mardi 13 octobre 2015

Classer virtuellement sa bibliothèque

C'est un sujet un peu ardu pour le grand inorganisé que je suis. Mais voilà, à un moment, il faut se résoudre à s'organiser, surtout quand les bibliothèques vomissent vos livres, quand votre bureau menace de s'effondrer et que vous y avez juste la place pour mettre l'ordinateur.

Le problème, c'est qu'on ne vit pas tous dans un manoir avec la place pour tout ranger. Il faut donc utiliser le système D.

Mon conseil est d'avoir un classement virtuel. Pourquoi ? Parce que force est de constater que lorsque la place manque, on ne peut pas avoir de belles bibliothèques thématiques. Parfois, comme moi, on n'a pas assez de bibliothèques pour le nombre de livres, donc on se résout à faire des piles ou à ranger certains ouvrages dans des cantines.

Alors, quel outil utiliser ? Il y a Babelio qui permet de recenser tous les livres que l'on possède, mais ce n'est pas très pratique. Les sites pullulent depuis, en anglais, en français, où l'on peut entrer sa collection de livres. Ca va quand on n'en a pas beaucoup... Mais franchement, à part montrer sa collection sur le Net, ces sites ne sont pas très utiles.
En effet, le but d'un classement est de savoir ce que l'on a, ce que l'on n'a pas, et éventuellement de retrouver dans la masse de papiers, le livre. Pour ce dernier cas, je ne vous donnerai pas de conseils, étant incapable de mettre la main sur mes bouquins tant ils sont rangés n'importe comment.

A quoi ça sert de savoir ce que l'on a et ce que l'on n'a pas ? Eh bien, quand vous serez dans une librairie, sur une brocante, vous verrez peut-être un bouquin qui vous plaira et vous vous direz : « L'ai-je ? » Et vous risquez de l'acheter, de le payer plus ou moins cher, pour vous rendre compte que vous l'avez déjà. Maintenant, nous avons tous plus ou moins un smartphone. Et là, il peut être utile... Je vous ai parlé il y a peu d'Evernote et si son usage peut être intéressant pour le généalogiste, il peut l'être encore plus pour le bibliophile.
En créant un carnet de notes dans lequel vous rédigerez des notes bibliographiques, vous pourrez, grâce à l'outil de recherche d'Evernote, savoir immédiatement si vous avez tel ou tel livre.

Comment faire ?
Une fois Evernote installé, créez un carnet de notes que vous pourrez nommer, par exemple, « Bibliothèque de X » et à l'intérieur, vous pouvez créer des notes par thèmes.
Je vous conseille des thèmes très généraux à moins que vous n'ayez une bibliothèque particulièrement spécialisée. Personnellement, j'ai créé les notes suivantes (entre autres), « Provence », « Nord », « Histoire de la famille », « Méthodologie historique », « Économie et philosophie politique », « Romans XIXe », etc., etc. Il faut que les titres vous parlent. Ce classement vous servira à repérer facilement votre bibliothèque thématique. L'outil de recherche d'Evernote vous permettra de trouver, en tapant le titre, s'il figure dans une de vos notes et si oui, dans laquelle.

Ensuite, comment classer ses livres dans sa note ?
Le plus simple est le classement alphabétique, par nom d'auteur. Je vous conseille la formule suivante :
Nom Prénom, Titre, Lieu d'édition, Maison d'édition, Année.
Par exemple :
Neveux Hugues, Vie et déclin d'une structure économique. Les grains du Cambrésis, fin du XIVe - début du XVIIe siècle, Paris, EHESS et Mouton Éditeur, 1980.

Vous pouvez intervertir les prénoms et les noms, mais je vous conseille, dans ce cas, de mettre le nom en gras pour le repérer plus facilement : Hugues Neveux, etc.

La question qui se pose pour les livres anciens est la notice bibliographique. Qu'est-ce ? C'est une notice complète sur un ouvrage avec son format (in-folio, in-4°, etc.) et éventuellement des notes additionnelles (présence d'un ex-libris, détails sur la reliure). Personnellement, je vois un peu d'intérêt à le faire pour les livres anciens, MAIS, un livre récent peut très bien avoir un ex-libris, être relié, etc. Donc, je me demande si la notice bibliographique ne serait pas à faire sur tous les livres. C'est bien trop ingrat à faire et peu utile lorsque l'on a beaucoup de livres.
Si cependant cela vous tente, vous pouvez vous inspirer plus ou moins fortement des notices d'autorité de la BNF : http://catalogue.bnf.fr
Cela donne :
Type : texte imprimé, monographie
Auteur(s) :  Neveux, Hugues (1933-1998)
Titre(s) :  Vie et déclin d'une structure économique [Texte imprimé] : les grains du Cambrésis, fin du XIVe-début du XVIIe siècle / Hugues Neveux ; avant-propos d'Emmanuel Le Roy Ladurie
Publication :  Paris : École des hautes études en sciences sociales ; Paris ; La Haye ; New York : Mouton, 1980
Impression : Paris : Impr. nationale
Description matérielle :  XIII-443 p.-[8] p. de pl. : ill., couv. ill. ; 24 cm

Ou :
Vie et déclin d'une structure économique [Texte imprimé] : les grains du Cambrésis, fin du XIVe-début du XVIIe siècle / Hugues Neveux ; avant-propos d'Emmanuel Le Roy Ladurie. - Paris : École des hautes études en sciences sociales ; Paris ; La Haye ; New York : Mouton, 1980 (Paris : Impr. nationale). - XIII-443 p.-[8] p. de pl. : ill., couv. ill. ; 24 cm. - (Civilisations et sociétés ; 64).

A vous de faire votre choix ; le mien est fait : le classement alphabétique avec les informations de base. Même si chaque bibliophile doit rêver d'avoir son zoli catalogue avec les photos de ses livres et une notice d'autorité parfaite, il faut se faire à l'idée que ce genre de catalogue viendra (peut-être) après votre décès... En attendant le zoli catalogue, il faut penser « utile ». Il faut que votre classement soit pratique, qu'il vous permette de savoir en un clin d'oeil quel livre vous avez, quel livre vous manque. D'où l'utilité de coupler cela avec un tableur Excel pour savoir quels sont les livres que vous recherchez et quel est le prix observé.
 
Bons rangements !

lundi 12 octobre 2015

De l'importance des déductions en généalogie

Sur Twitter, j'ai remercié un bénévole pour son aide précieuse. Il m'aide dans le cadre de mon Master en me numérisant des actes du Nord alors que je vis à Marseille. Il est totalement désintéressé, j'avais proposé de l'aider sur les Bouches-du-Rhône mais il n'a pas d'ancêtres sur place et, pourtant, il m'aide. Je ne sais pas si, un jour, je pourrai lui rendre la pareille. S'il passe sur le blog, qu'il sache toute ma gratitude.

Quoiqu'il en soit, en plus des actes demandés, il m'a fourni un relevé de la base NordCens, c'est-à-dire de la base des censiers faite par H. Deschamps dans les années 1990. Sur ce relevé figurent les Patte qui furent censiers.

Qu'est-ce qu'un censier, me direz-vous ? Eh bien, c'était un locataire d'une grande propriété agricole appartenant le plus souvent à un seigneur ou à l'Église. Assez aisés, les censiers aspiraient toutefois à quitter leur cense pour devenir des négociants en ville.

Sur ce relevé, j'apprends que Charles Patte, censier de Thiant, avait épousé Marie Agnès Leduc en 1713 (il cite un contrat de mariage) et qu'elle était fille de Claude et de Marie Françoise Trigault. Cela me fait remonter d'une génération, ce qui est génial, mais vous connaissez les généalogistes, ils en veulent toujours plus !

Je cherche sur Geneanet et je ne trouve pas l'ascendance du couple, mais Google étant l'ami des généalogistes, je lance une recherche et je tombe sur ce merveilleux site : http://cattenieres-d-autrefois.esy.es/

Et là, je tombe sur un contrat de mariage intéressant qui commence ainsi :
« Comparurent personnellement Pierre Rons fils à marier de Jean et de Jeanne Moustier assisté Mr Jean François Trigault prêtre et curé de Prémont son frère utérin, de Mr Antoine Trigault licencié en la faculté théologie prêtre aussi et curé d'Inchy Beaumont pareillement son frère utérin au nom et se portant fort de ladite Jeanne Moustier leur mère par laquelle ils promettent faire ratifier le présent contrat accompagné de Claude Leduc son beau-frère d'une part, Catherine Hutin fille aussi à marier d'Amand et Catherine Bricoult assistée d'iceux ses père et mère, de Philippe Hustin son frère, de Jean Hustin son oncle paternel, Philippe Bricoult son oncle maternel, Jean Taisne François Leduc et Jacques Hennino ses beaux-frères d'autre part, lesquels reconnurent que pour parvenir au mariage pourparlé qui au plaisir de Dieu se doit en bref solemniser à la face de notre mère la Ste Eglise si elle y assente entre lesdits Pierre Rons et Catherine Hustin d'avoir fait les portements, promesses, devises et conditions suivantes. »

Que note-t-on ?

Que l'époux est fils de Jean Rons et de Jeanne Moustier et qu'il a des frères utérins, c'est-à-dire du côté de sa mère. Ses frères portent le patronyme Trigault. Donc Jeanne Moustier a épousé un certain Trigault. Est présent, du côté de l'époux, un certain Claude Leduc qualifié de « beau-frère ». Conclusion, il a soit épousé une Rons, soit une Trigault. Et ô miracle, si vous regardez plus haut l'article, vous verrez que j'ai un Claude Leduc qui épouse une Marie Françoise Trigault. Qu'en déduit-on ? Que Marie Françoise Trigault est fille de Jeanne Moustier.

La prochaine étape ? Chercher le contrat de mariage de 1713 et regarder dans les tables des CM de Cambrai si d'autres actes peuvent permettre de mieux appréhender la vie de ces couples voire de remonter un peu dans le temps.

Alors, mon conseil du jour : cherchez de partout, entrez les noms de vos ancêtres dans Google et autres moteurs de recherche puis faites fonctionner votre cerveau ; faites des déductions.
Bonnes recherches !

samedi 10 octobre 2015

Les geneatrolls

La généalogie est un monde magique peuplé de créatures étranges, les geneaelfes qui sont un peuple vivant dans les arbres généalogiques, les geneanains qui creusent à la recherche d'une pépite et il y a les geneatrolls.

Ceux-là sont redoutables. Je vais vous raconter mes aventures — plus ou moins romancées, avec cette espèce particulière. A vous de me dire si vous en avez croisé d'autres.

Il y a le geneatroll de base, le copieur d'erreurs qui s'est fait une spécialité de recopier tous les arbres erronés de Geneanet. Ils se multiplient sur la toile et trollent vos recherches. Ainsi, une quinzaine d'arbres indiquaient le même décès à la même date et… impossible de le trouver dans les archives. Pourquoi ? Parce qu'il n'y est pas ! Je me suis fait geneatroller…

Il y a le geneatroll hurleur, celui qui crie au COPILLAGE !!! Il poste ses données sur Internet, y compris ses données contemporaines et s'offusque des gens qui les copient. Le pire, c'est qu'il invoque les puissances divines (la FFG, la modération de Geneanet) pour combattre dans une alliance digne de Tolkien les hordes de geneatrolls adverses. Dans cette guerre ouverte, le geneatroll hurleur n'hésite plus à supprimer son arbre en ligne qu'il a mis vingt ans à copiller sur d'autres pour devenir le…

Geneatroll clandestin. Ceux-là ne viennent pas en bateau, mais ils surfent bel et bien sur le web. Le geneatroll clandestin ne publie pas ses données pour ne pas être copié mais il vous contacte pour que vous lui en donniez plus. Comme ça, il pourra contempler son précieux arbre généalogique et être enterré avec. Si sa présence ne fait pas avancer la science historique, l'ethnologie des geneatrolls, elle, progresse à grands pas.

Il y a le geneatroll esclavagiste. C'est celui, par exemple, qui s'inscrit à l'entraide géographique de Geneanet… mais qui n'est pas disposé à l'entraide. Ce geneatroll espère trouver un correspondant pour lui faire faire tout le travail mais ne veut pas lui rendre de services en échange.

Il y a le geneatroll bénévole. C'est le bénévole qui vous reproche de ne pas être vous aussi autant impliqué que lui, parce que vous comprenez, il est désintéressé, altruiste, et ne veut aucune gloire mais quand même vous pourriez aider les autres comme lui, car Moi, président Je , etc., etc. Ce généatroll bénévole se rend ensuite compte que vous avez mis votre arbre en ligne, que vous avez publié des relevés, ou simplement que vous n'êtes pas son caniche et il va geneatroller quelqu'un d'autre. Ce geneatroll était un geneaelfe qui, par les puissances maléfiques d'autres geneatrolls en est devenu un.

Le geneatroll hautain. Vous le croiserez si vous voulez l'aider à compléter son arbre ou un arbre quelconque et il vous dira : Non mais allô quoi, tes informations elles sont fausses parce que Moi Je suis un vrai généalogiste même si je n'ai pas fait une seule recherche sur la branche dont tu parles. Ca peut être aussi le généalogiste qui vous pose la sempiternelle question : t'es remonté jusqu'où ? Et toi, blasé, tu réponds un truc normal, Sur ma branche d'ancêtres marseillais, au XIVe siècle environ. Lui, dégoûté que tu sois remonté plus loin que la Révolution, que t'en aies une plus grosse que lui, se la joue Procuste et répond Ah non, mais c'est impossible ! et il tente de te geneacastrer pour l'égaler dans sa médiocrité.

Enfin, il y a le geneatroll au plumage bleu. Il twitte et geneatroll la Revue Française de Généalogie quand elle fait un sondage. Ce geneatroll c'est… votre serviteur ! Pardon aux familles et tout ça.

Et vous, rencontrez-vous ces étranges créatures ? D'autres espèces non identifiées ? En somme : Vous êtes-vous déjà fait geneatroller ?

vendredi 9 octobre 2015

Forevernote

Cela fait plusieurs années que Sophie, de La Gazette des Ancêtres, publie sur Evernote qui serait un excellent outil pour gérer sa généalogie. Comme votre serviteur est technophobe, qu'il préfère le papier à l'ordinateur, il avait lu les articles de Sophie, avait acquiescé, puis s'était acheté un nouveau cahier à spirales.

Et il y a peu, je lisais un autre article sur Evernote et je me suis dit : « Si les geneablogueurs y arrivent, alors pourquoi pas moi ! Après tout, * révélation * je suis un geneablogueur ». Et paf ! le logiciel Evernote fut installé.

Alors, puisque tout le monde en a parlé sur son blog, pourquoi faire un article sur Evernote ? Parce que si comme moi, vous êtes une quiche en informatique, une bille en software, alors il vous faut un testeur. Je vais essayer de jouer ce rôle. Ne vous attendez pas à un test du genre Revue d'informatique , j'en serais bien incapable, mais essayons de voir ce qu'Evernote peut apporter au généalogiste technophobe. Et surtout, quelles sont ses limites.

Très facile d'accès

C'est le point positif par excellence. Ce logiciel est extrêmement intuitif. Au départ, le logiciel vous guide pour créer votre première note, votre premier carnet, etc. Après, dans les notes, ça fonctionne comme un éditeur de textes classique.

Et la généalogie ?

On y vient. Première chose à faire, lire les articles de Sophie de La Gazette des Ancêtres. J'en entends déjà dire : « Mais pourquoi aller sur un autre blog que Sacrés Ancêtres! ? », ce à quoi je répondrai :
1. Que vous êtes de vils flatteurs,
2. Que Sophie fait un boulot admirable pour aider à l'organisation en généalogie, qu'il faut aller sur La Gazette des Ancêtres car vous trouverez pleins d'articles intéressants.

Car oui, ce que je vais vous montrer est très largement inspiré des articles de Sophie.

Comment s'organiser ?

Créez un carnet de notes pour vos ascendants. Ensuite vous n'avez le droit qu'à un carnet dans le carnet. C'est un peu dommage qu'il n'y ait pas d'arborescence, mais j'y reviendrai plus tard pour le gros défaut d'Evernote…
Donc, un carnet Ascendants puis un sous-carnet par génération, c'est ce que je conseille.

Mes carnets (pour le moment !)

Pourquoi un carnet par génération ?
On a souvent repéré des centaines ou des milliers d'ancêtres et créer un carnet par ancêtre n'est pas possible car Evernote limite à 250 le nombre de carnets. Ensuite, pourquoi ne pas regrouper tous les ancêtres dans un même carnet ? Parce que, justement, avec beaucoup d'ancêtres, on a besoin d'un peu les classer. Votre logiciel de généalogie vous indiquera en plus à quelle génération se trouve tel ou tel ancêtre ce qui vous permettra de repérer facilement dans quel carnet il faut chercher.

Je dois avouer quelque chose... Je réécris cette partie de l'article car j'ai utilisé la méthode de Sophie et qu'elle ne me correspond pas à l'usage.

En quoi consiste la méthode de Sophie ? En deux notes par ancêtre, une pour les actes et une pour le journal de bord. J'ai tout de suite adopté l'idée... sauf que j'ai des fichiers numérisés de plusieurs Mo et que cela ralentit Evernote au-delà de tout ce qui est acceptable. Pour un de mes aïeux, je possède des dizaines d'actes notariés et, si je mets les photos dans Evernote, je le fais imploser. Alors, comment faire ?
J'ai pris la décision de ne pas inclure les photos d'actes dans Evernote mais seulement : soit les transcriptions, soit les relevés. Par relevés, j'entends le résumé le plus complet possible d'un acte. Cela me permet d'avoir à disposition toutes les informations dans une seule note sans que le logiciel ne rame.

A quoi ressemble une de mes notes ?


Comme vous pouvez le constater, cela ressemble beaucoup à ce qu'avait fait Sophie Boudarel. Je commence par lister les principaux actes au long d'une vie puis je fais une ligne de vie. J'ai un peu modifié la ligne de vie pour qu'elle corresponde à ce que je cherche.
La partie « présence » est là pour que je constate si la personne est citée comme partie prenante ou comme témoin ou parrain/marraine voire autre. La source est indispensable pour moi, elle me permettra de repérer où se trouve l'acte dans mon ordinateur (ou à défaut aux archives) si j'ai besoin d'un visuel. L'âge est là un peu comme accessoire.
Ce modèle sera à affiner suivant l'usage, bien sûr, peut-être mettre en gras les événements où Thérèse Mangaret a été partie.

Puis, vient la deuxième partie de la note, les actes ou plutôt ce qu'il en reste :


Ici seront classés tous les actes citant Thérèse Mangaret, y compris ceux où elle n'est là qu'en tant que marraine, témoin ou autre. Je ne compte pas y placer les actes où elle est notée comme décédée sauf si c'est l'acte qui me permet de dire « décédée avant telle année ». Ensuite, vous noterez qu'entre parenthèse figure la mention « Transcription ». C'est pour différencier l'acte transcrit de l'acte « relevé ». Je ne peux pas transcrire tous les documents que je consulte ou que j'ai, ce serait inhumain. Donc pour la plupart, notamment des actes notariés, je relève le plus précisément possible mais sans transcrire tout le texte.
Pour vous donner une idée d'un testament que je viens de relever :
Testament, folio 172
Le 29/05/1640 a été passé le testament de Jean Claude LANTELME, ménager, fils de feu François et de Marie ARNAUD, de La Tour d'Aigues, en temps de peste.
Il élit sa sépulture dans l'église de La Tour d'Aigues, en la tombe de ses prédécesseurs. Veut que son corps soit accompagné de la sainte croix, et des prêtres desservants cette paroisse.
« En consideration des faveurs et benefices qu'il a receu et recoist journellement de messire Jehan Anthoine Lantelme pretre chanoyne regulier de l'ordre de Sainct Ruf les Valance » lui lègue deux charges de blés à prendre annuellement durant sa vie et s'il ne veut pas les prendre à chaque récolte, il ne peut les réclamer à la récolte suivante.
« Pour la bonne amitié qu'il porte » à demoiselle Anne Herousse, sa femme, lui lègue en plus de ce qui est prévu par le contrat de mariage la somme de 50 livres à payer deux ans après son décès voulant qu'elle soit « entretenue d'allimantz et d'habitz selon sa qualité » tant qu'elle gardera son veuvage et demeurera dans sa maison. Si elle quitte le domicile, elle ne sera plus entretenue.
Le testateur lègue à ladite Marie ARNAUD, sa mère, « tous et chascuns les meubles fruitz et bestail ou argent est autres choses que se treuveront dans ses maisons et bastide l'hors de son decces et trepas pour en fere et disposer a son bon plaizir et volonté plus luy a legué et legue les fruictz et uzufruictz de tous et chascuns ses ses [sic] biens imeubles pour en jouir sa vie durant en payant les charges le despartement des debtes de la communauté en nourrissant et entretenant ladicte Herousse sa femme comme cy dessus est dict et Louize Lantelme sa fille honorablement selon sa qualité »
Le testateur nomme son héritière universelle ladite Louise LANTELME la fille de son légitime mariage avec ladite HEROUSSE. Si sa fille vient à décéder en bas âge sans enfants légitimes, il lui substitue, Augustin LANTELME marchand de ce lieu, son frère et si son dit frère vient aussi à décéder sans enfants légitime lui substitue Pasquette LANTELME sa soeur femme d'Antoine SILVESTRE ménager du lieu de Peypin-d'Aigues.
Il nomme tuteur de sa fille Louise, sa mère Marie ARNAUD « sans qu'elle soit tenue fere aulcun invantere ny rendre aulcun compte de son administration ». Si sa mère vient à décéder alors que ladite Louise est toujours en bas âge il nomme comme tuteur Augustin LANTELME son frère, auquel cas il lègue à ce dernier les fruits et usufruits de tous ses biens jusqu'à ce que sa fille se marie. Son frère devra aussi entretenir ladite HEROUSSE, femme du testateur, tant qu'elle vivra dans la maison commune et qu'elle gardera l'état de viduité. 
Le testateur demande à ce que sa fille, Louise, ne puisse pas se marier sans le consentement dudit Augustin LANTELME et de messire Jean LANTELME sacristain de l'église paroissiale de ce lieu et de messires Étienne LANTELME et Pierre DUBAR tous deux prêtres chanoines régulier de l'ordre de Saint-Ruf. Si elle se marie sans leur consentement, elle sera déshéritée.
Il nomme comme gadiateur lesdits messire Jean et Étienne LANTELME ses frères.
Acte fait et publié sur « la partie du terroir dudit La Tour et de La Bastidonne de Saveric »
Témoins : Jacques DANJOU, Louis POURPE, Christophe ARNAUD, Antoine POURCHIER de Louis, de ce lieu étant avec ledit testateur ; messire Pierre BUES, prêtre chanoine régulier de l'ordre de Saint Ruf vicaire de La Bastidonne, Honoré POURRET et Barthélémy BONNEFOY, de La Bastidonne
Signé par le seul notaire à cause de la peste.

Comme vous pourrez le constater je parle de relevé précis qui vous permettra de vous passer de l'original si vous n'avez pas accès à un appareil photo numérique ou si, simplement, vous avez trop d'actes à prendre. Ce relevé complet peut être évité par l'historien si ce dernier a une question précise à poser au document. Dans le cadre de mon mémoire, je ne fais que rarement des relevés aussi complets mais je note ce dont j'ai besoin parce que je sais quelle question poser au document. Si vous n'avez pas (encore) de questions à lui poser, il faudra faire soit une photo numérique, soit un relevé. Mettre les patronymes en majuscule peut permettre de les repérer plus facilement, d'un coup d'oeil, même si c'est esthétiquement très laid.

Mais revenons à Evernote.


Les limites d'Evernote

Evernote a une limite, le manque d'arborescence. C'est-à-dire la création de dossiers dans le dossier.
Je souhaitais me servir de ce logiciel pour y inclure mes cousins plus ou moins lointains. Voici à quoi ressemble un de mes dossiers sur mon ordinateur :

Grâce à ce système, je sais immédiatement qui est le fils de qui, à quelle génération, etc. Le fait de créer un dossier « Descendants » par génération est pratique parce que Geneatique indique sur la fiche individuelle la génération de notre ancêtre. Pour lui rajouter des enfants, des descendants, c'est bien pratique. Dans ces dossiers, on trouvera les actes de baptême et autres.
Bien sûr, ce n'est pas possible sous cette forme sous Evernote.
Alors, comment faire ?
Créer un carnet par ancêtre et y inclure une ou deux notes pour chaque descendant n'est pas envisageable à cause de la limite des 250 carnets. Donc il faudrait une note par aïeul incluant tous ses descendants.

Sauf que, si vous avez lu l'article Des Billon de cousins, vous savez que j'ai beaucoup, beaucoup de cousins, proches et éloignés. Je m'amuse, de temps à autre, à reconstituer la descendance de Nicolas Georges Serret (1646-1690), un de mes aïeux… Roglo lui donne plus de 26'000 descendants sur 13 générations. Comment voulez-vous que je gère ça dans Evernote ? Si je crée une note « Nicolas Georges Serret » et que je mets tout le monde dedans, je vais faire imploser le logiciel (de nouveau !).
Pour le moment, donc, je n'utiliserai pas Evernote pour gérer les cousins.

En guise de conclusion

Evernote est un outil intuitif et pratique pour gérer les ascendants. Il peut être synchronisé sur Smartphone ou tablette pour ceux qui en sont équipés. Ce logiciel offre d'un rapide coup d'œil l'étendue de vos données généalogiques, ce qu'il vous reste à faire et vous pousse à mieux vous organiser.
Cependant, Evernote a ses limites. Il n'est pas conçu pour les généalogistes et donc, si vous voulez gérer une descendance complexe sur plusieurs générations, ce logiciel ne correspondra pas à vos attentes.

Je le conseille donc fortement pour gérer vos ancêtres, surtout si ça peut vous permettre de remettre à plat vos données, de transcrire certains actes, de voir ceux qu'il vous manque, etc. La note par ancêtre vous permettra, après les deux parties évoquer, de marquer les registres consultés, ceux à consulter, vos pistes, vos réflexions ou simplement vos notes personnelles.