.

Nous avons pu voir, dans le précédent chapitre, que les Patte, en lignée agnatique, sont négociants dans le domaine du linge sur trois générations. Cependant, à la quatrième génération descendante, celle d'Auguste Emmanuel (1831[2]-1904[3]), le négoce change de forme pour prendre celui du négoce de spiritueux[4]. Comment expliquer qu'une famille a priori bien implantée dans un négoce en change ? Comment les Patte en sont-ils arrivés à devenir négociants de spiritueux ?
Pour comprendre le changement d'orientation du négoce de cette famille du Nord, il faut tourner notre regard vers les personnes les plus souvent oubliées : les femmes. Bien que souvent redécouvertes, notamment dans les travaux majeurs de Scarlett Beauvalet et Claire Chatelain (cf. bibliographie), ces grandes oubliées dans l’étude des stratégies familiales sont pourtant au cœur de la parenté chez les Patte ; plus que des mères ou des épouses, elles sont la cause des alliances des descendants et elles influencent le négoce. Comment définir la parenté dans ce cas ? Eric Mension-Rigaud dans son livre Aristocrates et grands bourgeois évoque la réciprocité du lien familial : on se souvient d’un cousin, il se souvient de nous, voilà comment les enquêtés définissent ce qu’ils nomment eux-mêmes leur « clan ». L’auteur complète ainsi le souvenir généalogique chez Bourdieu. On pourrait alors définir une famille comme un ensemble de membres ayant conscience d’appartenir à cet ensemble. Cela revient à ce qu’écrivait Raymond Aron que nous évoquions dans l’introduction au premier chapitre : la classe « en soi », celle déterminée extérieurement, peut être très différente de la classe « pour soi » qui, elle, est déterminée par ses membres. La famille du généalogiste, de l’historien, n'est en rien un gage que les parties se considèrent comme de la même famille. Et nous le voyons avec l’enchevêtrement des alliances chez les Flory : par la consanguinité et donc l’endogamie familiale, c’est une famille qui a une bonne connaissance de ses membres et qui pratique la réciprocité de cette conscience « pour soi ».
Nous venons de dire qu'Auguste Emmanuel Patte, contrairement à ses aïeux, était marchand de spiritueux. Il faut en fait se concentrer du côté de sa mère pour comprendre le changement de direction de ses activités professionnelles. En effet, Auguste Emmanuel est le petit-fils, par sa mère, de Vincent Monchicourt. Ce dernier, marchand de toilettes en 1807[5] devint marchand de vins et d'eau-de-vie à Valenciennes dès avant 1827[6]. Vincent Monchicourt ne prend pas la suite de son père, censier[7]. Son beau-père, Jean Baptiste Joseph Régis Flory était également marchand, mais nous ignorons dans quel domaine[8]. Il est possible qu'il ait pris la suite du commerce de son beau-père. Ainsi le métier se serait transmis en lignée cognatique. Et cela semble original puisqu'il était alors de coutume de transmettre le métier de père en fils. Alors, comment expliquer ceci ? Il est possible que pour éviter de payer une dot trop élevée, les parents de l'épouse fasse faire un mariage hypergame avec un gendre moins aisé et, pour éviter un déclassement par la lignée cognatique, de contrôler et renforcer le pouvoir sur les filles en transmettant le commerce au gendre, en mariant des filles aux descendants en lignée cognatique. Ceci pourrait expliquer pourquoi le négoce semblait se transmettre de beau-père en gendre et non de père en fils.
Nous avons dit que le métier se transmettait de père en fils et nous en parlâmes dans le premier chapitre de ce mémoire. Cependant, il semble intéressant d'y revenir pour insister sur l'originalité de la structure nordiste. Michel Fourest, originaire de Grambois dans le Vaucluse, s'installe à La Tour d'Aigues et y épouse en 1680[9], Delphine Abel. Maréchal à forge, son épouse est également fille d'un maréchal à forge, Claude Abel. De la descendance du couple, nous retiendrons une fille, Anne, née en 1684[10], décédée en 1736[11] et Michel, né en 1687[12] et décédé en 1769[13]. Anne épouse en 1712[14] Jean Jouvent (1692[15]-1770[16]), dont nous ignorons le métier mais qui est le fils de Gaspard Jouvent (ca 1656-1727[17]) maître cordonnier. L'un des fils du couple, Damase (né en 1723[18]), est négociant boulanger. Autrement dit, le métier ne se transmet pas par la lignée cognatique. Notons aussi que la fille de Damase, Marguerite (née en 1749[19]) épouse en 1776[20] son cousin au quatrième degré Augustin Lombard (né en 1742[21]), maître chapelier. Il y a donc une forme d'endogamie familiale et d'exogamie de profession.
Ceci dit, regardons la lignée agnatique des Fourest avec le susdit Michel. Il exerça la profession de maréchal à forge. Ses deux fils survivants Joseph (né en 1717[22]) et Antoine (né en 1737[23]) exercèrent aussi ce métier. Quant à la seule fille survivante, Marie Anne Claire (née en 1722[24]), elle épousa son cousin au troisième degré, Barthélémy Mangaret, en 1744[25]. La reproduction sociale et familiale est à son sommet. Le fils aîné de Joseph Fourest, Michel (né en 1749[26]), fut aussi maréchal à forge. Autrement dit, le métier se transmet au moins sur quatre générations en lignée agnatique et, hormis le cas de Delphine Abel, fille d'un maréchal à forge[27], il y a une exogamie de profession systématique, ce qui ne veut pas dire une exogamie sociale, puisque, nous avons tenté de le montrer avec l'alliance du pêcheur et du ménager, deux professions différentes peuvent s'allier sans pour autant que l'on puisse affirmer qu'il y ait une ouverture sur l'autre, une forme de mixité. Nous pensons que cet exemple peut suffire à démontrer la transmission agnatique prégnante en Provence de la profession, cependant, nous nous devons d'insister pour que notre argument ait un certain poids. Restons dans la branche des maréchaux à forge avec la seconde famille concernée, les Garcin.
L'origine des Garcin nous plonge dans le pays aixois du XVIIe siècle puisque Marc Antoine Garcin (ca 1639-1717[28]) est originaire d'Éguilles. Il s'installe probablement dans les années 1675-1679 à La Tour-d'Aigues et y exerce la profession de maréchal à forge[29]. Après le décès de sa première épouse, Christine Albert, Marc Antoine Garcin se remarie, le 26/10/1682[30] avec Catherine Rougon (ca 1656-1731[31]). Nous ignorons la profession exacte de son père, tout au plus le trouve-t-on mentionné comme travailleur. Cependant, le mariage de Catherine semble être à l'avantage de la famille Rougon dont les deux autres filles, Honorade (ca 1649-1734[32]) et Louise (ca 1653-1725[33]) épousent respectivement un travailleur et un jardinier. Nous ignorons la profession du seul fils Rougon, Honoré (ca 1650-1725[34]) ainsi que de son fils aîné Joseph (1676[35]-1730[36]). Nous pouvons simplement noter que l'autre fils survivant, André (1692[37]-av.1761) est un simple travailleur dont le fils survivant, Pierre (né en 1738[38]) est paysan et la fille survivante, Jeanne (née en 1731[39]) épouse un travailleur en 1755[40]. Malgré tout, une ascension sociale se dessine du côté d'un des fils de Joseph, Jean Baptiste (1711[41]-1769[42]) puisque ce dernier est qualifié tour à tour de ménager et de négociant (avec toutes les précautions qu'il faut prendre lorsqu'est qualifié de négociant un habitant d'un bourg). Se mariant avantageusement en 1736[43] avec la petite-fille d'un ménager, Étienne Cavasse (ca 1661-1731[44]) et d'un marchand, Joseph Brun (ca 1658-1743[45]), il laissa une fille, Rose (née en 1743[46]) qui épousa un huissier royal et un fils Joseph (né en 1747[47]), également ménager, qui épousa[48] la fille d'un tisseur à toile originaire de Dauphin (04)[49] parmi les neuf enfants qu'eut sa femme. L'exogamie géographique s’atteste, mais, si nous avons insisté un instant sur cette branche, les Rougon, c'est pour montrer que Marc Antoine Garcin ne fit pas un mariage particulièrement avantageux en s'alliant avec les Rougon. Ceci dit, la forte parentèle de Rougon (trois frères et sœurs de l'épouse, 10 neveux et nièces qui survivent et se marient) peut montrer un désir d'intégration dans la communauté de ce bourg provençal. Loin, ceci dit, d'épouser la fille du maréchal à forge local, Marc Antoine Garcin a pour lui d'avoir déjà un héritier tout désigné, son fils aîné : Jean (ca 1674-1749[50]). Maréchal à forge, il se marie en 1698[51] avec Anne Lombard (1676[52]-1753[53]), la fille de Salomon II, ménager, et de Louise Martin. Si l'alliance de l'artisan et du propriétaire terrien peut surprendre il faut de nouveau se concentrer sur le fait que ce n'est pas la profession qui détermine le mariage mais le statut social, qu'il soit quantifiable (revenus, impôts), ou immatériel (prestige). Salomon II Lombard n'est pas un ménager comme les autres puisqu'il est propriétaire de La Bastide des Lombards, appelée aussi Bastide du Réal. Fils de l'argentier de la duchesse de Créquy, il a pour beaux-frères Jean Anselme, maître cordonnier, Antoine Mure, maître cordonnier, André Martin, maître apothicaire, Gaspard Jouvent, maître cordonnier et Jean Pierre Carbonel dont nous ignorons la profession mais qui fut le père, entre autres, de deux négociants, Pierre (1695[54]-1750[55]) et Joseph (1703[56]-1774[57]). Nous venons de le dire, Salomon II Lombard n'est pas un simple ménager et, en entrant dans la parentèle Lombard, Jean Garcin se trouve à sa « place ». Les deux enfants survivants du couple Garcin-Lombard sont Magdeleine et Jean Joseph. Magdeleine épouse en 1730[58] Honoré Bellon, de Rians (Var) puis un tailleur d'habits, Jean Escoffier, en 1736[59]. Le seul enfant survivant de ces deux unions, Elizabeth Escoffier (née en 1742[60]) épousa en 1768[61] Jean Joseph Bonnet, domestique du conseiller de La Tour-d'Aigues puis maître tailleur d'habits. Notons, succinctement, que la qualité de domestique ne présume pas d’une pauvreté à La Tour-d'Aigues puisque des domestiques, notamment du baron, quand ils sont des hommes, exercent ensuite une profession qui n'a rien de servile. C'est le cas pour Jean Joseph Bonnet. Enfin, le couple Garcin-Lombard a un fils, Jean Joseph, qui épousa Catherine Rome et qui exerça, comme son père et son grand-père la profession de maître maréchal à forge. Du couple Garcin-Rome, nous trouvons trois enfants qui se marient, deux filles qui épousent respectivement un aubergiste et un boulanger et un fils, Louis (né en 1744[62]) qui devint à son tour maréchal à forge. Pour la quatrième génération, le métier se transmet de père en fils tandis que les gendres sont presque systématiquement d'une autre profession. Mais, est-il envisageable, par la faible demande en maréchaux à forge (seulement deux lignées et aucun Tourrain esseulé qui exerça ce métier), que le savoir se transmit de père en fils pour le conserver dans la famille ? En d'autres termes, que ces exemples de transmission soient dus au contexte de ce bourg ? Cela est possible, mais cependant, les Lombard, sur trois générations, sont maçons de père en fils, ne s'allient pas avec des maçons et ne transmettent pas leur « situation » au gendre. Même chose pour les Jean Rocamus, menuisiers sur quatre générations (il y a bien un gendre menuisier, Honoré May (né en 1759[63]), fils de ménager, mais c'est probablement davantage sa situation d'avant mariage qui importait que la récupération d'un métier venu du beau-père, surtout que nous montrons que la tendance chez les Patte est principalement la transmission du métier au petit-fils par le grand-père maternel). Les exemples pourraient se multiplier pour chaque branche d'artisans.
A contrario, le métier se transmit en lignée cognatique chez les Patte. Plus que le métier même, c'est la lignée cognatique qui domine dans les relations matrimoniales. C'est ce que nous allons tenter de démontrer et d'expliquer.
Si nous revenons sur la famille Patte, l'on remarque, de par la filiation professionnelle, qu'elle nous mène en lignée cognatique du côté des Flory. Nous remarquons alors que les Flory dominent professionnellement mais aussi matrimonialement avec une endogamie forte. En effet, nous avons choisi les familles de censiers/négociants du Nord car l'endogamie y est particulièrement forte, notamment l'endogamie familiale et nous montrerons un cas extrême avec les Douay. En présentant cette endogamie familiale, consanguine, nous souhaitons ensuite la mettre de côté pour nous concentrer sur l'alliance à l'extérieur de la famille voire à l'extérieur du groupe social. L'exogamie géographique, de son côté, est tout à fait banale puisque par définition, les notables sont peu nombreux (encore plus dans les familles de censiers qui gèrent de vastes terres seigneuriales ou ecclésiastiques[64]) et ont tendance à chercher l'épouse ou l'époux à l'extérieur des bornes que nous avons délimitées en introduction[65].
Pour conserver le prestige, la famille Flory, nous l'avons dit, multiplia les alliances consanguines. Pour montrer cela, nous allons partir de Jean Baptiste Joseph Régis Flory (1726[66]-1807[67]) et de son épouse Jeanne Catherine Proost (1733[68]-1774[69]) et de leurs quatorze enfants. Sur les quatorze enfants connus de ce couple, nous avons pu en retenir dix qui ont vécu jusqu'à leur majorité (le destin des quatre autres nous est inconnu). Sur les dix, il y a deux filles non identifiées[70] et célibataires[71]. Il reste donc :
- Marie Philippe Joseph (1754[72]-an XIII[73])
- Pierre Joseph Melchior (1757[74]-1841[75])
- Marie Thérèse Joseph (1759[76]-1843[77])
- André François Valentin (1760[78]-1841[79])
- Jeanne Cécile Rosalie (née en 1762[80])
- Alexandre Louis Joseph (né en 1763[81])
- Alexandrine Elizabeth (née en 1764[82])
- Antoinette Barbe Louise (1767[83]-1832[84])
- Philippine Caroline (1770[85]-1830[86])

Le premier mariage consanguin chez les Flory se produisit presque immédiatement, entre cousins germains, à savoir entre Valentin Désiré Monchicourt et Caroline Fanie Jacquemart.


Lien de parenté entre Valentin Monchicourt et Caroline Jacquemart

Valentin Désiré Monchicourt (né en 1809[87]) épousa donc sa cousine au deuxième degré canonique Caroline Fanie Jacquemart (née en 1806[88]) en 1836[89]. Négociant en plumes métalliques, possédant une usine qui fut brûlée sous la Commune de 1871[90], il s'installa donc à Paris et y eut deux fils : Félix Valentin (né en 1837[91]) et Albert Vincent (né en 1841[92]). Félix Valentin travailla dans l'usine de son père jusqu'à la Commune[93], puis il est cité en 1898 comme courtier en charbons[94] ; son mariage avec Zoé Caroline Féret en 1865 est endogame socialement puisque le père de l'épouse, Jean Baptiste, est fabricant de broches[95]. Cependant, le frère cadet de Félix Valentin, Albert Vincent Monchicourt, épousa en 1873[96] une institutrice fille de père inconnu… Cela s'apparente, selon toute vraisemblance, à un mariage exogame puisque l'époux, outre le fait d'être négociant papetier[97], s'installa après son mariage au 72, rue Faubourg-Saint-Honoré (Paris VIIIe)[98]. Le second fils du couple, Henri Monchicourt, fit un mariage purement endogame puisqu'il épousa en 1906[99] sa cousine Valentine Marie Rosalie Prat (1886[100]-1978[101]).

Lien de parenté entre Henri Monchicourt et Valentine Prat

Ceci ne montre cependant que le lien le plus proche, à savoir par le couple Monchicourt-Flory. Il faut ajouter à cela le fait que Valentine Prat, l'épouse, descend de deux sœurs Flory par le mariage d'Auguste Emmanuel Patte et de Élise Marie Alexandrine Yernaut.

Lien de parenté entre les époux Auguste Emmanuel Patte et Élise Marie Alexandrine Yernaut

Hormis l'union exogame citée plus haut, il est difficile d'établir que les descendants Flory pratiquèrent l'exogamie ; au contraire, adeptes de l'endogamie sociale et familiale, ils pourraient être l'archétype de la reproduction sociale.
Si nous constatons la domination de la branche féminine, la branche Flory, dans la structuration familiale jusqu'au début du XXe siècle, une question nous vient naturellement : pourquoi cette branche plutôt qu'une autre ? Pourquoi est-ce la branche des femmes qui domine dans une société patriarcale ?
Il nous faut, dans un premier temps, discerner entre la domination dans la reproduction familiale (endogamique) et la domination au sein du ménage. Si nous ne possédons pas de témoignages des femmes Flory pour évaluer l'étendue de leur pouvoir, nous pouvons cependant examiner le pourquoi de cette endogamie familiale en nous arrêtant sur le prestige social de cette branche relativement aux autres.
Dans le précédent chapitre ainsi que dans celui-ci, nous avons pu introduire les Patte et les Monchicourt, et, force est de constater qu'ils ne sont pas dans une strate sociale basse, loin de là. Négociants, sur plusieurs générations pour les Patte, et en homme nouveau pour Vincent Monchicourt, rien ne semble les distinguer a priori des Flory. Sauf qu'il semblerait bien qu'un prestige important auréolât les Flory dès Jean Baptiste Joseph Régis et son épouse Jeanne Catherine Proost. Il nous semble donc nécessaire de nous arrêter quelque peu sur ce couple pour prendre la mesure de la domination symbolique exercée par cette branche.
Ascendance de Renée Monchicourt avec les implexes du côté Flory

De Jean Baptiste Joseph Régis Flory nous en savons beaucoup, de ses origines, bien moins. Baptisé le 03/06/1726[102] à Valenciennes, sur la paroisse Saint-Géry, il est le fils de Philippe Joseph et de Claire Thérèse Vanas. Visiblement fils aîné[103] et peut-être fils unique[104], il reçut pour parrain et marraine ses oncle et tante. Nous ignorons la profession de son père, ainsi que celle de son grand-père Jean. Tout juste sommes-nous certain que Jean Baptiste Joseph Régis eut un oncle curé, prénommé également Jean, qui fut son parrain et qui célébra son mariage avec Jeanne Catherine Proost[105]. Curé de Sebourg en 1726[106], exécuteur testamentaire du curé de Prouvy en 1727[107], il fut surtout curé de Thiant, village où vécurent les Patte qu'il baptisa[108]. La présence dans la proche parentèle de Jean Baptiste Joseph Régis d'un curé montre une certaine aisance et un certain prestige mais rien qui ne laisse présager une si forte prégnance de sa descendance dans l'établissement de stratégies matrimoniales. L'épouse de Philippe Joseph Flory, Claire Thérèse Vanas est fille d'un maître sculpteur, Thomas[109]. La famille semble bien implantée et liée à la petite bourgeoisie. Cela change à la génération suivante avec le mariage Flory-Proost. Jeanne Catherine Proost, née à Bruxelles, est fille de Jean Balthazar et de Jeanne Louise Mahieu. Jean Balthazar Proost est né en 1695 aux Pays-Bas[110] et est issu, très certainement, des branches Proost nobles admises dans l'un des sept lignages de Bruxelles[111].
Jeanne Catherine Proost a eu une sœur, Pétronille Joseph, qui fut badarienne, c'est-à-dire qu'elle suivit en exemple la vie de Françoise Badart, jeune fille pieuse qui, tout en restant laïque, vécut dans le célibat et enseigna la dentelle à de jeunes filles pauvres. Un mouvement qui visiblement connut un certain essor au XVIIIe siècle à Valenciennes avec le davantage célèbre béguinage dont l'une des filles Flory en fut. Hormis cette sœur, Jeanne Catherine Proost eut un frère, Jean Balthazar, bailli et receveur de la terre et du marquisat de Forest en 1762[112] et greffier en la cour du parlement de Flandres en 1770[113]. Leur fils, Balthazar Proost, également greffier, fut guillotiné par les révolutionnaires après un premier acquittement. Voici ce qu'en dit alors l'un des jurés :
« L'infâme et scélérat Proost vient de tomber sous le glaive de la loi. Sa défense a été des plus astucieuses ; mais il n'en imposa pas à un jury révolutionnaire déjà convaincu de sa scélératesse[114]… »
La famille Proost semble donc d’ancienne extraction et domine socialement jusqu’aux Flory et à Jean Baptiste Joseph Régis, l’homme nouveau. Celle-ci se confirme par les liens de parrainage avec les familles Le Hardy et de Valicourt elles-mêmes alliées par des liens matrimoniaux[115]. Sous la protection des seigneurs locaux, Jean Baptiste Joseph Régis Flory obtint d'être bailli du comté de Thiant[116] où exerçait son oncle curé et obtint ses lettres de bourgeoisie à Valenciennes[117].
On remarque ainsi la position prépondérante de Jean Baptiste Joseph Régis Flory vis-à-vis de ses nombreux gendres qui sont respectivement marchand tanneur, marchand teinturier, huissier, marchand de toilettes et vétérinaire. Le milieu est celui du négoce, à quelques exceptions près : celle du vétérinaire ou de l'huissier qui exerce une profession dans le milieu de la justice comme Jean Baptiste Joseph Régis Flory ou ses cousins par alliance, les Proost et comme le fera l'un de ses gendres, François Joseph Picavez, qui passe de marchand teinturier à commissaire de police à Lille.
Autre fait qui laisse apparaître un certain prestige de la famille Flory : l'âge auquel se marient les filles. Elles sont toutes (sauf une[118]) plus âgées que leur époux ce qui, au XXe siècle, serait déjà déconcertant, mais qui l'est encore plus au début du XIXe siècle. Jeanne Cécile Rosalie Flory, veuve, se remarie avec le marchand teinturier, François Joseph Picavez. Elle est née en 1762[119], il est né en 1765[120]. Trois ans et quelques mois les séparent. Philippine Caroline Flory, née en 1770[121], épouse Jean François Hubert Jacquemart, né entre 1774 et 1775[122]. Plus encore, Antoinette Barbe Louis Flory, née en 1767[123] épouse Vincent Joseph Monchicourt, de loin son cadet, puisque né en 1773[124]. La prépondérance des femmes semble être au cœur du mariage des filles Flory, elles ont le pouvoir de prendre un époux plus jeune qu'elles car elles sont socialement supérieures. S'il n'y a pas d'exogamie flagrante, il y a quand même visiblement une asymétrie sociale dans cette forme de mariage hypergame.
Avant de passer au cas archétypal voire extrême de la famille Douay, insistons sur le fait qu'il semblerait bien que l'on pût trouver le prestige du moins social et familial grâce à de simples reconstitutions de familles à partir des registres paroissiaux, d'état-civil et notariés. Nous pouvons conclure par ces multiples exemples, autant de cas particuliers, d'exceptionnel normal, que le prestige d'une famille ne dépend pas exclusivement de l'homme mais peut se transmettre aussi par les femmes et qu'elles jouaient un rôle primordial voire incontournable dans la stratégie familiale d'ascension. L'homme nouveau Jean Baptiste Joseph Régis Flory ou encore Vincent Monchicourt (fils de censier, il devient négociant, il accomplit donc le « rêve » des censiers[125]) sont admis et leur parentèle propre semble s'effacer au profit de la famille dominante, ici la famille Flory. Si le métier se transmettait traditionnellement de père en fils, il pouvait aussi passer par la lignée cognatique où la femme aurait alors le rôle de transmetteur du passé familial au détriment de la lignée paternelle, peut-être jugée pas assez prestigieuse. L'exogamie sous sa forme la plus faible est une hypergamie que nous pourrions qualifier de légère : deux personnes d'un milieu proche s'unissent moins par la situation professionnelle de l'époux au moment du mariage, moins par une situation professionnelle symétrique des beaux-parents, que par l'espoir fondé dans le gendre, dans l'époux, dans l'homme en pleine ascension. Si nous ne devions citer qu'un exemple, il serait récent et concernerait le cas de Léon Prat (1851[126]-1934[127]) époux de Mathilde Louise Patte (1859[128]-1939[129]), fille d'Auguste Emmanuel et d'Élise Marie Alexandrine Yernaut. Léon Prat, à son mariage en 1883[130] est lieutenant au 127e régiment de ligne. Il est le fils de Joseph Bertrand Prat… fabricant de chaussures[131], probablement pour l'arsenal de Lorient[132]. Ce n'est donc certainement pas par rapport à la profession du beau-père que le mariage se fit mais par rapport à l'espoir fondé en cet homme nouveau, en ce jeune lieutenant qui avait déjà participé aux campagnes contre la Prusse et à la campagne contre les Communards[133]. Il finit d'ailleurs sa carrière comme lieutenant-colonel[134]. Nous pensons pouvoir dire que les sociétés de l'ancienne France ne niaient pas l'ascension sociale et, plus encore, pouvaient miser sur une ascension en cours. Il y avait prise de risque pour le statut social de la famille élargie, pour son prestige.
D'autres familles ne s'embarrassaient pas, il est vrai, du risque de s'ouvrir à d'autres. Si nous avons cité le resserrement des Flory, il existe une autre famille, issue toujours des censiers du Nord, qui pratiqua l'endogamie à un très haut degré : il s'agit des Douay.

Les Douay sont liés aux Patte par de très nombreuses branches aussi variées qu'insolites. Par insolites nous entendons le fait que nous retrouvons dans la parentèle proche des Douay des cousins très éloignés des Patte avec qui ils n'avaient, visiblement, plus aucun contact. Essayons de procéder par ordre, quand bien même la consanguinité si importante des Douay rend illusoire toute tentative, à l'écrit, de faire saisir exactement le degré d'endogamie. Jeanne Cécile Flory, fille de Jean Baptiste Joseph Régis, épouse en 1795[135] à Lille le marchand teinturier François Joseph Picavez. De ce couple naquit (entre autres) Cornélie Zélie Picavez (1798[136]-1837[137]) qui épouse en 1827[138] le capitaine d'artillerie Augustin Amand Joseph Yernaut (né en 1780[139]). L'une de leurs filles, Élise Marie Alexandrine Yernaut épouse son cousin par les Flory, Auguste Emmanuel Patte, en 1853[140]. Augustin Amand Joseph Yernaut est fils d'un bourgeois de Landrecies, Dominique Joseph Yernaut (1745[141]-1826[142]) lui-même fils de Jean Yernaut et de son épouse Marie Anne Françoise Levecq (baptisée en 1709[143]) mariés en 1734[144]. Elle est fille de Louis Levecq et de Jeanne Marie Douay que nous retrouvons sur l'arbre de la famille Douay (page suivante).
Tableau d'ascendance d'Ildephonse Douay avec les implexes Levecq et Douay

 Marie Anne Françoise a au moins deux frères et une sœur :
- Adrien François, censier, épouse en 1735[145] Marie Joseph Vallez, fille de Godefroy, lui-même frère[146] de Marie Vallez (épouse de Simon Hiolle), ancêtres de Vincent Monchicourt par le mariage par contrat de 1733[147] entre Jean François Monchicourt, censier et mayeur de Marly et Marie Marguerite Hautecoeur[148]. Plus encore, Marie Joseph Vallez a pour mère Marie Ursule Dehaynin, cousine des Hiolle[149] et vraisemblablement cousine[150] aussi d'André Benoît Joseph Marie Dehaynin, marchand tanneur, qui épouse à Cambrai en 1761[151], Aubertine Alexis Leroux cousine germaine[152] de François Joseph Picavez, l'époux de Jeanne Cécile Rosalie Flory…
- Jean François Levecq, censier, qui épouse en 1726[153] Marie Joseph Monchicourt, qui n'est autre que la sœur de Jean François[154] et donc la grand-tante de Vincent Joseph Monchicourt, l'époux d'Antoinette Barbe Louise Flory.
- Marie Joseph Levecq qui épouse en 1738[155] le fermier (ou censier) Jacques André Douay avec une dispense de consanguinité du 3 au 3.

Adrien François Levecq, de son mariage avec Marie Joseph Vallez, eut un fils Augustin Joseph, qui épousa sa cousine germaine Elizabeth Levecq, fille des susmentionnés Jean François Levecq et Marie Joseph Monchicourt en 1760[156]. Soit une dispense de consanguinité du 2 au 2. La fille des cousins germains Levecq, Amélie Aimée Victoire, épouse en 1797[157] son cousin Casimir Douay. En effet, Casimir Douay est fils de Anne Marie Joseph Douay, elle-même la fille de Marie Joseph Levecq. Ils sont donc cousins du 3 au 3 du côté Levecq. Mais, la mère de Casimir a épousé son cousin Jacques François Douay (en 1762[158]). Le curé note sur leur acte de mariage qu'ils ont une dispense de consanguinité au 3e degré de trois côtés et au 4e degré de deux côtés…
Casimir Douay a eu un frère, Placide Joseph Douay qui épouse Aimée Joseph Dubois en 1795[159]. Le fils de Placide Joseph Douay, Ildephonse Joseph, épouse[160] Rosalie Joseph Douay, la fille de son frère Casimir. Les époux sont donc cousins germains, c'est-à-dire qu'il leur a fallu une dispense de consanguinité du 2 au 2… entre autres.

En conclusion, la famille Douay a une pratique soutenue de l'endogamie familiale, sociale et même géographique. Il serait intéressant de placer dans le contexte de Croix-Caluyau et de Vertain les stratégies familiales des Douay pour voir si elles répondent à une logique de maintien au pouvoir ou de sauvegarde d'un patrimoine en péril. Quoiqu'il en soit, ce cas d'endogamie n'exclut pas de fait l'exogamie et encore moins la mixité, c'est-à-dire les pratiques sociales avec des personnes d'horizons autres. Nous avons vu que malgré une forte consanguinité chez les Flory, il y a l'ouverture à l'homme nouveau, celui qui porte en lui l'espoir d'une ascension plus qu'un repli sur une valeur sûre. Nous avons pu démontrer dans cette première partie, quant au prestige, qu'on peut le trouver ailleurs que dans les documents du for privé, et que, même dans l'apparente normativité des actes paroissiaux et notariés, ce prestige pouvait être mis en évidence par une étude exhaustive variant l'échelle micro (un cas particulier) et l'échelle macro (de nombreux cas). Soit qu'on le maintînt, soit qu'on le construisît, le prestige était une conception importante, tant pour le maréchal à forge de La Tour-d'Aigues, avide de se maintenir et de placer ses enfants, que pour le bourgeois de Valenciennes, tout aussi avide de se maintenir et tout aussi soucieux de placer ses enfants. La quête du prestige semblait passer nécessairement par une exogamie. Si la famille Douay a pratiqué l'endogamie, c'est, semble-t-il, une mesure de repli — si l'on replace cette stratégie dans le contexte agricole et commerçant du XIXe siècle où l'ancien censier perdait du pouvoir s'il ne quittait pas son village et s'il n'achevait pas son parcours dans le négoce urbain.
Nous pouvons apercevoir une autre stratégie d'ascension sociale révélée par une étude conduite sur plusieurs années des registres paroissiaux et de l'état-civil du Nord : la prise par l'époux du patronyme de l'épouse. En signant de son nom avec, accolé, celui de son épouse, il semble accepter que le prestige passe par une ouverture à un Autre, à la fois différent, inquiétant et indispensable, un Autre qui devient le pivot de la famille : la Femme.

              b. Le double-nom ou l'association du matronyme au patronyme

Il est assez aisé de constater la prégnance du double-nom chez les familles bourgeoises du Nord et nous pourrions consacrer un long développement sur ces familles. Cependant, outre que nous avons déjà abordé les Monchicourt, les Patte et que les autres familles présentant ce cas (les Daulmery par exemple) sont apparentées aux Patte, nous ne souhaitons pas nous limiter à un constat. Bien qu'il faille constater dans un premier temps cette originalité qui semble être limitée au Nord, nous souhaitons ici insister sur la dimension symbolique de ce nom et ce qui suit sera davantage une réflexion sur le prestige apporté par la femme, signe certain d'une mixité et qui éloignera, nous l'espérons, la vision d'une femme entièrement soumise à son père puis à son époux, une femme qui ne serait que le ventre d'où sortirait l'enfant et le sein qui nourrirait ce dernier.

Pour constater la présence du double-nom, nous nous bornerons dans un premier temps à une suite d'images représentant des signatures ; nous révélerons l'identité de l'homme qui signe. Puis, par une mise en contexte familiale, nous nous plongerons dans un essai de réflexion qui s'appuiera aussi sur les annuaires du commerce et donc, par extension, sur le travail qui a été fait dans la sous-partie précédente.

Au fil de nos recherches, nous avons créé une base de données recensant environ 2 500 signatures différentes qui servent le plus souvent à illustrer un individu dont nous ne possédons ni portrait, ni photographie.

Signature d'Emmanuel Joseph Patte époux Daulmery

Signature d'Emmanuel Louis Patte époux Caudmont

Signature d'Auguste Emmanuel Patte époux Yernaut

Signature d'Auguste Philippe Patte époux Monchicourt

Signature de Vincent Joseph Monchicourt époux Flory

Cette pratique semble avoir été le fait exclusif de la bourgeoisie valenciennoise (probablement franc-maçonne) de la deuxième partie du XVIIIe siècle à la moitié du XIXe siècle. Avant cela, aucune trace d'un double-nom dans les signatures ; après cela, avec l'apparition du livret de famille, disparition complète du double-nom.
Il faut cependant insister sur un point : le double-nom ne se transmet pas, il est simplement le marqueur d'une alliance matrimoniale entre un homme et une femme et leur enfant ne prend que le nom du père, le patronyme.

Nous avons vu précédemment que le métier qui, d'habitude, se transmet de père en fils, passe du beau-père au gendre. Nous avons pu établir la généalogie professionnelle des Patte par les Monchicourt et les Flory. Il n'est donc guère étonnant de retrouver ici Vincent Joseph, l'homme nouveau, époux d'Antoinette Barbe Louise Flory, qui tous deux figurent dans un imposant tableau représenté en début de chapitre. Leur fille Adélaïde transmet à son époux son nom et il signe donc « Patte-Monchicourt ». Leur fils signe, après son mariage, « Patte-Yernaut » du nom de son épouse et cousine.

Mais pourquoi ces familles ont-elles ressenti le besoin d'accoler à leur nom le nom de leur femme ? La société de l'ancienne France, patriarcale, ignorait cette habitude. Alors, pourquoi ?
En l'absence d'un écrit qui répondrait directement à la question, nous ne pouvons que conjecturer à partir de tous les développements faits dans ce deuxième chapitre. Il semblerait bien qu'il y eût eu des mariages hypergames, et nous parlerons du cas opposé, où l'époux est plus riche que l'épouse. Loin d'être une mésalliance — et nous insisterons là-dessus plus loin — le mariage hypergame est un moyen de miser sur un individu en espérant qu'il aille où la belle-famille le souhaite.
Le mariage étant alors asymétrique, ceci expliquerait que l'époux, pour montrer son importance dans la société se présentât sous son nom (le moins connu) et sous celui de son épouse (le plus connu). La femme est donc plus qu'une dot, elle est un prestige vivant, elle assure au mari une élévation sociale par la seule union matrimoniale. La femme devient le pivot de la famille, le gage de confiance d'une famille en une autre (ou en un homme en particulier). La femme aurait donc, dans l'absolu, du pouvoir en tant qu'individu, choisissant de se marier ou non (elle peut entrer au béguinage ou devenir badarienne) et en général, elle semble plus âgée que l'époux de quelques années. Loin de l'image de la jeune vierge mineure que l'on marie à un veuf, la femme de la bourgeoisie, non seulement pratique (également sous la contrainte paternelle et fraternelle, il faut le dire) la limitation des naissances par un âge au mariage élevé, mais, de plus, elle transmet le prestige. Ainsi, des témoignages nous révèlent-t-ils que les enfants du couple Prat-Patte ont davantage côtoyé leurs cousins maternels que paternels. Pourquoi ? Non pas à partir d'une préférence mais parce que Léon Prat a fait un bon mariage en tant qu'homme nouveau avec Mathilde Louis Patte, issue des Patte, des Monchicourt, des Flory, des Daulmery, etc. Léon Prat est fils d'un cordonnier et même si ses sœurs ont fait d'excellents mariages, la parentèle bourgeoise est limitée. En effet, Bertrand Joseph Prat, cordonnier de Lorient est né à… Pamiers, en Ariège. Il avait quitté sa contrée natale avec son frère mais celui-ci sombra lentement avec sa descendance dans le petit artisanat voire dans l'indigence. Il allait de soi que la discrimination chez les bourgeois entre ceux qui en sont et les autres était forte et l'est toujours, par ailleurs.
On découvre aussi malgré l'absence d'une signature l'attestant, l'utilisation du double-nom chez Dominique Joseph Daulmery (décédé en 1829[161]) négociant en orfèvrerie de Valenciennes. Veuf de Marie Joseph Berlemont, il se remarie avec Marie Clotilde Rhoné d'une grande famille du Nord. Par ailleurs, le frère de Marie Clotilde Rhoné, Nicolas Marie Joseph Rhoné est le père d'Evrard Joseph Charlemagne Rhoné dont l'épouse Sophie Éléonore Mathieu de Quenvignies est une cousine par sa grand-mère maternelle, Marie Joseph Sophie Serret, de Marie Anne Louise Joseph Serret, l'épouse de Jacques Joseph Charles Patte.
Chez Dominique Joseph Daulmery, ce sont les livres parus au XIXe siècle qui nous apprennent que cet usage du double-nom n'est pas réservé aux signatures, mais se rencontre fréquemment dans la titulature de l'individu. On retrouve ainsi Dominique Joseph Daulmery, par exemple, comme souscripteur du tome XXIV du Dictionnaire d'Histoire Naturelle appliqué aux Arts en 1804. Il est inscrit comme « Daulmery-Rhoné, négociant, à Valenciennes[162]. »
Tableau où figure, derrière l'homme qui tient l'enfant, Dominique Joseph Daulmery.

             
  II. L'hypergamie masculine : quand l'époux est plus riche que l'épouse.

L'hypergamie féminine est bien connue des historiens, notamment concernant la période antérieure à la nôtre, à savoir le Moyen-âge. Dans la haute-noblesse, il n'était pas rare de marier une fille fort bien dotée à un homme moins aisé. La situation, dans la noblesse, a été plutôt à un repliement sur la fin de l'époque moderne, puis à une crispation postrévolutionnaire qui dura tout le XIXe siècle et qui se caractérise encore au XXe siècle par des mariages entre égaux[163] sur le plan social, du moins avec un mécanisme de la distinction se basant davantage sur la naissance chez les nobles que sur des caractéristiques culturelles, intellectuelles ou pécuniaires, bien qu'il faille être conscient que, souvent, ces caractéristiques se croisent.
Cependant, pour notre époque d'observation, nous avons pu noter des cas où l'époux est plus riche que le père de l'épouse et où le mariage est difficilement explicable tant il semble y avoir un fossé entre les deux. C'est le cas à Cambrai, dans une famille bourgeoise et à La Tour d'Aigues avec Salomon I Lombard qui se maria à une catholique sans dot. C’est par cette alternance entre Provence et Hainaut, entre deux régions opposées géographiquement mais aussi en apparence culturellement (comme nous l’avons montré dans l’introduction), que nous tentons de montrer au lecteur la permanence de stratégies matrimoniales endogames et exogames.

a. Cambrai ou l'ascension bourgeoise

Claude François Picavez est né vers 1688 à Floursies, dans le Nord. Il quitte son petit village pour rejoindre Cousolre où il se marie en 1711[164] à Marie Marguerite Berteau.



Exerçant la profession de laboureur, Claude François Picavez ne semble pas avoir quitté son village, ou bien temporairement, et y décède en 1758[165]. Du couple Picavez-Berteau naquirent de nombreux enfants dont la plupart atteignit l'âge adulte. Mais seul l'aîné des garçons resta à Cousolre, et reprit la terre familiale. Le reste de la fratrie quitta le petit village de Cousolre pour rejoindre la grande ville : Cambrai. Les conditions du départ sont mystérieuses, mais il se fit avant 1735, lorsque la jeune Marie Alexia Aldegonde Picavez, âgée de vingt ans, se marie à Cambrai, le 22/11/1735[166]. Elle y est alors domiciliée. Qu'est-ce qui peut expliquer qu'une jeune fille de vingt ans vive à Cambrai, très loin de sa famille, dans la première moitié du XVIIIe siècle ? Était-elle domestique ? A-t-elle suivi un frère en apprentissage ? Les archives consultées sont muettes à ce sujet, mais, nous ne désespérons pas de trouver un jour une réponse à ces questions.
Quoi qu'il en soit, elle ne fut pas seule sur Cambrai puisque toute la fratrie Picavez s'y retrouva et un mariage étonnant eut lieu deux ans plus tard[167] : celui de sa sœur aînée, Marie Anne Picavez avec celui qui sera qualifié dans divers actes de marchand de vin[168], marguillier[169], bourgeois de Cambrai[170] et garde-magasin des vivres de Cambrai[171] : Jacques Joseph Leroux. Là encore, les sources sont muettes quant à la raison de ce mariage. Comment la fille d'un laboureur analphabète[172] de Cousolre parvient-elle à épouser un bourgeois de Cambrai ? Nous n'avons pas, à ce jour, trouvé le contrat de mariage, mais étant donné la situation de l'époux, il dut y en avoir un.
Un début d'explication pourrait se lire dans l'écart d'âge des époux : quatorze ans séparent Jacques Joseph Leroux, déjà veuf avec enfants, de Marie Anne Picavez. Mais même si l'épouse est bien plus jeune, le mari aurait pu trouver une épouse de meilleure condition. Cependant, il semble qu'il y ait eu plus de libéralités dans la société d'Ancien Régime concernant les remariages de veuf avec enfants (donc héritiers). En 1696[173] est passé devant notaire, le contrat de mariage de Jean Flory et de Jeanne Corbeau. L'époux, maître cordonnier valenciennois, est veuf et a six enfants de son premier mariage dont trois fils et il épouse… une servante qui a pour témoin son maître, Daniel Bayart. Un maître cordonnier dont les mambours des enfants mineurs sont son beau-frère Jean Pietre, curé, et son neveu Jean Flory, marchand tanneur, qui épouse une servante : voilà une exogamie étonnante qui ne peut s'expliquer que parce que la pression sociale explose suite à la présence d'héritiers légitimes d'un premier mariage. Ainsi, le second mariage serait libre. Les parents sont visiblement décédés et en tant que chef de la cellule familiale, Jean Flory est libéré et peut épouser la personne de son choix. Si la sociologie bourdieusienne indique que la tendance est à « épouser au plus proche[174] », on note, au moins dans ces deux cas du Nord, une certaine libéralité dans les unions matrimoniales secondaires. Par ailleurs, Jean Flory est l'arrière-grand-père de Jean Baptiste Joseph Régis Flory, que nous avons étudié plus haut. Le prestige de la famille est maintenu malgré une union exogame qui, en fait, devait être largement acceptée.
Cette libéralité, constatée deux fois dans le Nord, est-elle une exception de cette région ? Retrouve-t-on ailleurs ce qui apparaît comme une licence au mariage exogame ? Voire, toutes choses égales par ailleurs, au mariage d'amour ?
Si l'on note des mariages hypergames où l'épouse est plus riche que l'époux, le milieu social n'est jamais aussi différent que dans ce cas. Il semblerait que la femme eût moins de liberté quant à un second mariage, si nous exceptons les mariages révolutionnaires ou les romans de Balzac comme les Mémoires de deux jeunes mariées[175].

Marie Anne Picavez eut pu donc épouser un bourgeois de Cambrai… Mais, plus étonnant encore, deux mariages furent célébrés en 1741 et 1746.
En 1741 Lambert Joseph Picavez, frère de Marie Anne, épousa Marie Leroux et, en 1746, Marie Joseph, sœur de Marie, épousa Charles Théophile Joseph Leroux. Marie et Charles Théophile Leroux sont frère et sœur et enfants du premier mariage de Jacques Joseph. Comment expliquer, si nous maintenons ici la théorie du mariage d'amour, ces deux unions ?
Plus encore, comment expliquer les professions des deux cadets qui se marient à Cambrai en 1752[176] et 1754[177], à savoir, marchand de vin et maître boulanger ? Comment des enfants d'un laboureur de Cousolre dont l'aîné et sa branche plongent dans le déclassement social ont-ils pu, en arrivant à Cambrai, et en si peu de temps, atteindre un tel niveau social ?
Peut-on émettre l'hypothèse que le mariage de l'aînée, Marie Anne, ait conduit à une ascension sociale de toute la fratrie installée à Cambrai ?
Cela est envisageable. Ce qui est certain, c'est que Jacques Joseph Leroux n'a pas demandé à son épouse de couper les ponts avec sa famille puisqu'il est le parrain de Marie Hélène Joseph Picavez (fille de Claude Joseph et de Catherine Thérèse Cagnon) en 1753[178] et de Pierre Louis Picavez (fils d'Adrien Walbert Joseph et de Marie Thérèse Bertoux) en 1754[179].
Il est particulièrement intéressant de noter qu'il est le parrain des deux enfants aînés des deux frères Picavez[180]. Les marraines de ces deux enfants sont les grand-mères maternelles. Ainsi Jacques Joseph Leroux est-il considéré comme le parent le plus proche et le plus important de la famille Picavez. Il prend la place du grand-père de Cousolre, décédé pourtant en 1758, à qui on ne fait pas appel pour le parrainage ; il prend aussi la place du frère aîné, Estienne, resté au village. La coupure est donc nette avec Cousolre et la famille semble bien graviter autour des Leroux.
Nous pouvons conclure en affirmant que l'ascension sociale des Picavez (confirmée à la génération suivante par le martyre de deux sœurs ursulines, par la position de Dominique Joseph Picavez, curé de La Madeleine à Paris où il dut procéder à l'inhumation de Louis XVI, et de François Joseph Picavez, son frère, commissaire de police à Lille qui épousa Jeanne Cécile Rosalie Flory) est due à un mariage en secondes noces exogame qui a intégré toute une fratrie et une descendance dans un réseau bourgeois.
 La fratrie Picavez

b. La Tour-d'Aigues ou le déclassement protestant ?

Le 02/04/1645, dans le petit village de La Bastidonne, commune coincée entre Pertuis et La Tour-d'Aigues, eut lieu un mariage parmi d'autres :
« Le second apvril 1645, ont estés esposer le sieur Salamon Lombard, du lieu de Lurmarin, et Ysabeau Arnaude de ce present lieu de La Bastidonne, presentz le sieur Jean Manuel nottere royal de la ville de Pertuis et mestre Jaques Queyrel bayle soubzsignés[181] »
Cet acte, non filiatif, frustrant par essence, nous renseigne cependant sur la qualité de l'époux, qualifié de « sieur » et sur la présence de deux témoins dont l'un s'avère capital : Jean Manuel. C'est en cherchant dans le notariat de Jean Manuel, à cette date, que nous trouvons un contrat de mariage[182]. Il est donc passé entre « Salomon Lombard bourgeois du lieu de Lurmarin fils legitime et naturel a feus Guigues et de damoysele Louize de Mathieu en ler vivant mariés de la ville de Grenoble » d'une part, et, d'autre part, « honneste fille Yzabeau Arnaude fille a feu Mathieu et d'Anthonnet Gille sa survivante mere du lieu de la Bastidonne de Saveric. »
Domicilié à Lourmarin dont il est bourgeois, Salomon Lombard n'est pas catholique comme le révèle cet acte[183] car il est « stipulé que ledit sieur Lombard sera tenu comme le promect de laisser ladite Arnaude dans sa religion catholique apostolique et romayne sans luy donner aulcung empeschemant ny la forsser a ce remetre dans sa religion ains la laissera dans sa libre volonté ». La religion de Salomon Lombard est très certainement protestante au vu de ce passage, comme semble le confirmer son prénom vétérotestamentaire, classique chez les Réformés[184]. Cela est confirmé par le fait qu'on le retrouve dans les BMS protestants de Lourmarin. Avant de se marier à Elizabeth Arnaud, il était l'époux de Catherine Tagaud (†1641[185]) et même était père de Guigues (1628[186]-1645[187]). Guigues a été inhumé le 19/03/1645, soit deux semaines avant le mariage de son père, temps trop bref pour dire que le mariage s'est décidé après la mort de celui-ci. En effet, il fallait trois publications de bans et il n'est pas fait mention de dispense dans l'acte de mariage de La Bastidonne. On peut supposer que, se croyant à l'abri, ayant un héritier, Salomon se maria à une catholique sans dot… ou presque. Le contrat de mariage ne stipule aucune dot à part le fait que « Anthonnet Gille mere de ladite Arnaude laquelle de son gré pure et franche volonté a donné constitué et assigné en doct nom et pour cauze de doct a icelle et pour elle audit sieur Lombard le droict de legitime que luy pourra competer sur tous ces biens et droits presents et advenir a prandre appres son dexes et trespas s'en rezervant les fruicts sa vie durant. » Autrement dit, Salomon Lombard, bourgeois de Lourmarin, épouse une fille qui ne peut lui offrir que son droit de légitime… ainsi que soixante-quinze livres de sa poche. Plus encore, Salomon Lombard fait une donation entre vifs à son épouse :
« ayant ledit sieur Lombard le present mariage agreable a l'honneur et comtamplation d'icelluy et pour le fere sortir a son plain et enthier effaict a donné et donne par donnation yrrevocable faicte entre vifz a ladite Arnaude sa fucture expouze la somme de trois cens escus faizant neuf cens livres monoye courant pour en fere et dixpozer a toutes ses volantés »
Suit la classique donation entre vifs. Lui donne à son épouse soixante livres et, comme de coutume, son épouse lui donne la moitié, soit trente livres. La donation de 900 livres est donc à part et semble totalement disproportionnée aux donations de l'épouse et de sa famille… Salomon Lombard, sûr d'avoir un héritier, se serait-il autorisé un mariage morganatique en secondes noces ? Cela est envisageable, mais malheureusement pour sa stratégie, son fils décéda deux semaines avant la célébration des noces. Un mystère cependant demeure sur le(s) fils de Catherine Tagaud avec le cas Salomon II. Mais avant d'y venir, continuons de nous interroger sur le mariage entre Salomon I et Elizabeth Arnaud. L'on peut noter qu'elle n'est pas fille unique, donc qu'elle n'hérite pas des biens de ses parents. Effectivement, est présent au contrat de mariage Laurent Jausseran, beau-frère de l'épouse. Il avait épousé Anne Arnaud, sœur d'Elizabeth. Ce mariage eut une postérité au moins en la personne de Delphine Jausseran mariée par contrat en 1660[188] avec Scipion Berard, fils de ménager. Et au moment où Salomon I Lombard se marie, il n'y avait déjà plus espoir de récupérer ne serait-ce que la moitié des terres de la famille Arnaud, puisque Elizabeth a un frère, François, qui s'était marié par contrat en 1642[189].
Salomon I Lombard n'avait donc aucun intérêt financier à épouser cette jeune fille. Elle n'apporte pas de dot et n'est pas l'unique héritière de ses parents…
Mais il y a le cas Salomon II Lombard. À son mariage, en 1673[190], il est dit âgé de trente-trois ans. Cela le ferait naître vers 1640, soit cinq ans avant le mariage de ses parents tel que donné dans l'acte : Salomon I Lombard et Elizabeth Arnaud. Nous faisons face à deux hypothèses :
— Le curé se trompe d'au moins cinq ans dans l'acte de mariage,
— Salomon II Lombard est en fait le fils de Catherine Tagaud, décédée en 1641.

La deuxième hypothèse est affaiblie par l'absence d'acte de baptême protestant d'un autre fils de Salomon I et de Catherine Tagaud dans les registres du Consistoire de Lourmarin. Ceci dit, Salomon I changeait fréquemment de commune : propriétaire dans de nombreuses communes du Luberon, originaire de Grenoble, bourgeois de Lourmarin puis de La Tour-d'Aigues, il est possible que son épouse ait accouché dans une autre commune où l'enfant aurait été baptisé. Les registres de cette période sont perdus pour les communes comme La Tour-d'Aigues.
La première hypothèse a du mal à tenir la route. Déjà, il est peu vraisemblable qu'un curé se trompe de cinq ans (au moins) sur un acte de mariage. De plus, une sœur de Salomon Lombard est née un an et demie après le mariage des parents[191]. Étant donné le prestige immense des parrain et marraine de cette fille (Jacques de Viany et surtout Anne de La Magdeleine de Ragny épouse de François de Créquy), nous penchons pour une aînée. Ce qui ferait naître Salomon II neuf mois au moins après sa sœur, soit en 1647. Il y aurait donc sept ans d'erreur de la part du curé. Ce qui devient presque intenable pour un homme qui aurait vingt-six ans et en déclarerait trente-trois. Mais alors, pourquoi un mariage aussi tardif ? En fait, Salomon Lombard était veuf.
Nous avons consulté les registres des BMS de La Bastidonne, à la recherche d'actes concernant cette famille. En lisant le registre des baptêmes couvrant les années 1657-1658, nous trouvons, perdus au milieu de baptêmes, deux mariages dont l'un est celui de Salomon II Lombard et de Jeanne Ginies, sans autres renseignements que la présence de deux témoins, à savoir Jean Gueidan, avocat, et Balthazar Ginies. Il ne peut s'agir que de Salomon II. En effet, Salomon I est toujours marié à Elizabeth Arnaud qui ne décède qu'en 1664[192]. Le couple Lombard-Ginies eut un fils, Jean, qui fut baptisé en 1669[193] à La Tour-d'Aigues.
Ceci accréditerait la thèse d'une plus grande liberté quant à un second mariage, une fois l'époux veuf, et avec un héritier. Et, en effet, hormis des filles et deux fils qui resteront célibataires, il ne sort aucun héritier du sein d'Elizabeth Arnaud. Un seul garçon se marie : Salomon II. Ce mariage ne serait alors pas un déclassement même si un déclassement semble s'opérer du côté du Salomon II, analphabète, qui reste sur les terres de La Bastide du Réal, propriété familiale. Mais ceci mériterait une étude plus poussée sur les mécanismes du déclassement social et de la perception du prestige.

En conclusion, nous pouvons dire que la thèse du second mariage libre est plausible. Plus encore, il peut permettre l'ascension sociale de toute une famille, comme ce fut le cas avec les Picavez de Cambrai. Dans d'autres cas, comme celui de Salomon I Lombard, il permet aussi l'intégration dans un groupe ; Salomon I était protestant et en s'alliant avec une catholique, en baptisant ses futures filles, en inscrivant sa descendance dans le giron de l'Église, il permet de passer sans douleur du protestantisme au catholicisme.
L'exogamie permet à la fois l'intégration dans un corps social et dans un corps religieux, voire l'assimilation la plus totale. Les Picavez rompirent avec Cousolre et la descendance de Salomon I resta catholique. Les familles en sont transfigurées.
L'exogamie est un moyen de s'assimiler ; c'est par la diversité des mariages que le réseau peut s'élargir et c'est ce que nous allons tenter de montrer en questionnant, désormais, le mariage exogame comme profitable au réseau.

  III. Le mariage exogame profite-t-il davantage au réseau qu'un mariage endogame ?

Le mariage endogame permet de consolider des liens quand il est consanguin. La prégnance de la famille Flory renforce la parentèle, en liant à travers la France (et au-delà) des membres éloignés par les déménagements. Henri Monchicourt épousa sa multiple cousine Valentine Prat en 1906, à Amiens. Il était né en 1877 à Milan[194] et son épouse à Blois[195]. L'une des filles de Marcel Prat (frère de Valentine), Hyacinthe dite Colette, domiciliée chez ses parents à Marseille, était élève à La Légion d'Honneur et pendant certaines vacances scolaires, allait soit à Cambrai chez Léon Prat (son oncle) soit à Paris chez Henri Monchicourt où elle pouvait aussi fréquenter la cousine germaine de ce dernier, Valentine Monchicourt et son époux le sculpteur Georges Récipon. Les liens, ténus, se renforçaient par ces mariages consanguins, par cette parentèle assez nombreuse et moult fois cousine. Ainsi, par le tableau représentant Vincent Monchicourt et son épouse Antoinette Flory survivait comme un culte des ancêtres[196] incarné par cette immense peinture datant de la Restauration.
L'endogamie familiale, présente dans la haute bourgeoisie, avait pour finalité de  conserver dans le giron familial les richesses accumulées. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot disent même :
« En réalité, il semblerait que les interdits sexuels, tels qu'ont pu les analyser les anthropologues dans les sociétés primitives, ont pour objectif de favoriser, à travers des mariages hors du groupe, les échanges économiques et d'élargir ainsi les bases de l'espace de développement. Un calcul qui ne vaut sans doute qu'en phase d'accumulation. Lorsque celle-ci est réalisée, il suffit de la maintenir, et alors l'endogamie est toute indiquée[197]. »
Cependant, cette consolidation de liens est à risque dès lors qu'on limite le nombre d'enfants pour éviter la dilapidation du patrimoine, notamment depuis la Révolution et la suppression des substitutions[198], incitant au célibat pour éviter le morcellement des terres[199]. Ce péril dans la lignée contribua certainement à la disparition de la lignée agnatique Flory où les trois mâles survivants de Jean Baptiste Joseph Régis restèrent célibataires. Ceci dit, pourquoi les frères restèrent-ils célibataires au profit de leurs sœurs ? Peut-être fut-il difficile de trouver une épouse de leur rang ? Mais cette hypothèse n'est étayée par aucun document… Peut-être est-ce le fait de repousser sans cesse le mariage qui est la cause d'un célibat finalement imposé[200] ou alors restreignant drastiquement la postérité. Ainsi des enfants de Vincent Joseph Monchicourt, Caroline, épouse de Pierre Joseph Jadot, n'eut pas le temps d'avoir d'enfants et décéda jeune, certes, mais après le mariage qu'elle passa à l'âge de trente ans en 1836[201]. Sa sœur, Adeline, épousa en 1833[202] le négociant Jean Baptiste Joseph Matton dont elle n'eut qu'une fille, Mélanie, en 1834[203]. Quant au dernier né, Florimond, né en 1811[204], il se maria en 1858[205] à une veuve qui ne lui donna pas d'enfants. Il faut toutefois noter qu'il adopta le fils de cette dernière, le librettiste Paul Milliet-Monchicourt. Ainsi, la parentèle se réduit au fur et à mesure des générations. La dernière sœur Monchicourt, Adélaïde, eut deux enfants, Auguste Emmanuel qui épouse sa cousine du côté Flory et Ernest, qui, de son mariage, eut deux fils. Ces deux fils, l'artiste-peintre Fernand Patte et le rentier Léon Patte n'eurent pas d'enfants. Quant à Auguste Emmanuel, il eut quatre enfants. Lucie décéda sans enfant de son époux Jean Baptiste Émile Decosse et le seul fils, Auguste Ernest, resta célibataire.
A contrario, l'ouverture à d'autres horizons, sans parler de mésalliance, permet à la parentèle de s'élargir et donc au réseau de s'agrandir. C'est ce que démontre notamment Claire Chatelain dans sa thèse sur les médecins du roi Miron avec l'étude de la parentèle tant agnatique que cognatique[206]. Et c'est aussi le cas des Fourest de La Tour-d'Aigues, étudiés dans ce chapitre, qui, en s'installant dans ce bourg, se marient pour s'intégrer. Giovanni Levi et Simona Cerutti[207] l'avait déjà montré pour Santena et Turin :
« À la base de cette alliance de groupe se trouve la différenciation des activités : entre métayage et petite propriété dans le cas de cette couche sociale, mais elle est aussi un objectif général dans les autres couches. Il y aura donc moins spécialisation professionnelle et sociale de toute la famille que diversification, d'autant plus accentuée que le seront davantage les ressources économiques, démographiques et sociales disponibles. La possibilité de différenciation permettra de mesurer les potentialités et le prestige social d'un groupe parental[208]. »
Dans le cas de Santena, c'est l'intégration du triptyque marchand de grains, prêtre et médecin dans la parentèle qui permet de mesurer le prestige social du groupe parental. Le mariage qui permet l'intégration et la diversification des activités est d'une immense utilité pour une famille en accumulation de richesses et de prestige. Ainsi, cette diversité des activités peut être pratiquée par les ménagers, les artisans et… les pêcheurs[209].
Il est des cas où l'exogamie devient géographique pour favoriser l'endogamie sociale. Si cela se fit au Kenya et ailleurs d'après Lévi-Strauss[210], on le remarque aussi dans la Provence moderne et contemporaine avec le cas des Maïssa. Louis Maïssa, décédé en 1785[211] à Saint-Sauveur-sur-Tinée (06) s'était marié en 1746 à Valdeblore[212], sur le hameau de La Bolline avec Angèle Marie Testoris. Ils sont notamment les parents de François Maïssa, notaire de Saint-Sauveur-sur-Tinée et maire de la commune qui, par nécessité d'une endogamie sociale, pratiqua une exogamie géographique qui, tout comme une exogamie de profession, permet d'élargir la parentèle. En effet, il épousa Marie Rose Elisabeth Ardoin, née en 1760[213] dans la commune de Falicon, limitrophe de Nice, bien loin des abords du parc du Mercantour. Rose Ardoin était issue des plus anciennes familles du village, présentes dès l'état des âmes de 1604. De cette union naquit Louis Maïssa, né en 1804[214] à Saint-Sauveur-sur-Tinée et qui s'y maria en 1823[215]. Il quitta ensuite cette commune et une fois veuf, se remaria, à Gilette, en 1839[216], avec une fille issue d'une vieille famille du Broc. Propriétaire[217] pendant un temps, il quitta Gilette pour devenir professeur à Marseille[218].
Quoique l’on constate l'exogamie géographique et l'ouverture de la parentèle à d'autres lieux, il ne faut pas oublier, comme le dit Pierre Bourdieu, que « les relations généalogiques ne tarderaient pas à disparaître […] si elles ne recevaient un entretien continu[219]. »

Conclusion

La mixité des relations, couplée à une forte endogamie et à une nécessaire exogamie, permettent dans ce chapitre de mettre en lumière plusieurs points. Tout d’abord, que si le prestige peut se mesurer grâce à une observation fine de registres aussi « arides » que les registres paroissiaux et d’état-civil, il ne s’exerce pas seulement sur des ancêtres ou des situations immuables. L’homme nouveau, le Cicéron des temps modernes, est également apprécié. C’est même ce que les parents d’une épouse recherchent. Marier à un « fils de » n’est pas suffisant car dans le « champ », pour reprendre le terme de Bourdieu, peuvent s’insérer d’autres personnes, ces homines novi des temps modernes. Loin de l’image d’une France immobile, notre étude a voulu mettre à jour une dynamique d’intégration d’autrui et de mixité. La place de la femme, dans les signatures des bourgeois de Valenciennes, indique aussi que l’Autre n’est pas toujours banni et que la femme n’est pas spectatrice du temps qui passe. Elle joue un rôle de prestige et d’intégration. Parfois même, c’est le mariage exogame qui profite le plus au réseau, grâce à l’ouverture à une parentèle nouvelle (Claire Chatelain le montre parfaitement dans sa thèse). Tandis que les familles fermées sur elles-mêmes s’éteignent par le célibat et les mariages consanguins, l’ouverture à d’autres familles permet d’accéder au futur et d’offrir un destin à une lignée. Comment se perpétuer ? En pratiquant la règle exogamique.
Une étude sur les relations concrètes avec la parentèle, mais aussi en-dehors d'elle, au-dehors de l'entre-soi, finalement dans l'hors-de-soi, peut s'avérer utile. Les interactions aux baptêmes sont un bon moyen de voir alors apparaître une autre forme de famille, la famille spirituelle, souvent confondue par les liens du sang avec la famille classique ou encore occultée par les historiens en raison de la lourde tâche qui consiste à identifier parrains et marraines.


[1] Bardet J.-P. et Ruggiu F.-J. (dir.), Au plus près du secret des cœurs ? Nouvelles lectures historiques des écrits du for privé, Paris, PUPS, 2005.
[2] AD59, Acte de naissance d'Auguste Emmanuel Patte, 13/08/1831, Valenciennes.
[3] AD59, Acte de décès d'Auguste Emmanuel Patte, 18/10/1904, Valenciennes.
[4] Carte-lettre de 1894 adressée à M. Patte-Yernaut lui commandant du champagne. Source : Archives privées, famille Roubaud.
[5] AD59, acte de naissance d'Adeline Elisabeth Monchicourt, 07/10/1807, Valenciennes.
[6] Almanach du commerce de Paris, 1827, p.570.
[7] Il est qualifié de censier de Marly dans un acte de 1773 : AD59, acte de baptême de Vincent Joseph Monchicourt, 30/06/1773, Marly.
[8] De très nombreux actes entre 1753 et 1768 font état de cette profession, sans précision. Citons deux actes, celui le plus ancien et celui le plus récent :
                - AD59, acte de baptême de Jeanne Pétronille Flory, 12/11/1753, Valenciennes, paroisse Saint-Géry,
                - AD59, acte de baptême d'Adélaïde Joseph Flory, 29/09/1768, Valenciennes, paroisse Saint-Géry.
[9] AD84, Acte de mariage de Michel Fourest et de Delphine Abel, 25/11/1680, La Tour-d'Aigues.
[10] AD84, Acte de baptême d'Anne Fourest, 08/05/1684, La Tour-d'Aigues.
[11] AD84, Acte de sépulture d'Anne Fourest, 02/09/1736, La Tour-d'Aigues.
[12] AD84, Acte de baptême de Michel Fourest, 03/09/1687, La Tour-d'Aigues.
[13] AD84, Acte de sépulture de Michel Fourest, 07/12/1769, La Tour-d'Aigues.
[14] AD84, Acte de mariage d'Anne Fourest, 18/01/1712, La Tour-d'Aigues.
[15] AD84, Acte de baptême de Jean Jouvent, 24/02/1692, La Tour-d'Aigues.
[16] AD84, Acte de sépulture de Jean Jouvent, 03/06/1770, La Tour-d'Aigues.
[17] AD84, Acte de sépulture de Gaspard Jouvent, 30/07/1727, La Tour-d'Aigues.
[18] AD84, Acte de baptême de Damase Jouvent, 16/03/1723, La Tour-d'Aigues.
[19] AD84, Acte de baptême de Marguerite Jouvent, 18/02/1749, La Tour-d'Aigues.
[20] AD84, Acte de mariage d'Augustin Lombard et de Marguerite Jouvent, 02/05/1776, La Tour-d'Aigues.
[21] AD84, Acte de baptême d'Augustin Lombard, 23/10/1742, La Tour-d'Aigues.
[22] AD84, Acte de baptême de Joseph Fourest, 18/07/1717, La Tour-d'Aigues.
[23] AD84, Acte de baptême d'Antoine Fourest, 25/05/1737, La Tour-d'Aigues.
[24] AD84, Acte de baptême de Marie Anne Claire Fourest, 15/06/1722, La Tour-d'Aigues.
[25] AD84, Acte de mariage de Barthélémy Mangaret et de Marie Anne Claire Fourest, 08/06/1744, La Tour-d'Aigues.
[26] AD84, Acte de baptême de Michel Fourest, 14/12/1749, La Tour-d'Aigues.
[27] Nous pensons que Michel Fourest, étant originaire de Grambois, épousa une fille de maréchal à forge pour pouvoir mieux s'intégrer dans la communauté de La Tour-d'Aigues. Ce serait une explication plausible qui conduirait à voir peut-être même un lien d'apprentissage entre Claude Abel et Michel Fourest qui deviendrait, par son mariage avec Delphine, un héritier à part entière.
[28] AD84, Acte d'inhumation de Marc Antoine Garcin, 13/04/1717, La Tour-d'Aigues.
[29] Il arrive à La Tour-d'Aigues avec sa femme, Christine Albert et au moins un fils Jean Garcin, sur lequel nous reviendrons. Si nous émettons l'hypothèse d'une arrivée entre 1675 et 1679 c'est que l'acte de naissance de Jean Garcin (né vers 1674) est introuvable alors que le couple Garcin-Albert eut une fille, Louise, en 1680, née et baptisée à La Tour-d'Aigues.
[30] AD84, Acte de mariage de Marc Antoine Garcin et de Catherine Rougon, 26/10/1682, La Tour-d'Aigues.
[31] AD84, Acte d'inhumation de Catherine Rougon, 19/02/1731, La Tour-d'Aigues.
[32] AD84, Acte d'inhumation de Honorade Rougon, 11/08/1734, La Tour-d'Aigues.
[33] AD84, Acte d'inhumation de Louise Rougon, 30/06/1725, La Tour-d'Aigues.
[34] AD84, Acte d'inhumation de Honoré Rougon, 04/10/1725, La Tour-d'Aigues.
[35] AD84, Acte de baptême de Joseph Rougon, 19/03/1676, La Tour-d'Aigues.
[36] AD84, Acte d'inhumation de Joseph Rougon, 28/10/1730, La Tour-d'Aigues.
[37] AD84, Acte de baptême d'André Rougon, 11/10/1692, La Tour-d'Aigues.
[38] AD84, Acte de baptême de Pierre Rougon, 11/03/1738, La Tour-d'Aigues.
[39] AD84, Acte de baptême de Jeanne Rougon, 11/02/1731, La Tour-d'Aigues.
[40] AD84, Acte de mariage de Joseph Cavasse et de Jeanne Rougon, 24/06/1755, La Tour-d'Aigues.
[41] AD84, Acte de baptême de Jean Baptiste Rougon, 30/04/1711, La Tour-d'Aigues.
[42] AD84, Acte d'inhumation de Jean Baptiste Rougon, 15/11/1769, La Tour-d'Aigues.
[43] AD84, Acte de mariage de Jean Baptiste Rougon et de Jeanne Cavasse, 12/11/1736, La Tour-d'Aigues.
[44] AD84, Acte d'inhumation d'Étienne Cavasse, 29/08/1731, La Tour-d'Aigues.
[45] AD84, Acte d'inhumation de Joseph Brun, 19/05/1743, La Tour-d'Aigues.
[46] AD84, Acte de baptême de Rose Rougon, 06/09/1743, La Tour-d'Aigues.
[47] AD84, Acte de baptême de Joseph Rougon, 03/02/1747, La Tour-d'Aigues.
[48] AD84, Acte de mariage de Joseph Rougon et de Magdeleine Maurel, 08/11/1779, La Tour-d'Aigues.
[49] Le père de Magdeleine Maurel, Pierre, se maria à La Tour-d'Aigues (AD84, Acte de mariage de Pierre Maurel et d'Elizabeth Turrier, 08/03/1734, La Tour-d'Aigues) ce qui nous apprend son origine géographique.
[50] AD84, Acte d'inhumation de Jean Garcin, 12/09/1749, La Tour-d'Aigues.
[51] AD84, Acte de mariage de Jean Garcin et d'Anne Lombard, 21/04/1698, La Tour-d'Aigues.
[52] AD84, Acte de baptême d'Anne Lombard, 04/03/1676, La Tour-d'Aigues.
[53] AD84, Acte d'inhumation d'Anne Lombard, 06/08/1753, La Tour-d'Aigues.
[54] AD84, Acte de baptême de Pierre Carbonel, 03/07/1695, La Tour-d'Aigues.
[55] AD84, Acte d'inhumation de Pierre Carbonel, 13/05/1750, La Tour-d'Aigues.
[56] AD84, Acte de baptême de Joseph Carbonel, 16/04/1703, La Tour-d'Aigues.
[57] AD84, Acte d'inhumation de Joseph Carbonel, 09/02/1774, La Tour-d'Aigues.
[58] AD84, Acte de mariage de Honoré Bellon et de Magdeleine Garcin, 13/02/1730, La Tour-d'Aigues.
[59] AD84, Acte de mariage de Jean Escoffier et de Magdeleine Garcin, 29/1/1736, La Tour-d'Aigues.
[60] AD84, Acte de baptême d'Elizabeth Escoffier, 14/07/1742, La Tour-d'Aigues.
[61] AD84, Acte de mariage de Jean Joseph Bonnet et d'Elizabeth Escoffier, 04/07/1768, La Tour-d'Aigues.
[62] AD84, Acte de baptême de Louis Garcin, 18/11/1744, La Tour-d'Aigues.
[63] AD84, Acte de baptême de Honoré May, 23/02/1759, La Tour-d'Aigues.
[64] Fulgence Delleaux
[65] À savoir en dehors des communes limitrophes de limitrophes.
[66] AD59, Acte de baptême de Jean Baptiste Joseph Régis Flory, 03/06/1726, Valenciennes, paroisse Saint-Géry.
[67] AD59, Acte de décès de Jean Baptiste Joseph Régis Flory, 19/03/1807, Valenciennes
[68] Archives du Royaume de Belgique, Acte de baptême de Jeanne Catherine Proost, 14/04/1733, Bruxelles, paroisse Saint-Michel et Sainte-Gudule.
[69] AD59, Acte d'inhumation de Jeanne Catherine Proost, 03/10/1774, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[70] Nous reviendrons sur ces deux filles dans la partie « témoignage » ci-après car elles ont une particularité. Notons que parmi elles se trouve Marie Alexandrine Joseph.
[71] D'après le rouleau de Renée Monchicourt (Archives privées, famille Spinosa).
[72] AD59, Acte de baptême de Marie Philippe Joseph Flory, 22/10/1754, Valenciennes, paroisse Saint-Géry.
[73] AD59, Acte de décès de Marie Philippe Joseph Flory, 17 floréal an XIII, Valenciennes.
[74] AD59, Acte de baptême de Pierre Joseph Melchior Flory, 06/01/1757, Valenciennes, paroisse Saint-Géry.
[75] AD59, Acte de décès de Pierre Joseph Melchior Flory, 29/01/1841, Valenciennes.
[76] AD59, Acte de baptême de Marie Thérèse Joseph Flory, 01/10/1759, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[77] AD59, Acte de décès de Marie Thérèse Joseph Flory, 02/04/1843, Valenciennes.
[78] AD59, Acte de baptême d'André François Valentin Flory, 30/10/1760, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[79] Émile Masure, Le clergé du Diocèse de Cambrai 1802-1913, Roubaix, Imprimerie Reboux, 1913, p.202.
[80] AD59, Acte de baptême de Jeanne Cécile Rosalie Flory, 12/05/1762, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[81] AD59, Acte de baptême d'Alexandre Louis Joseph Flory, 02/06/1763, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[82] AD59, Acte de baptême d'Alexandrine Elizabeth Flory, 29/07/1764, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[83] AD59, Acte de baptême d'Antoinette Barbe Louise Flory, 17/04/1767, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[84] AD59, Acte de décès d'Antoinette Barbe Louise Flory, 26/01/1832, Valenciennes.
[85] AD59, Acte de baptême de Philippine Caroline Flory, 14/09/1770, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[86] AD59, Acte de décès de Philippine Caroline Flory, 14/03/1830, Le Cateau-Cambrésis.
[87] AD59, Acte de naissance de Valentin Désiré Flory, 17/05/1809, Valenciennes.
[88] AD59, Acte de naissance de Caroline Fanie Jacquemart, 08/12/1806, Valenciennes.
[89] AD59, Acte de mariage de Valentin Désiré Flory et de Caroline Fanie Jacquemart, 02/05/1836, Valenciennes.
[90] Cahier sur la famille de Manchicourt/d'Occoches de Manchicourt, manuscrit réalisé par Renée Monchicourt (Archives privées, famille Spinosa)
[91] AD75, Acte de naissance reconstitué de Félix Valentin Monchicourt, 05/08/1837, Paris VIe.
[92] AD75, Acte de naissance reconstitué d'Albert Vincent Monchicourt, 10/08/1841, Paris VIe.
[93] La dernière fois qu'il est cité comme "fabricant de plumes métalliques" (à notre connaissance) est dans un acte de 1869 (AD59, Acte de naissance de Valentine Félicie Fany Monchicourt, 14/07/1869, Montay).
[94] AD77, Acte de mariage de Léon Valentin Monchicourt et de Flora Françoise Pascon, 12/05/1898, Montereau-Fault-Yonne. Avant cela, il était qualifié de "négociant" sans précision.
[95] En 1866 (AD59, Acte de naissance de Léon Valentin Monchicourt, 27/09/1866, Montay) et 1869 (AD59, Acte de naissance de Valentine Félicie Fany Monchicourt, 14/07/1869, Montay).
[96] AD75, Acte de mariage d'Albert Vincent Monchicourt et de Léonie Marie Virginie Deflacque, 14/01/1873, Paris IVe.
[97] AD75, Acte de mariage d'Albert Vincent Monchicourt et de Léonie Marie Virginie Deflacque, 14/01/1873, Paris IVe.
[98] Il y vit au moins depuis 1892 (AD75, Acte de mariage de Georges Récipon et de Valentine Monchicourt, 18/05/1892, Paris XIe).
[99] AD41, Mention marginale sur l'acte de naissance de Valentine Marie Rosalie Prat, 03/11/1886, Blois.
[100] AD41, Acte de naissance de Valentine Marie Rosalie Prat, 03/11/1886, Blois.
[101] AD41, Mention marginale sur l'acte de naissance de Valentine Marie Rosalie Prat, 03/11/1886, Blois.
[102] AD59, Acte de baptême de Jean Baptiste Joseph Régis Flory le 03/06/1726, Valenciennes, paroisse Saint-Géry.
[103] Il est né onze mois après le mariage de ses parents.
[104] Nous n'avons pas trouvé de frère et sœur survivant et aucune information issue des BMS/NMD et des archives notariales ne laisse à penser un autre enfant du couple, dans la mesure de nos recherches.
[105] AD59, Acte de mariage de Jean Baptiste Joseph Régis Flory et de Jeanne Catherine Proost, 06/02/1753, Valenciennes, paroisse Notre-Dame-la-Grande.
[106] AD59, Acte de baptême de Jean Baptiste Joseph Régis Flory, 03/06/1726, Valenciennes, paroisse Saint-Géry.
[107] Relevés du Tabellion de Bouchain, 1733-1737, p.139 ; acte passé le 23/07/1727 à Prouvy.
[108] Cf. les registres paroissiaux de Thiant. Un exemple de citation de Jean Flory comme curé de Thiant en 1753 : AD59, Acte de baptême de Jeanne Pétronille Joseph Flory, 12/11/1753, Valenciennes, paroisse Saint-Géry.
[109] Comme cela est indiqué dans son contrat de mariage, passé le 15/11/1680 à Valenciennes in Pierre Mayeur, Contrats de mariage du notariat de Valenciennes, tome 1, p.141.
[110] Archives du royaume des Pays-Bas, Acte de baptême de Jean Balthazar Proost, 06/01/1695, Oud- en Nieuw-Gastel
[111] Nous avons travaillé durant plusieurs mois sur l'origine des Proost et force est de constater les erreurs du Taxandria qui confond les filles Martini. Pour l'instant, nous pouvons affirmer l'ascendance de Jean Balthazar Proost jusqu'à ses parents, Nicolas et Catherine Thérèse Martini.
[112] AD59, Acte de baptême de Jeanne Cécile Rosalie Flory, 12/05/1762, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[113] AD59, Acte de baptême de Marie Thérèse Angélique Proost, 16/12/1770, Douai, paroisse Saint-Aubin.
[114] Le cabinet historique, tome X, 1ère partie, Paris, Cabinet historique, 1864, p.124.
[115] Pour plus de détails, voir le chapitre troisième de ce mémoire.
[116] Entre autres : AD59, Acte d'inhumation de Jeanne Catherine Proost, 02/10/1774, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[117] Bulletin de la société d'études de Cambrai, volume 43, numéro 1, 1955, p.12.
[118] Il s'agit d'Alexandrine Elizabeth Flory, née en 1764 (AD59, Acte de baptême d'Alexandrine Elizabeth Flory, 29/07/1764, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas) qui épouse Michel Dioncq, né vers 1750 (d'après son âge sur l'acte suivant : AD59, Acte de décès de François Joseph Picavez, 14 ventôse an XII, Lille). Il faut cependant noter qu'il s'agit là de l'huissier et que cela peut expliquer pourquoi, dans ce cas, le mariage se fait avec un homme bien plus âgé : il entre dans la stratégie familiale d'ascension sociale des Flory qui tendent vers les professions juridiques.
[119] AD59, Acte de baptême de Jeanne Cécile Rosalie Flory, 12/05/1762, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[120] AD59, Acte de baptême de François Joseph Picavez, 25/11/1765, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[121] AD59, Acte de baptême de Philippine Caroline Flory, 14/09/1770, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[122] Date calculée à partir des deux actes suivants :
                - AD59, Acte de mariage de Valentin Désiré Monchicourt et de Caroline Fanie Jacquemart, 02/05/1836, Valenciennes,
                - AD59, Acte de naissance de Caroline Fanie Jacquemart, 08/12/1806, Le Cateau-Cambrésis.
[123] AD59, Acte de baptême d'Antoinette Barbe Louise Flory, 17/04/1767, Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas.
[124] AD59, Acte de baptême de Vincent Joseph Monchicourt, 30/06/1773, Marly.
[125] Fulgence Delleaux
[126] AD56, Acte de naissance de Léon Prat, 16/03/1851, Lorient.
[127] Archives municipales de Marseille, Acte de décès de Léon Prat, 28/08/1934, Marseille.
[128] Archives privées, Livret de famille, fonds Spinosa.
[129] Archives privées, Livret de famille, fonds Spinosa.
[130] AD59, Acte de mariage de Léon Prat et de Mathilde Louise Patte, 02/10/1883, Valenciennes.
[131] Il est cité dans de nombreux actes comme exerçant cette profession, notamment en 1883 lors du mariage de Léon (AD59, Acte de mariage de Léon Prat et de Mathilde Louise Patte, 02/10/1883, Valenciennes).
[132] Nous déduisons cela de l'information figurant sur un acte de 1906 (AD56, Acte de mariage de Marius Charles Valentin Guiol et de Marie Désirée Laurence Le Gal, 21/07/1906, Lorient) où il est noté comme rentier de l'Arsenal de Lorient.
[133] D'après son livret militaire (Archives privées, fonds Spinosa)
[134] Lieutenant-colonel à la retraite en 1921 : Archives municipales de Marseille, Acte de naissance de Hyacinthe Eugénie Mathilde Prat, 21/10/1921, Marseille.
[135] AD59, Acte de mariage de François Joseph Picavez et de Jeanne Cécile Rosalie Flory, 27 pluviôse an III, Lille, Section 6.
[136] AD59, Acte de naissance de Cornélie Zélie Picavez, 28 messidor an VI, Lille.
[137] AD59, Acte de décès de Cornélie Zélie Picavez, 16/12/1837, Pérenchies.
[138] AD59, Acte de mariage d'Augustin Amand Joseph Yernaut et de Cornélie Zélie Picavez, 12/09/1827, Valenciennes.
[139] AD59, Acte de baptême d'Augustin Amand Joseph Yernaut, 18/08/1780, Landrecies.
[140] AD59, Acte de mariage d'Auguste Emmanuel Patte et d'Élise Marie Alexandrine Yernaut, 12/09/1853, Landrecies.
[141] AD59, Acte de baptême de Dominique Joseph Yernaut, 15/09/1745, Landrecies.
[142] AD59, Acte de décès de Dominique Joseph Yernaut, 16/12/1826, Landrecies.
[143] AD59, Acte de baptême de Marie Anne Françoise Levecq, 14/11/1709, Bousies.
[144] AD59, Acte de mariage de Jean Yernaut et de Marie Anne Françoise Levecq, 21/09/1734, Croix-Caluyau.
[145] AD59, Acte de mariage d'Adrien François Levecq et de Marie Joseph Vallez, 26/04/1735, Valenciennes. Nota Bene : L'acte n'a pas été trouvé dans les registres paroissiaux de Valenciennes mais dans ceux d'Estreux.
[146] C'est par une reconstitution des familles basée sur les relevés de Pierre Mayeur (Pierre Mayeur, Contrats de mariage du notariat de Valenciennes (1613-1800), s.l., Sources Généalogiques et Historiques des Provinces du Nord, 2008-2013, 6 vol.) que nous en arrivons à ces conclusions, notamment grâce aux contrats de mariage de Marie Jeanne et Marie Barbe Hiolle, sœurs, passés le même jour, à savoir le 18/03/1712, à Valenciennes avec les frères Pierre et Antoine Berquet (Pierre Mayeur, Contrats de mariage, op.cit., t. II, p.8).
[147] Pierre Mayeur, Ibid., t. III, p.107.
[148] On notera pour la reconstitution de la branche Hiolle, Vallez, Dehaynin, etc. les contrats de mariage de Marie Jeanne Hautecoeur avec Philippe Eugène Ortis (Pierre Mayeur, Ibid., t. III, p.113) et Jeanne Aldegonde Hautecoeur avec Étienne Joseph Poirette le 23/06/1736 à Valenciennes (Pierre Mayeur, ibid.)
[149] Correspondance entre Pierre Sage et Thomas Spinosa. Marie Ursule Dehaynin serait la fille de Jean et de Marie Dursen, parents également de Charlotte Dehaynin épouse de Jean Hiolle. Ces derniers seraient les parents de Simon époux de Marie Vallez.
[150] D'après des recherches préliminaires, Marie Ursule Dehaynin serait la cousine issue de germain de Henry Dehaynin, lui-même grand-père paternel d'André Benoît Joseph Marie époux Leroux.
[151] AD59, Acte de mariage d'André Benoît Joseph Marie Dehaynin et Aubertine Alexis Leroux, 11/01/1761, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[152] Elle est la fille de Jacques Joseph Leroux, bourgeois de Cambrai, et de Marie Anne Picavez, sœur aînée de Claude Joseph Picavez qui épouse Catherine Thérèse Cagnon, parents dudit François Joseph Picavez.
[153] Pierre Mayeur, Ibid., t.III, p.96.
[154] Jean François Monchicourt est l'époux de Marie Marguerite Hautecoeur sœur de Marie Jeanne et de Jeanne Aldegonde citées plus haut.
[155] AD59, Acte de mariage de Jacques André Douay et de Marie Joseph Levecq, 08/07/1738, Croix-Caluyau.
[156] AD59, Acte de mariage d'Augustin Joseph Levecq et d'Elizabeth Levecq, 28/06/1760, Croix-Caluyau.
[157] AD59, Acte de mariage de Casimir Douay et d'Amélie Aimée Victoire Levecq, 18 prairial an V, Croix-Caluyau.
[158] AD59, Acte de mariage de Jacques François Douay et d'Anne Marie Joseph Douay, 07/06/1762, Saint-Martin-sur-Écaillon.
[159] AD59, Acte de mariage de Placide Joseph Douay et d'Aimée Joseph Dubois, 1er thermidor an III, Vertain.
[160] AD59, Acte de mariage d'Ildephonse Joseph Douay et de Rosalie Joseph Douay, 25/01/1831, Vertain.
[161] AD59, Acte de décès de Dominique Joseph Daulmery, 24/08/1829, Valenciennes.
[162] p.9.
[163] Mension-Rigaud, Aristocrates et grands bourgeois
[164] AD59, Acte de mariage de Claude François Picavez et de Marie Marguerite Berteau le 25/01/1711, Cousolre.
[165] AD59, Acte d'inhumation de Claude François Picavez, 11/11/1758, Cousolre.
[166] AD59, Acte de mariage d'Aubert François Lepot et de Marie Alexia Aldegonde Picavez, 22/11/1735, Cambrai, paroisse Saint-Martin.
[167] AD59, Acte de mariage de Jacques Joseph Leroux et de Marie Anne Picavez, 14/01/1737, Cambrai, paroisse Saint-Martin.
[168] AD59, Acte de baptême de Marie Anne Josèphe Leroux, 02/03/1745, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[169] AD59, Acte de baptême de Marie Hélène Joseph Picavez, 26/03/1753, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[170] AD59, Acte de mariage d'André Benoit Joseph Marie Dehaynin et d'Aubertine Alexis Leroux, 11/01/1761, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[171] AD59, Acte de sépulture de Jacques Joseph Leroux, 27/11/1778, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[172] Ne sait pas signer en 1720 (AD59, Acte de baptême de Marie Joseph Picavez, 15/11/1720, Cousolre) ni en 1723 (AD59, Acte de baptême d'Anne Joseph Picavez, 02/08/1723, Cousolre).
[173] Contrat de mariage du 11/07/1696 entre Jean Flory et Jeanne Corbeau : Pierre Mayeur, Contrats de mariage du notariat de Valenciennes, op. cit., t. I, p.72.
[174] Pierre Bonte (dir.), Épouser au plus proche. Inceste, prohibitions et stratégies matrimoniales autour de la Méditerranée, Paris, EHESS, 1994.
[175] Balzac y condamne d'ailleurs ces mariages d'amour au profit de mariages de raison.
[176] AD59, Acte de mariage de Claude Joseph Picavez et de Catherine Thérèse Cagnon, 25/01/1752, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[177] AD59, Acte de mariage d'Adrien Walbert Joseph Picavez et de Marie Thérèse Bertoux, 07/01/1754, Cambrai, paroisse Saint-Waast.
[178] AD59, Acte de baptême de Marie Hélène Joseph Picavez, 27/03/1753, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[179] AD59, Acte de baptême de Pierre Louis Maurice Picavez, 27/10/1754, Cambrai, paroisse Sainte-Croix.
[180] L'autre frère, Lambert Joseph époux Leroux, est décédé deux ans après son mariage (AD59, Acte d'inhumation de Lambert Joseph Picavez, 11/03/1743, Cambrai, paroisse Sainte-Croix) et n'a eu qu'une fille, morte à l'âge de cinq ans, dont nous n'avons pu trouver l'acte de baptême.
[181] AD84, Acte de mariage de Salomon Lombard et d'Elizabeth Arnaud, 02/04/1645, La Bastidonne.
[182] AD84, CM de Salomon Lombard et d'Elizabeth Arnaud, 02/04/1645, 3 E 55/412 f°290v.
[183] Pour le chercheur, nous joignons à ce mémoire, en annexe, la transcription complète de ce CM.
[184] Gabriel Audisio, Les vaudois du Luberon. Une minorité en Provence (1460-1560), s.l., Association d'Études Vaudoises et Historiques du Luberon, 1984 ; et, entre autres, Bernard Appy, Les protestants de Lourmarin. Église et communauté de 1560 à 1685, s.l., Ampelos, 2012.
[185] AD84, Acte d'inhumation protestante de Catherine Tagaud, 20/12/1641, Lourmarin.
[186] AD84, Acte de baptême protestant de Guigues Lombard, 23/09/1628, Lourmarin.
[187] AD84, Acte d'inhumation protestante de Guigues Lombard, 19/03/1645, Lourmarin.
[188] AD84, CM de Scipion Berard et de Delphine Jausseran, 30/05/1660, 3 E 69/295 f°130.
[189] AD84, CM de François Arnaud et de Magdeleine Gabriel, 21/12/1642, 3 E 69/242 f°618.
[190] AD84, Acte de mariage de Salomon Lombard et de Louise Martin, 05/02/1673, La Tour-d'Aigues.
[191] AD84, Acte de baptême d'Anne Lombard, 12/09/1646, La Bastidonne.
[192] AD84, Acte d'inhumation d'Elizabeth Arnaud, 29/09/1664, La Tour-d'Aigues.
[193] AD84, Acte de baptême de Jean Lombard, 17/04/1669, La Tour-d'Aigues.
[194] Archives privées, Livret de famille, famille Auzou.
[195] AD41, Acte de naissance de Valentine Marie Rosalie Prat, 03/11/1886, Blois.
[196] Eric Mension-Rigau, Aristocrates et grands bourgeois, Paris, Perrin, 2007.
[197] Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie, Paris, La Découverte, 2007, p.47.
[198] Jean-Marie Augustin, Famille et société. Les substitutions fidéicommissaires à Toulouse et en Haut-Languedoc au XVIIIe siècle, Paris, PUF, 1980.
[199] Pierre Bourdieu, « Célibat et condition paysanne », Études rurales, 5-6, 1962, p.32-136.
[200] Brian Juan O'Neill, « Célibat, bâtardise et hiérarchie sociale dans un hameau portugais », Études rurales, 1989-1, p.37-86.
[201] AD59, Acte de mariage de Pierre Joseph Jadot et de Caroline Marie Joseph Monchicourt, 02/05/1836, Valenciennes.
[202] AD59, Acte de mariage de Jean Baptiste Joseph Matton et d'Adeline Elisabeth Monchicourt, 20/05/1833, Valenciennes.
[203] Date de naissance donnée dans son acte de mariage : AD59, Acte de mariage de Jean Baptiste Joseph Coing et de Mélanie Matton, 11/04/1853, Valenciennes.
[204] AD59, Acte de naissance de Florimond Alexandre Monchicourt, 20/06/1811, Valenciennes.
[205] AD75, Acte de mariage reconstitué de Florimond Alexandre Monchicourt et de Suzette Eveline Victoire Danhiez, 21/06/1858, Paris VIe.
[206] Claire Chatelain, Chronique d'une ascension sociale. Exercice de la parenté chez de grands officiers (XVIe-XVIIe siècles), Paris, EHESS, 2008.
[207] Simona Cerutti, « Matrimoni del tempo di peste. Torino nel 1630 », Quaderni Storici, 19/1984, p.65-106.
[208] Giovanni Levi, Le pouvoir au village, op. cit., p.91.
[209] Cf. chapitre premier.
[210] cf. infra p.XXX
[211] AD06, Acte d'inhumation de Louis Maïssa, 12/11/1785, Saint-Sauveur-sur-Tinée.
[212] AD06, Acte de mariage de Louis Maïssa et d'Angèle Marie Testoris, 07/02/1746, Valdeblore, paroisse de La Bolline.
[213] AD06, Acte de baptême de Marie Rose Elisabeth Ardoin, 24/11/1760, Falicon.
[214] AD06, Acte de naissance de Louis Maïssa, 10 floréal an XII, Saint-Sauveur sur Tinée.
[215] AD06, Acte de mariage de Louis Maïssa et d'Éléonore Scoffier, 20/05/1823, Saint-Sauveur-sur-Tinée.
[216] AD06, Acte de mariage de Louis Maïssa et de Marie Anne Thérèse Olivier, 27/08/1839, Gilette.
[217] Qualifié de propriétaire en 1842 (AD06, Acte de naissance d'Auguste Marcellin Maïssa, 23/06/1842, Gilette) et de rentier en 1846 (AD06, Acte de baptême de Sophie Adélaïde Maïssa, 28/06/1846, Gilette).
[218] AD06, Acte de décès de Marie Olivier, 05/07/1859, Marseille, Registre 9.
[219] Pierre Bourdieu, « Les stratégies matrimoniales dans le système de reproduction », Annales ESC, 1972/4-5, p.1105-1127 (p.1108 pour cette citation).

1 commentaire:

  1. Cette étude est passionnante.
    J’aime bien «l’espoir fondé en cet homme nouveau ».

    RépondreSupprimer