samedi 8 juillet 2017

Projet Provence : Les nouveautés de juin 2017

Voilà un petit moment que le blog n'a pas été mis à jour et je vous dirai pourquoi très bientôt ; comme vous le savez, votre humble serviteur travaille d'arrache-pied à divers projets et vous aurez des news très très vite. Mais passons.

Le Projet Provence continue de bien avancer et je vous propose sans plus attendre les nouveautés de juin 2017 !

Tout d'abord, la plus grande part du projet consiste en un dépouillement de toutes les tables de mariages de Provence. Voici les dernières publiées :

Tables décennales de mariage :

04 :
- Le Lauzet (1793-1902) 733 mariages par Robert Savouillan
- Moustiers-Sainte-Marie (1793-1902) 1291 mariages par Robert Savouillan
- Puimoisson (1793-1902) 945 mariages par Robert Savouillan
- Quinson (1793-1902) 752 mariages par Robert Savouillan
- La Rochette (1793-1902) 278 mariages par Robert Savouillan
- Ubaye (1793-1902) 235 mariages par Robert Savouillan
- Villeneuve (1792-1902) 643 mariages par Robert Savouillan

05 :
- Aspres-sur-Buech (comprenant Agnielles et Aspres, 1793-1921) 697 mariages par Cyrille Courtois
- Châteauneuf-de-Chabre (1812-1915) 156 mariages par Guy Trupheme
- Lazer (1802-1899) 233 actes par Guy Trupheme
- Upaix (1813-1899) 427 mariages par Guy Trupheme

84 :
- Althen-des-Paluds (1846-1912) 574 mariages par Bernard Gourbin
- Ansouis (1793-1892) 764 mariages par Thomas Spinosa
- Cabrières-d'Aigues (1793-1892) 391 mariages par Thomas Spinosa
- Entrechaux (1793-1904) 890 mariages par Bernard Gourbin
- Sannes (1793-1892) 118 mariages par Thomas Spinosa


Mais le Projet Provence c'est aussi d'autres sources, dont les fameux BMS. Le but est d'en déposer un maximum sur Internet, en accès libre afin de faciliter le travail des généalogistes. Ce mois-ci, voici quelques relevés :

Baptêmes :

13 :
- Marseille (St Laurent) (1700-1704) 1598 baptêmes par Thomas Spinosa

84 :
- Pertuis (1700-1709) 1508 baptêmes par Thomas Spinosa

Mariages :

13 :
- Marseille (St Laurent) (1700-1704) 336 mariages par Thomas Spinosa

84 :
- Ansouis (1656-1668) 107 mariages par Thomas Spinosa
- Pertuis (1700-1709) 285 mariages par Thomas Spinosa

Sépultures :

13 :
- Marseille (St Laurent) (1700-1704) 1265 sépultures par Thomas Spinosa

84 :

- Pertuis (1700-1709) 903 sépultures par Thomas Spinosa

Le Projet Provence consiste aussi en des dépouillements d'actes notariaux et de sources diverses. Par exemple, actuellement sous la coordination de Danielle Stanislas, vous pouvez indexer les relevés de Chantal Berthelot : C'est par ici ! Si vous avez des ancêtres en Pays d'Aigues, alors ce projet est fait pour vous. Surtout que si je vois que ça bouge un peu, ça pourrait me réveiller et me décider à enfin transmettre tous les CM et testaments de La Tour-d'Aigues que j'ai numérisés aux AD84 ! Alors, sans plus attendre, indexons !

Enfin, je viens de découvrir un truc de fou ! Sacrés Ancêtres a été mentionné dans la Revue Française de Généalogie (numéro de février-mars). Merci beaucoup à Pierre-Valéry Archassal pour avoir parlé du Projet Provence !

En effet, ce projet, en partenariat avec Geneanet qui héberge les relevés et les diffuse au plus grand nombre, a besoin de vous ! C'est grâce à vous tous, bénévoles, généalogistes débutants ou confirmés, que la généalogie libre avance.

J'en profite pour remercier tous les bénévoles du projet qui font un travail fabuleux.

Sur ce, je vous souhaite une excellente fin de semaine et à très bientôt pour des infos importantes !

jeudi 16 mars 2017

Familles marseillaises : un nouveau projet ?

C'est une idée qui me trotte dans la tête depuis plusieurs mois... et je vais vous en parler.

Comme vous le savez, votre serviteur s'engage depuis des années pour la généalogie libre d'abord à travers le site personnel Prat Généalogie créé en 2008, puis en se chargeant de la coordination du projet Mariages du XIXe sur Geneanet pour la Provence. Mais voilà, alors que ce dernier projet avance assez bien, je me suis dit qu'il serait temps de voir plus grand et plus en accord avec mes travaux. Sans pour autant laisser tomber ou même consacrer moins de temps au projet "Mariages du XIXe" ou à mes relevés personnels, j'aimerais consacrer un peu de temps à un nouveau projet.

C'est le projet "Familles parisiennes" qui m'a donné envie de faire la même chose, mais avec la cité phocéenne. Comme vous le savez peut-être Marseille possède les plus vieux registres de notaires de France, et des travaux colossaux ont été effectués par les bénévoles de l'AG13 dans le dépouillement des tables de notaires pour les contrats de mariage. Citons encore François Barby et Didier Verlaque qui ont poursuivi des travaux d'une immense utilité pour les Marseillais et leurs descendants.

Simplement, la plupart des généalogistes restent sur un arbre un peu... décharné. En effet, en se basant sur les relevés effectués jusqu'à présent, on a l'ossature de l'arbre jusqu'à une période très reculée, certes, mais on est loin d'avoir une appréhension fine de la vie des Marseillais.

D'ailleurs, rares sont les historiens de la cité phocéenne à l'époque moderne. En effet, on se noie facilement dans tous ces registres.

C'est pourquoi j'aimerais, sur le modèle de "Familles parisiennes", lancer ce projet "Familles marseillaises".

Mais il me faut de l'aide, d'autres bénévoles, pour m'aider à numériser des registres, d'autres pour participer à une indexation, etc. Pour le moment, le projet en est à ses balbutiements, c'est-à-dire que je n'en suis qu'à délimiter le cadre.

Alors, en quoi ça consisterait ?

D'abord, choisir sur quoi travailler. Chaque bénévole étant... bénévole, il travaille sur ce qu'il veut. Registres paroissiaux, registres notariés, archives judiciaires, etc. Tout ce qu'il faut, c'est qu'il numérise en premier lieu un registre ou une liasse de manière exhaustive. Exit donc les "registres" déposés sur Geneanet avec seulement les contrats de mariages et les testaments. Ensuite, le bénévole peut soit indexer lui-même le registre sur Geneanet, soit le laisser au soin d'indexeurs qui ne peuvent pas être présents aux AD de Marseille pour numériser.

Je propose cinq axes de numérisation et indexation pour l'instant :
1. Les registres paroissiaux. Déjà numérisés, il s'agirait de faire des relevés exhaustifs à partir des archives en ligne.
2. Les tables de mariages du XIXe siècle. Dans le cadre du projet déjà cité, quelques dépouillements sont en cours. Là aussi, les tables sont disponibles sur Internet.
3. Les archives notariales. Voilà le gros morceau. Il faudrait numériser intégralement des registres, suivant les choix des bénévoles qui numérisent, et les déposer sur Geneanet pour indexation. D'abord sommaires, ces indexations devraient dans l'idéal inclure tous les actes. On aurait donc une indexation sommaire avec le type d'acte, les parties impliquées et cela permettant ensuite de tomber sur l'acte directement à partir d'une recherche Geneanet. Les plus courageux pourront faire des "analyses" plus ou moins sommaires des actes ; et là, en toute franchise, je pense que ce ne sera possible, dans un premier temps, que pour les contrats de mariages, les testaments et les actes sortant de l'ordinaire. Mais il faut que les autres actes soient présents pour plus tard d'où cette condition absolue d'une numérisation intégrale.
4. Les archives privées. Papiers de familles, livres de raison, peuvent être un bon angle pour faire de l'histoire de la famille. La numérisation, assez rapide, de ces liasses ou petits livres, s'avérera particulièrement utile pour l'historien.
5. Les archives professionnelles. Les corporations ont laissé parfois des archives. Elles nous permettent de mieux comprendre la vie de nos aïeux en les replaçant dans un contexte professionnel (le métier), géographique (Marseille) et temporel (l'Ancien Régime). On est au plus près de la réalité du métier de tonnelier ou autre de notre ancêtre marseillais si on a comme lecture les statuts de la corporation, sa correspondance, ses jugements, les élections, etc..

Vous l'aurez noté, la focale se trouve surtout sur l'Ancien Régime, mais d'autres sources peuvent être incluses par la suite, comme les archives des tribunaux, les archives ecclésiastiques, etc. Au gré des bénévoles et surtout de l'avancée de certains projets.
En effet, la priorité, à mon sens, est de favoriser la numérisation d'archives notariales très souvent consultées et qui risquent de s'abîmer avec le temps. De plus, le généalogiste et l'historien seront (en général) davantage intéressés par cela que par certains autres documents.

C'est un projet que je voudrais pluridisciplinaire. Je souhaiterais qu'il intéresse tant le généalogiste que l'historien, tant l'archiviste que le curieux. Qu'il puisse être utile à ceux qui font de l'histoire économique, sociale, familiale ou autre. C'est un projet qui a pour but de mieux connaître les Marseillais d'antan.

Je ne sais pas encore quelle forme doit prendre l'ensemble. Fonder une association ? Ou simplement avec le patronage d'un site, travailler librement ? Je ne sais pas. C'est aussi pour cela que j'écris cet article, pour un peu prendre la température, savoir qui serait partant pour indexer/numériser voire coordonner certaines parties du projet, et en gros, ce que vous en pensez. Ce serait sympa, à mon avis, de se lancer là-dedans, avec en tête le fait que cela peut donner l'inspiration à d'autres communes et pourquoi pas, un jour, lancer un projet "familles provençales".
Mais bon... d'abord "Familles marseillaises" ! Un pas à la fois.


Si vous souhaitez participer au projet, vous pouvez aussi m'écrire directement sur mon adresse mail : thomasspinosa [at] hotmail.com

mercredi 1 mars 2017

Tables de mariages : les nouveautés de février 2017



Le projet de dépouillement des tables de mariages de Provence continue son chemin et les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence, 04) avancent toujours à pas de géant. On se dirige vers un accomplissement de l'objectif 100% des tables dépouillées pour ce département dans le courant de l'année 2017. Mais tout dépend de vous, chers lecteurs, pour atteindre cet objectif pour tous les départements ! En effet, les autres départements de Provence sont un peu à la traîne, mais gageons qu'ils sauront trouver des bénévoles pour les aider.

Alors, quels sont les nouveaux dépouillements effectués en février et mis en ligne sur Geneanet ?

Dans les Basses-Alpes (04) :
- Bellaffaire (1793-1902) par Robert Savouillan - 275 mariages
- Le Chaffaut (1793-1902) par Robert Savouillan - 200 mariages
- Demandolx (1800-1902) par Sylvette Beaussart - 249 mariages
- Digne-les-Bains (1792-1902) par Thomas Spinosa - 3 389 mariages
- Lambruisse (1793-1902) par Robert Savouillan - 236 mariages
- Malijai (1793-1902) par Jean-Pierre Causse - 425 mariages
- Mallefougasse (1793-1902) part Robert Savouillan - 181 mariages
- Melve (1793-1902) par Robert Savouillan - 278 mariages
- Montfort (1793-1902) par Robert Savouillan - 191 mariages
- La Mure (1793-1902) par Robert Savouillan - 255 mariages
- Oraison (1851-1902) par Robert Savouillan - 767 mariages
- Pontis (1793-1902) par Robert Savouillan - 272 mariages
- Sausses (1793-1902) par Robert Savouillan - 273 mariages
- Thèze (1793-1902) par Robert Savouillan - 304 mariages

Dans le Vaucluse (84)
- Cabrières-d'Avignon (1802-1892) par Véronique Dufour - 613 mariages
- Lauris (1802-1842) par Bernard Colletin - 573 mariages

Soit un total de 8 481 mariages ajoutés au mois de février pour la Provence.

Et après ? Que fait-on ?
Je vous conseille de consulter les pages Geneawiki du projet :

Vous saurez ce qui est en cours. Mobilisez-vous pour ce beau projet, faites des dépouillements ! Les archives sont toutes en ligne et c'est assez facile à faire. Une fois fait, votre relevé sera très utile à ceux faisant de la généalogie ascendante (notamment les débutants ou ceux avec une épine généalogique) mais aussi de la généalogie descendante.


Bref, à vous de jouer maintenant !

dimanche 26 février 2017

L'incorporation des ancêtres



Isabelle Luciani et Valérie Piétri (dir.), L'incorporation des ancêtres. Généalogie, construction du présent, Aix-en-Provence, PUP, 2016.

Pour un peu changer, Sacrés Ancêtres! vous parle d'un livre. Et comme d'habitude, je vous préviens, il ne s'agit pas d'un compte-rendu de lecture, mais d'un simple avis.

Cet ouvrage est composé de plusieurs communications diverses autour du thème de la généalogie et de "l'incorporation des ancêtres". La première phrase de l'excellente introduction d'Isabelle Luciani et Valérie Piétri est éclairante à plus d'un titre : "La question des origines travaille en profondeur le processus de construction identitaire que ce soit à l'échelle collective, des groupes sociaux aux peuples et aux nations, ou à l'échelle des individus". C'est donc un livre résolument tourné vers la compréhension du présent à travers le passé généalogique ; une compréhension de soi à partir de ses aïeux.
Ainsi, le thème, qui permet d'élargir la question aux groupes et nations, est assez large pour que les communications soient intéressantes pour tous types d'historiens et de généalogistes. Après plusieurs communications autour des nations, l'on s'intéresse aux récits de chevalerie, aux imprimés généalogiques, etc.

Mais procédons dans l'ordre ! Les premiers articles portent sur la construction des nations par une généalogie. Et en effet, les mérovingiens, les capétiens, tenaient leur légitimité de leur généalogie. Ainsi les capétiens ont un peu effacé "l'usurpateur" Hugues Capet pour se concentrer sur les autres et asseoir ainsi leur légitimité sur le trône de France. Ils se revendiquaient originaires des troyens et donc d'une ascendance mythologique, d'un premier roi Francs (Francus) légendaire, etc. Cette généalogie permet de mieux saisir l'état d'esprit général de la France à l'époque moderne... du moins pour la noblesse et la royauté toutes deux férues de généalogie. Ainsi les Polignac, branche noble d'Auvergne, par un jeu d'homonymie se prétendaient descendre de Sidoine Apollinaire (Apollinaire - Polignac) lui-même descendant d'Apollon. Cette famille essayait en fait de montrer que sa noblesse, de toute façon immémoriale, remontait à l'Antiquité romaine et qu'ils étaient bien "les rois" en leur région. Cela, afin de contrer la monarchie absolue qui voulait mettre au pas les nobles.

Donc vous voyez, chers lecteurs, c'est un livre d'histoire avant tout. Mais un livre qui nous instruit, qui nous permet de mieux comprendre le rapport aux aïeux d'autrefois. Et ce, jusqu'à aujourd'hui. Au XIXe siècle, un article absolument passionnant d'Agnès Graceffia, nous renseigne sur la mythologie de la construction de la France, résolument "multi-ethnique" (Gaulois, Francs, Romains) pour montrer que notre pays s'est construit sur l'apport de plusieurs populations sur un territoire. C'est le territoire qui prime. En Allemagne, c'est la "race", les Germains. D'où le racialisme allemand qui continua au XXe siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale.

Chaque communication nous apprend de nombreuses choses. Et on passe de cette macro-histoire, sur les nations, à la micro-histoire, sur des individus. Ainsi ce Valenzuela, favori de la reine-mère espagnole, qui, parti de rien, obtint d'êtres parmi les Grands de la noblesse et devint Premier Ministre. Les Grands, jaloux de leurs privilèges de race, firent une campagne de calomnie via des libelles pour faire disgracier le favori... ce qui réussit.

Vous trouverez un article sur les descendants d'esclaves absolument magistral avec la quête toute récente de l'origine de ces esclaves via la généalogie génétique. Un article se concentre sur ce dernier point et montre bien les dérives de cette pratique, avec ce que l'auteur appelle une racialisation 2.0 où des personnes prétendent avoir un sang pur et former des communautés racialement discriminantes grâce à ces tests. Plus encore, les limites de ces tests sont bien montrées par l'auteur (Claude-Olivier Doron), notamment leur fiabilité très contestable. En effet, les échantillons de population sont peu nombreux, ils ne tiennent pas compte des migrations anciennes, ils ne révèlent finalement qu'un cousinage lointain avec des individus qui vivent actuellement à tel ou tel endroit sans vous révéler d'où vous venez concrètement. Il ne s'agit pas de généalogie, mais de statistique dépendant de nombreuses variables dont... la spécialité de l'entreprise. En bref, ces tests sont vendus comme vous dévoilant vos origines, comme des tests historiques, ce qui est faux. Ce sont des données bruts contemporaines. Rien à voir avec de la généalogie. Sans parler du fait (et je trouve dommage que l'article n'en parle pas) que la généalogie est une construction sociale, que l'on accepte implicitement que les traces, les documents, nous disent la vérité. La généalogie n'est pas génétique.

Bref, c'est un livre absolument passionnant par ses nombreux articles, relativement brefs, ce qui est toujours agréable si l'on a peu de temps. En plus de cela, c'est un livre d'une grande rigueur historique, mais pas seulement : pluridisciplinaire par essence, il se conclut sur un article assez ardu sur Michel Foucault et la généalogie, donc un article philosophico-historique. Vous trouverez de l'analyse littéraire, de la sociologie, de la génétique, bref, un livre vraiment complet qui traite de la généalogie dans le cadre rigoureux des Presses Universitaires de Provence.
Si je devais faire un reproche, j'aurais un peu de mal et le seul qui me viendrait en tête serait lié à mes centres d'intérêt. Trop peu de classes intermédiaires (voire aucune) figurent dans cet ouvrage. L'on s'intéresse aux rois, aux nations en général, aux romans, aux nobles, mais quid des paysans, des artisans et autres. N'avaient-ils pas aussi des ancêtres dont ils pouvaient se revendiquer ? Les écrits du for privé (livres de raison, de famille, correspondance) peuvent peut-être répondre à cette question et l'une des directrices de cet ouvrage, Mme Isabelle Luciani, est justement très impliquée dans ce domaine. En tout cas, gageons que ce livre fera des émules, en histoire comme en généalogie, sur la construction du présent par l'incorporation des ancêtres (et quel beau titre d'ailleurs !).


A lire !

vendredi 24 février 2017

Ils ont des chapeaux ronds, de bonnes galettes et font de la généalogie comme des druides



Ouiiii, Sacrés Ancêtres ! adore la polémique, ça le fait rire. Il a lu avec attention les articles de Rémy Penneg, Sophie Boudarel, Stéphane Cosson et les commentaires. Et dans sa grande mansuétude, légendaire, que dis-je, mythologique, il prend la plume pour vous livrer un petit billet.

Il était une fois, à Lorient, un cordonnier qui épousa une domestique. La domestique de Lorient était originaire d'Auray et le cordonnier... de l'Ariège. Leurs enfants, un garçon et deux filles se marièrent avec une Bretonne du Nord (Valenciennes), un Breton du Sud (Toulon) et un Breton du Centre (Île-de-France). Ainsi, je constate une chose, que Rémy Penneg a raison, les Bretons sont stables. Ils se marient entre eux.
D'ailleurs, mon père est un Breton de l'Extrême-Sud (Borgo di Gaeta, che è una bella città della Bretagna) où l'on parle un patois très local, vous l'aurez compris.

En fait, je ne comprends pas cette polémique autour de cette article. M. Penneg a raison. Sophie, Stéphane, que racontez-vous donc ?!!

En effet, on apprend que les curés sont bavards en Bretagne. On vous donne même (parfois, hein, faut pas déconner), les noms ET prénoms des parents d'un baptisé. Alors que c'est bien connu, chez les Zoulous de Marseille, il n'y a aucun registre. D'ailleurs, je suis allé aux AD des Bouches-du-Rhône il y a peu :
« Bonjour, je voudrais consulter les registres de Marseille.
— Ahhhh mon bon monsieur, on vous a pas dit ? On n'a pas de registres ici.
— Quoi ? Crottebleu ! Que Dieu me patafiole !!
— En fait, je dois vous avouer un truc, mon bon monsieur. Le bâtiment n'abrite aucun document, en fait, on sert juste à décorer le quartier et à créer de l'emploi fictif.
— Madame, je suis outré. Des emplois fictifs en plus ? »
C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Pénélope F.
Mais passons.
M. Le Breton a donc raison, CQFD.

En plus, les Bretons sont soudés, plus que les autres. Certains sont même soûlés plus que les autres... Bref, ils forment une communauté forte, alors que la Provence ? le Nord ? Tout ça, ce sont des gens bizarres qui n'ont pas de sentiment d'appartenance. C'est bien connu. D'ailleurs, moi (encore lui... cet égocentrique !!) le Marseillais, je n'ai aucun sentiment d'appartenance, quand bien même j'ai des ancêtres sur Marseille depuis le XIVe siècle... grâce à des registres qui n'existent pas, bien sûr. Et puis, j'ai cette force de me sentir aussi un peu Provençal en général, mais aussi je suis originaire du Dauphiné, du Hainaut, de la Belgique, des Pays-Bas, de l'Italie, de la Haute-Marne, de la Sarthe et même de la Bretagne... mais avec mon nom qui fleure bon la pizza, j'ai peur d'y être regardé de haut...

Et c'est bien connu, la société bretonne est la même qu'autrefois. D'ailleurs je suis allé me recueillir à Auray, chez mes ancêtres et là, que vis-je !! Un tournoi avec Mme la Marquise de Pouët-Pouët et le Baron Le Plouc en spectateurs, pendant que le curé, le vénérable, le révérend Père du Saint-Observatoire-Observantins, monseigneur Le Glou-et-Glou-et-Glou bénissait les pintes des invités les plus illustres. Ainsi, dans une représentation parfaite de la société de classes, je crus apercevoir la reine-mère, mais je ne vis pas sa tête, donc je ne suis sûr de rien...

Bref, tous armés de leurs chapeaux ronds, ils étaient entourés d'un clergé. Car les Bretons sont catholiques.

Alors qu'ailleurs, c'est bien connu, ce sont tous des mécréants... D'ailleurs le Pape a déménagé d'Avignon pour s'installer à Brest. Mais si, j'vous jure ! Ailleurs, les BMS n'existent pas, je vous l'ai démontré. Une fois que la femme a accouché, sur la Canebière, elle sacrifie le cordon ombilical à la Déesse Bouillabaisse. Si, j'ai lu ça dans un livre.

En plus, les Bretons étaient stables, ils ne bougeaient jamais. Faut dire, z'ont pas l'autoroute. D'ailleurs, cette assertion de M. Le Breton est sourcée par les plus grands historiens et anthropologues. Je cite d'ailleurs Claude Lévi-Strauss :
« L'exogamie est une règle de toute société. Sauf chez les Bretons qui, se mariant entre eux sans prohibition de l'inceste font que ce putain de bouquin que je viens d'écrire ne sert à rien. »

C'est donc une vérité universellement reconnu que les Bretons partaient soit en Nouvelle-Zélande, soit restaient au village. Car JAMAIS, je dis bien JAMAIS, un Breton n'ira à Paris, Lille ou Bordeaux. D'ailleurs mon aïeul né à Lorient marié à une Bretonne du Nord (de Valenciennes) est mort en Bretagne du Sud (Marseille).


Sur ce, je vous laisse méditer, chers amis généalogistes. M. Le Breton a raison, entièrement. Simplement son argumentaire manquait du poids que je viens de vous donner. J'espère que vous aurez ainsi compris pourquoi j'ai décidé, de ma demeure bretonne d'Aix-en-Provence, de prendre sa défense.

jeudi 24 novembre 2016

Famille biologique et généalogie

Vous le savez, Sacrés Ancêtres ! n’aime pas se mêler de politique car votre serviteur respecte toutes les opinions, toutes les croyances. Mais voilà-t-il pas qu’un des candidats à la primaire de la droite et du centre nous dit ceci :
« Mais il ne me paraît pas légitime que la loi permette de considérer qu’un enfant est fils ou fille, de manière exclusive, de deux parents du même sexe. Sa filiation au sens biologique du terme, à l’égard d’un père et d’une mère, ne doit donc plus pouvoir être effacée par une adoption plénière. »

Et là, on touche à une chose importante : la généalogie. Parler de filiation biologique et la mêler à l’état-civil fait sourire tout généalogiste qui s’est penché avec philosophie sur son arbre. En effet, comment être sûr du père ?
La généalogie est une construction, nous le savons. Nous faisons un arbre social, pas génétique. On ne cherche pas à prouver que notre aïeul à la douzième génération est bien notre ancêtre par le sang mais qu’il est notre ancêtre par convention sociale. En effet, comment qualifier autrement la filiation ? Oublions-nous que longtemps le père était le mari de l’épouse, même si le mari avait disparu depuis des années ?
Une filiation agnatique (par les pères) se faisait et se fait toujours majoritairement par la transmission du nom de famille, le nom du père, le patronyme. La mère, elle, accouchait et là se trouvait la preuve de sa filiation. Voilà où se trouve la construction de la famille.

Dire que l’adoption plénière par des homosexuels efface la filiation biologique est une erreur. L’état-civil ne sanctionne pas un fait biologique, mais social. Après tout, il n’y a jamais de test de paternité distribué à la mairie de Trifouillis-les-Oies pour vérifier que Mme Michu a été fidèle à son mari ! Imaginez que l’on fasse systématiquement des tests de paternité ; ne risquerait-on pas de ruiner en pensions alimentaires facteurs et plombiers ? 

L’état-civil sert à donner à un nouveau-né des parents. Et c’est une construction sociale, c’est-à-dire de notre société ; alors certains vont crier à la vraisemblance, mais après tout, la vraisemblance, on s’en moque, ce qui compte c’est la vérité. Et la vérité est que l’enfant a des parents, qui sont ceux qui l’élèvent. Deux hommes, deux femmes, peuvent avoir des enfants et ils leur transmettront une éducation qui les intégrera pleinement à un arbre généalogique.


Car la généalogie, la filiation, est une vérité sociale, non biologique. Légitimer la filiation (M. Fillon parle de légitimité) par la biologie, c’est donc nécessairement en faire un acte contraire à la Société qui caractérise l’humain pour le ramener à une sorte de règne animal imaginaire. Si nos ancêtres sont descendus des arbres, M. Fillon, semble-t-il, souhaite nous y faire remonter.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire cette lettre ouverte à M. Fillon :
http://gaytup.blogspot.fr/2016/11/lettre-ouverte-francois-fillon.html

dimanche 6 novembre 2016

Du nouveau sur Prat Généalogie

Le site www.prat-genealogie.fr se relance et quelle relance ! Enfin… pour les Provençaux en tout cas.

Plusieurs nouveautés apparaissent sur le site. Tout d’abord, de nouvelles rubriques qui accueilleront dans un avenir plus ou moins proche des relevés tout frais. Ensuite de nouveaux relevés. Outre quelques tables de mariages du XIXe siècle, également déposées sur Geneanet, vous trouverez en exclusivité mondiale les relevés du bourg de La Tour-d’Aigues (Vaucluse) : l’intégralité des BMS de 1668 à 1790 et les naissances de 1793 à l’an XIV.
Je vois celui qui est assis au premier rang et qui lève la main pour me demander Monsieur et les années 1791-1792 ? Bah elles sont manquantes aux AD !

A venir dans les dépouillements : les naissances à La Tour-d’Aigues de 1806 à 1815 et les mariages de 1793 à l’an XIV.

Et, plus encore, il y a du nouveau sur l’arbre en ligne. J’ai fusionné ma généalogie et mes derniers relevés. Du coup, il y a quelques doublons que je m’efforce à éradiquer. MAIS vous y trouverez surtout, outre des mariages de l’arrondissement de Grasse, des mariages marseillais (les mariages de 1802 à 1812 pour les lettres A à C) et la reconstitution complète des familles de la Tour-d’Aigues de 1668 à 1790.

Bon, en gros, si vous avez de la famille à La Tour-d’Aigues, c’est Noël. Sinon, bah tant pis !

A venir sur l’arbre en ligne : les mariages d’Antibes (1873-1902), de Marseille (1802-1812 lettre D) et de Cannes (1792-1902).


Par ailleurs, puisque l’on parle de tables de mariages, désormais je twitterai les nouveautés au fur et à mesure, ce sera plus simple à gérer. Pour me suivre, c’est à gauche de votre écran.